Le gardien des nos frères – Ariane Bois

Simon Mandel vit à Paris dans une famille d’origine juive. Son père est avocat et nourrit de grandes ambitions pour ses enfants. Sa mère enseigne le français et l’allemand dans un lycée. A cette époque et dans ce milieu, travailler est plutôt rare pour une femme.

Contrairement à ses aînés, Lucien et Madeleine, Simon est bagarreur, se comporte comme un diable et ne semble pas craindre grand chose. C’est dans le scoutisme, où ses parents, désespérés, décident de l’inscrire, qu’il semble s’épanouir et trouver enfin sa place.

En 1939, quand la guerre éclate, Simon a 16 ans. Le gardien de nos frères raconte son parcours pendant mais aussi après la guerre. Obligés de fuir la capitale, Simon, sa mère, Madeleine et Elie (son petit frère) se réfugient à Toulouse dans un petit appartement. Le jeune homme décide alors d’entrer dans la Résistance.

Gravement blessé, il rentre à Paris pour retrouver les siens. Il ne s’attend pas à ce qu’il va découvrir et perd complètement pied. Son frère Elie est introuvable. Il ne sait pas ce qu’il est devenu. Après une période trouble, Simon décide de participer à la recherche des enfants juifs cachés un peu partout en France et dont les parents ne sont pas revenus des camps.

C’est dans ce cadre qu’il fait la connaissance de Léna, survivante du ghetto de Varsovie et elle aussi traumatisée par la guerre. Ensemble, ils tentent de retrouver une vie normale.

C’est une belle histoire de reconstruction que nous propose Ariane Bois dans ce roman extrêmement bien documenté. La vie de Simon ne peut laisser le lecteur insensible. S’il est question de la guerre, l’essentiel est surtout basé sur l’après-guerre. La paix a été signée mais les conséquences de ces terribles atrocités vont encore se faire sentir pendant longtemps.

Les dernières pages offrent un beau message d’espoir et montrent que quoi qu’il arrive, la vie est plus forte que tout. Malgré ce qu’il a vécu, Simon semble tout de même avoir trouvé son chemin.

BOIS, Adriane, Le gardien de nos frères, Belfond, 2016.

Bonjour tristesse – Françoise Sagan – Lu par Sara Giraudeau

Françoise Sagan, j’en ai beaucoup entendu parler mais je ne me suis jamais vraiment intéressée à elle de près. Il a fallu que j’emprunte Bonjour tristesse en audio pour Enna et qu’elle en fasse un billet élogieux pour que je me décide enfin à le lire.

Cécile est une jeune lycéenne qui vit seule avec son père depuis le décès de sa mère il y a quinze ans. Après un séjour en pensionnat, elle savoure le fait de passer ses vacances d’été avec cet homme volage mais aimant qui lui présente régulièrement ses nouvelles conquêtes. Dans la villa qu’ils ont loué sur la Côte d’Azur, Elsa, la dernière compagne de Raymond -le père de Cécile- les accompagne.

De son côté, Cécile découvre l’amour avec Cyril, un étudiant âgé de vingt-six ans. Elle tente de se comporter comme une adulte et fait ses premières expériences amoureuses.

L’arrivée d’Anne, une amie de la famille, vient boulverser l’équilibre de Cécile. Rapidement, Anne conquiert le coeur de Raymond et Elsa est mise à l’écart. Ceci n’est pas du tout du goût de Cécile qui admire Anne mais sent bien que son mode de vie n’est pas compatible avec le leur. Adieu l’insouscience, la joie de vivre, les mondanités et la vie au jour le jour. Cécile va devoir travailler et réviser pour son bac au lieu d’aller voir Cyril par exemple.

Premier roman de Françoise Sagan publié en 1954 à l’âge de 18 ans, Bonjour tristesse est une oeuvre remarquable du point de vue de l’écriture et de l’analyse des sentiments. L’auteur a rencontré un grand succès avec cette oeuvre qui traite de l’amour, des rapports familiaux, de la bourgeoisie, des modes de vie et de l’importance des choix que l’on fait dans la vie.

La lecture de Sara Giraudeau est juste et colle parfaitement à l’image que je me suis faite de l’héroïne. C’est d’ailleurs son interprétation qui m’a incitée à poursuivre jusqu’au bout la lecture de ce court roman.

En effet, si je reconnais la grande qualité de l’oeuvre, j’y suis restée assez indifférente. Je ne me suis pas attachée à cette héroïne égoiste à l’esprit torturé. Son monde et ses préoccupations m’ont paru bien vaines. Bref, je pourrais dire que j’ai lu Sagan mais ce n’est pas pour autant que je vais désormais m’y intéresser !

 SAGAN, Françoise, GIRAUDEAU, Sara, Bonjour tristesse, Audiolib, 2008.

 

Chez Sylire, tous les mois, des blogueurs se réunissent pour donner leur avis sur un livre audio. Le thème de janvier est « un classique de la littérature ».

Mariages de saison

Première lecture de l’année et premier coup de coeur pour Mariages de saison, le dernier roman de Jean-Philippe Blondel. L’auteur, toujours aussi doué pour analyser les sentiments humains, nous propose cette fois-ci de partager la vie de Corentin, une jeune homme de 27 ans qui travaille en tant que surveillant dans un établissement scolaire et exerce aussi le métier de vidéaste de mariages avec son parrain à la belle saison.

Corentin est en pleine période de doute. Les filles se succèdent dans son lit mais ne restent jamais plus de quelques semaines ou quelques mois. Elles en ont marre de le voir travailler le week-end et lui reprochent son manque d’investissement dans la relation. Corentin est de ceux qui observent et s’engagent peu. Il semble attendre de trouver un sens à sa vie mais ne s’en donne pas vraiment les moyens.

Le lecteur le suit dans les différents mariages sur lesquels il travaille. Son regard est aiguisé et sans concessions. Certains couples font beaucoup de compromis pour faire plaisir à leur famille à tel point que la cérémonie ne leur ressemble pas. Corentin recueille les confidences des uns et des autres. Il réussit à se faire oublier derrière la caméra et touche de près l’intime des mariés et de leurs invités.

En parallèle, il filme aussi certains de ses proches qui acceptent de parler d’eux-mêmes face à la caméra. Il recueille ainsi les confidences de ses parents, de son parrain ou de ses amis. Ils lui parlent d’eux mais aussi de lui. Corentin se sent en décalage par rapport aux autres et va de plus en plus mal. Il se rend compte qu’il va falloir qu’il trouve un sens à sa vie.

Encore une fois, j’ai été touchée par les personnages plein d’humanité de Jean-Philippe Blondel. J’aime sa façon de me parler de moi à travers ses héros. J’aime aussi l’optimisme qui se dégage de chacun de ses romans. Malgré les doutes et les difficultés auxquels ils sont confrontés, les personnages réussissent à avancer. Le vie est toujours plus forte que tout, c’est quelque chose dont je suis intimement convaincue. Ce livre, je l’ai dévoré en quelques heures et je n’ai qu’un seul regret, avoir dû le quitter si vite.

BLONDEL, Jean-Philippe, Mariages de saison, Buchet Chastel, 2016.

Check-point – Jean-Christophe Rufin

Lionel, Marc, Alex, Vauthier et Maud appartiennent à une petite ONG lyonnaise et embarquent au volant de deux camions de quinze tonnes chargés de vêtements et de vivres direction la Bosnie en guerre. Le problème, c’est que ces cinq là ne s’entendent pas et ils s’en aperçoivent très vite.

Maud, le personnage central de ce roman, a vingt ans. Elle est pleine d’illusions et cette expédition à l’autre bout du monde semble être pour elle un moyen de fuir sa famille, le regard des hommes, le quotidien. Marc et Alex, deux anciens militaires, n’inspirent pas la confiance et sont mis à part du reste du groupe. Lionel passe son temps à fumer des joints et à jouer les chefaillons. En réalité, il se sent mal à l’aise dans son rôle de chef d’expédition et sait très bien qu’il n’a pas les épaules pour assumer une telle fonction. Vauthier, regarde les autres avec un regard mauvais. Il reste toujours seul. C’est un personnage désagréable dont on a du mal à cerner les motivations. Ce convoi ressemble peu à l’image que l’on se fait des humanitaires !

A bord des deux camions, c’est un véritable huit-clos qui se joue. A part aux check-points et dans les rares endroits où ils réussissent à se ravitailler en nourriture, les cinq personnages vivent en vase clos. Les rapports de force établis au départ se renversent à plusieurs reprises au fil des kilomètres. Les personnalités, les blessures et les motivations des uns et des autres se révèlent.

Le roman est construit comme un thriller dont la force réside dans l’évolution des personnages. Celui de Marc, notamment, m’a beaucoup marquée. C’est quelqu’un d’assez énigmatique au départ et qui dégage une force incroyable.  « Mais des amis, de vrais amis, je n’en ai jamais eu. Jamais. C’était le prix à payer, je pense. Encore une fois, la force ne suffit pas. Ce qu’il faut pour se protéger, c’est le mystère. On doit être impénétrable, imprévisible. L’amitié, c’est le contraire : on se dévoile, on laisse quelqu’un entrer dans votre pensée. A l’école, c’était trop dangereux. Après, à l’armée, l’habitude était prise. Je n’ai pas changé« . p. 259

Quelles sont les véritables motivations de ces humanitaires ? Qu’est-ce qui les a poussés à s’engager dans ce domaine ? L’humanitaire pacifique est-il encore possible aujourd’hui ou faut-il s’engager de manière plus radicale ? Ce sont toutes ces questions auxquelles l’auteur tente d’apporter des réponses à travers ce roman passionnant.

RUFIN, Jean-Christophe, Check-point, Gallimard, 2015.

Eldorado – Laurent Gaudé – Lu par Pierre-François Garel

Le commandant Piracci navigue depuis vingt ans le long des côtes italiennes. Son travail consiste à intercepter les clandestins qui tentent de rejoindre l’Europe à bord de bateaux.

Dans les ruelles de Catane, il sent une présence. Une femme le suit. Il l’invite à entrer chez lui. Cette femme est une migrante qui se trouvait sur un bateau que le commandant Piracci a intercepté quelques temps plus tôt. Elle lui raconte ce qu’elle a vécu depuis son départ de Libye et lui explique les raisons de sa présence auprès de lui. Dès lors, le commandant Piracci n’est plus le même. Une faille s’est ouverte en lui. Il doute et ne supporte plus de faire ce travail.

Dans le même temps, au Soudan, deux frères s’apprêtent à laisser leur mère et à partir pour l’Europe. Très vite, Soleiman se voit confier la lourde tâche de continuer seul vers l’Eldorado : Jamal, malade, est dans l’incapacité de le suivre. Aprés s’être fait battre et pillé de tous ses biens, il croise le chemin de Boubakar, un boiteux et poursuit la route à ses côtés.

Ce récit pourrait ressembler à ceux qu’on entend trop souvent dans les médias depuis de nombreuses années. Mais tout le talent de Laurent Gaudé consiste à incarner la réalité en donnant une âme à ses personnages. Soleiman a des rêves et des raisons de faire route vers l’Eldorado. Rien ni personne ne pourra l’arrêter. Le commandant Piracci poursuit lui aussi sa destinée. Il est en quête d’un sens à sa vie.

A travers ces deux personnages principaux mais aussi toute une galerie de personnages secondaires, Laurent Gaudé montre l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus terrible et de plus beau. Le roman prend parfois des allures de fable, de conte. Un souffle épique emporte le lecteur malgré la dureté des sujets abordés.

Il est bien entendu question d’imigration clandestine mais aussi de la séparation de deux frères, des raisons profondes qui nous poussent à avancer dans la vie, du regard que l’on porte sur l’autre et sans doute de bien d’autres choses encore.

L’interprétation de Pierre-François Garel est magnifique. Elle donne vie aux personnages. Le texte de Laurent Gaudé est tellement profond que j’aurais presque envie de le relire en version papier pour m’attarder sur certains passages et réfléchir aux multiples lectures possibles. Un vrai coup de coeur !

GAUDE, Laurent, GAREL, Pierre-François, Eldorado, Thélème, 2013.

Alain Mabanckou – Petit piment

Quand Priceminister a proposé aux blogueurs de recevoir un livre et de le chroniquer dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire, j’ai décidé de suivre les conseils de la pétillante Stephie et de choisir Petit piment d’Alain Mabanckou. Je ne connais pas bien cet auteur et je ne lis pas assez de littérature étrangère. Ce roman était donc un bon moyen de sortir de mon horizon de lecture habituel. Le seul problème, c’est que je n’aurais pas dû lire la quatrième de couverture qui dévoile carrément le dénouement. Ce genre de chose a le don de m’énerver !

Petit piment, c’est le surnom donné à Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko à l’orphelinat de Loango. En lingala, langue parlée au Congo, cela signifie « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres ».

Ce nom à rallonge est donné au héros du roman par Papa Moupelo, le prêtre de l’orphelinat. Cet homme original vient chaque week-end pour faire chanter et danser les enfants. Sa venue est attendue. Nous sommes dans le Congo des années 1960. Petit piment a treize ans, ne connaît pas l’identité de ses parents, et la vie à l’orphelinat n’est pas drôle du tout.

Toute la semaine, les enfants subissent le mépris et la méchanceté du directeur, Dieudonné Ngoulmoumako. Cet homme corrompu n’hésite pas à abuser de son pouvoir et à les battre. Les surveillants, des membres de sa famille, sont à sa botte. Sabine Niangui prend heureusement soin de Petit piment et lui offre parfois du réconfort. L’adolescent a un ami prénommé Bonaventure. C’est d’ailleurs pour le défendre qu’il tient tête aux jumeaux Songi-Songi et Tala-Tala et hérite du surnom de petit piment.

Des bouleversements politiques viennent affecter la vie de l’orphelinat. La vie de Petit Piment bascule alors. Il grandit et porte un autre regard sur le monde qui l’entoure.

Les personnages qui croisent sa route, que ce soit à l’orphelinat ou en dehors, sont hauts en couleur et incarnent des archétypes de leur pays. Politique, corruption, prostitution, escalvage, magie : les sujets abordés sont nombreux. Écrit dans une langue poétique, imagée et pleine d’humour, ce roman d’apprentissage propose, souvent sous couvert de naïveté ou de légèreté, un véritable réflexion sur la société congolaise. 

MABANCKOU, Alain, Petit piment, Seuil, 2015.

Pietra viva – Léonor de Recondo – Lu par Lazare Herson-Macarel

Nous sommes en 1505. Le sculpteur Michel-Ange s’aprète à disséquer un corps quand il découvre que c’est celui de son ami, le moine Andrea. Sans chercher à connaître les causes de sa mort, sous le choc, il décide de partir immédiatement pour Carrare où il doit sélectionner les marbres qui serviront au tombeau du pape Jules II.

Là-bas, il travaille sans se ménager aux cotés des carriers. Michelangelo a un véritable don pour choisir les marbres et travailler la pierre. Il a nettement moins de facilités à communiquer avec les êtres humains. Misanthrope, il se pose cependant beaucoup de questions sur lui-même depuis qu’il est à Carrare.

La présence de ses amis carriers lui fait du bien. Le petit Michele, un enfant de six ans qui vient de perdre sa mère et s’est attaché à lui, le force à réagir en le poussant dans ses retranchements par son attitude et ses questions innocentes. Cavallino, le fou qui se prend pour un cheval, joue un rôle moindre mais Michelangelo semble le seul à le comprendre. Étonnant pour un homme aussi arrogant, non ?

Au fil des pages, le sculpteur se livre à une introspection quasi mystique. Depuis toujours, il se noie dans le travail. Cela n’est pas innocent. A travers cette histoire, l’auteur nous propose en réalité une réflexion sur la vie, la mort, la beauté et l’art.

Soyons honnête, si j’ai lu Pietra viva jusqu’à la fin, c’est parce qu’il n’est pas très long (3h55) et que le lecteur, Lazare Herson-Macarel, est très bon. Je suis restée totalement insensible à l’écriture de Léonor de Recondo, pourtant maîtrisée et de bonne qualité. Les émotions ressenties par Michel-Ange, son aspect tourmenté, son amour du marbre, m’ont laissée indifférente. Un premier rendez-vous raté avec Leonor de Recondo. Dommage !

Les avis de Sylire et Enna bien plus enthousiastes que moi.

RECONDO, Leonor de, HERSON-MACAREL, Lazare, Pietra viva, Sixtrid, 2015.

Et je danse, aussi – Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Pierre-Marie, célèbre écrivain confronté à l’angoisse de la page blanche, trouve une grosse enveloppe dans sa boîte aux lettres à son retour de voyage. Il ne connaît pas l’expéditrice et, persuadé qu’il s’agit encore d’un manuscrit envoyé par une inconnue en manque de reconnaissance, il lui envoie un mail pour l’informer qu’il ne lira pas son texte.

Il ne se doute pas qu’Adeline Parmelan n’est pas prête à se faire expédier de cette manière. Le contenu de l’enveloppe n’a absolument rien d’ordinaire et elle est bien décidée à convaincre Pierre-Marie Sotto de l’ouvrir. Après quelques échanges de mails, elle revient finalement sur ce qu’elle a dit et l’implore de ne pas y toucher.

Leur correspondance devient indispensable aussi bien pour l’un que pour l’autre. Ils apprennent à se connaître sans jamais se voir et découvrent petit à petit leur passé respectif. Jusqu’à ce que le paquet révèle finalement son contenu et leur permette de se voir sous un autre jour.

Je connaissais Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat pour leurs romans jeunesse et j’étais très curieuse de découvrir ce roman épistolaire pour adulte. Il est arrivé chez moi juste au moment où j’avais besoin d’un peu de réconfort et je l’ai dévoré. Bien entendu, Et je danse, aussi n’est pas le livre du siècle et je préfère nettement lire ces deux auteurs dans leur domaine de prédilection mais le livre m’a donné le sourire aux lèvres et du baume au coeur. J’ai même bien rigolé à certains passages.

Pierre-Marie et Adeline traînent leur lot de casseroles et leur correspondance leur redonne foi dans la vie. Au fil des mails, une véritable amitié se crée même si beaucoup de doutes subsistent dans la mesure où ils ne se sont jamais parlés ni rencontrés. Le dénouement montre qu’il est bien entendu très facile de sa cacher lorsque l’on se trouve derrière un écran. Il prouve aussi que lorsque l’on décide de se prendre en main et de voir la vie du bon côté, la route est longue mais on peut retrouver le chemin du bonheur. Un beau message d’espoir !

BONDOUX, Anne-Laure, MOURLEVAT, Jean-Claude, Et je danse aussi, Fleuve éditions, 2015.

La variante chilienne – Pierre Raufast

Tout a commencé par La Fractale des raviolis. Les billets ont fleuri sur la blogosphère mais j’ai décidé de ne pas le lire. J’avais peur que ce soit un peu trop alambiqué et loufoque à mon goût. Puis, Pierre Raufast est devenu le chouchou de ces dames des blogueurs. L’homme est reconnaissant puisqu’il les a remerciés dans son nouveau roman, La Variante chilienne. Certaines mauvaises langues diront que c’est un moyen de les corrompre de s’assurer de bonnes chroniques. Moi, je pense plutôt que cette marque de sympathie fait chaud au coeur et montre une conception de la lecture très positive. Bref, je n’étais pas persuadée que La variante chilienne ait plus de chance de me plaire que La fractale des raviolis mais à force d’entendre autant de bien de ces romans, j’ai fini par me laisser convaincre.

Pendant quelques heures, je me suis donc retrouvée à la campagne, au bord d’une piscine remplie en partie de terre, en compagnie de Florin, un homme qui range ses souvenirs dans des bocaux pour ne pas les perdre, de Pascal, un philosophe en vacances et de Margaux, une adolescente en fuite.

Voilà pour le cadre, ou plutôt l’histoire cadre. Mais cela ne s’arrête pas là. Florin est un aède, un conteur. Il caresse ses cailloux et les souvenirs remontent à la surface. Le lecteur se laisse alors porter dans des univers incroyables. Jeanne d’Arc, Borges, un potier polyglotte, un village dans lequel la pluie ne s’arrête jamais de tomber, des fossoyeurs orduriers. Les histoires s’enchaînent les unes après les autres sans que le lien paraisse une seule fois artificiel.

C’est un véritable Ovni que nous propose Pierre Raufast. Dans un style très fluide, il raconte des choses hallucinantes. La fantaisie et l’humour côtoient la réflexion. On se demande comment l’auteur fait pour imaginer tout ça et on referme le livre en s’interrogeant sur le poids des souvenirs dans la construction d’une vie.

Malgré toutes ces qualités, je n’ai pas eu de coup de coeur pour ce livre. Les souvenirs de Florin sont si nombreux que j’ai fini par m’y perdre un peu. Il me faudrait peut être des petits cailloux à moi aussi pour bien me souvenir de La variante chilienne.

Cela ne m’empêchera pas pour autant de suivre cet auteur atypique car franchement, de tels romans, on n’en croise pas si souvent dans une vie de lecteur.

RAUFAST, Pierre, La variante chilienne, Alma éditeur, 2015.

Chroniques de San Francisco : saison 1, épisode 1 à 5 – Armistead Maupin – Lu par Pierre Tissot

Mary Ann Singleton quitte Cleveland, ses parents et sa vie trop bien rangée pour aller vivre à San Francisco. Dans cette ville où tout est permis, elle espère assouvir sa soif de liberté. Nous sommes dans les années 1970, et SF est le paradis de la désinvolture.

Mary Ann trouve refuge au 28 Brabary Lane, dans la pension de Mme Madrigal. Celle-ci l’accueille en lui offrant un joint. C’est la tradition dans la pension et la logeuse fournit régulièrement ses locataires quand il ont besoin de réconfort.

A Brabary Lane, Mary Ann fait la connaissance Michael, homosexuel à la recherche de l’homme de sa vie, de Mona qui ne se plaît pas dans son job et aspire à être heureuse, ou encore de Brian, l’éternel séducteur. Elle trouve du travaille dans l’agence de pub d’Edgar Halcyon. Celui-ci se sait condamner mais le cache. Il travaille avec son beau-fils, Beauchamp. Ce dernier ne supporte plus sa femme, une bourgeoise qui fréquente le beau monde et ne pense qu’aux apparences, mais il joue un double jeu.

J’ai dévoré les Chroniques de San Francisco il y a une quinzaine d’années, lorsque j’étais à la fac. Quand l’occasion s’est présentée de redécouvrir la série d’Armistead Maupin en version audio, j’étais très curieuse de savoir si j’allais autant aimer autant !

La réponse est oui. Je dirais même que la version théâtralisée proposée par Pierre Tissot est excellente. Il interprète avec brio les différents personnages, à tel point que je me suis surprise à éclater de rire toute seule en faisant mon footing ou mon ménage les écouteurs sur les oreilles.

Si Mary Ann est le centre de ce roman, toute une galerie des personnages secondaires tous aussi intéressants les uns que les autres gravite autour d’elle. Le ton est joyeusement loufoque et décalé et les péripéties se suivent les unes après les autres à la manière des séries TV d’aujourd’hui. On ne s’ennuie jamais et c’est un vrai régal !

MAUPIN, Armistead, TISSOT, Pierre Chroniques de San Francisco : saison 1, épisode 1 à 5, Audible, 2015

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