Amère Russie – Doucoudray et Anlor

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Russie, milieu des années 1990. Volodia, parti faire son service militaire en Tchétchénie, ne donne plus de nouvelles. Sa mère est inquiète. L’armée lui refuse toute information, elle ne sait même pas si son fils va bien. Continuer la lecture de « Amère Russie – Doucoudray et Anlor »

Berezina -Sylvain Tesson

Sylvain Tesson fait partie des ces aventuriers dont je suis le parcours avec beaucoup d’attention depuis plusieurs années. Je lis chacun de ses nouveaux livres, même si certains m’intéressent beaucoup plus que d’autres. Celui-ci a été écrit juste avant l’accident qui aurait pu lui coûter la vie. Le manuscrit a d’ailleurs été remis à l’éditeur quelques heures seulement avant qu’il ne chute du haut de la maison de son ami Jean-Christophe Rufin. 

Dans Berezina, l’écrivain voyageur raconte son périple en side-car soviétique sur les traces de Napoléon et de la retraite de Russie. Par -20°C, accompagné du géographe Cédric Gras, du photographe Thomas Goisque et de deux amis russes, il suit la route empruntée par la Grande Armée deux cent ans plus tôt, de Moscou à Paris.

Le récit alterne entre 1812 et 2012, souvent sans transition. Le lecteur passe donc d’une des périodes les plus tragiques de l’histoire aux aventures de cinq illuminés grands amateurs de vodka. Je dois avouer que je ne connais pas grand chose de l’époque napoléonienne et que j’ai appris pas mal de choses sans avoir l’impression de suivre une leçon d’histoire. Sylvain Tesson sait rendre son propos passionnant.

Napoléon apparaît comme un homme sanguinaire auquel on peut faire beaucoup de reproches, bien entendu. Mais l’auteur rend également hommage à celui qui a su mettre en pratique les idéaux de la Révolution en permettant à chacun de gravir l’ascenceur social. On est bien loin de la société actuelle dans laquelle les relations sont plus importantes que l’effort et le mérite.

L’époque napoléonienne est d’ailleurs un prétexte pour interroger la notre. Accepterions-nous aujourd’hui de nous sacrifier pour un homme ou un pays ? Serions nous capable de reproduire l’héroïsme de ces hommes qui ont effectuer une véritable marche de la mort ?

« Bourgogne n’était pas en reste dans l’affection au chef, mais, au détour d’une page, il livrait une autre clé  : « Si nous étions malheureux, mourrant de faim et de froid, il nous restait encore quelque chose qui nous soutenait : l’honneur et le courage ». L’honneur et le courage ! Comme ils résonnaient étrangement, ces mots, deux cent années plus tard. Étaient-ils encore en vie, ces mots, dans le monde que nous traversions pleins phares ? » p. 103

Avec Berezina, Sylvain Tesson nous offre un récit passionnant dans lequel se mêlent aventure, histoire et réflexion. La qualité liitéraire de ses textes n’est plus à prouver. C’est donc un vrai régal de le lire !

TESSON, Sylvain, Berezina, Guérin, 2015.

L’oural en plein coeur – Astrid Wendlandt

La passion d’Astrid Wendlandt pour la Russie est née il y a un peu plus d’une vingtaine d’années, au moment de l’effondrement de l’Union Soviétique. La franco-canadienne, alors âgée de 19 ans, voyait ce pays comme celui de tous les possibles. Le peuple russe retrouvait sa liberté. Quelle vie allait-il choisir ? Dès lors, Astrid Wendlandt a fréquenté souvent la Russie, que ce soit pour le travail ou pour le plaisir.

Dans L’oural en plein coeur, elle raconte son séjour, en 2010, dans l’Oural, cette vaste région montagneuse à cheval entre l’Europe et l’Asie. Partie pour retrouver un ancien amour et rencontrer des peuples en sursis vivant coupés du monde, elle rencontre un autre homme qui l’accompagne finalement pendant tout son séjour. Et au lieu de civilisations anciennes, elle découvre des hommes et des femmes issus de milieux sociaux-culturels aisés qui ont décidé de changer de vie pour vivre en autharcie.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce récit. Astrid Wendlandt nous livre ici un texte à la fois intime et ouvert sur l’autre qui se rapproche du travail de l’ethnographe, l’aspect scientifique en moins. Ses rencontres lui permettent de mieux comprendre les peuples de l’Oural mais aussi de mieux se comprendre elle-même. La Russie qu’elle nous fait découvrir est celle de tous les extrêmes. Le meilleur côtoie le pire. D’un côté la misère la pauvreté, l’alcool, des croyances infondées, etc. De l’autre, des gens lucides sur leur pays, épris de liberté ou du moins d’un autre mode de vie en société. L’avenir est encore incertain pour ces habitants du bout du monde. Tous les espoirs semblent permis.

Mon petit coeur d’artichaut a beaucoup aimé aussi l’histoire d’amour entre Astrid et Dima, un russe rencontré au début de ce séjour dans l’Oural. L’auteur en parle avec beaucoup de pudeur et exprime avec authenticité son cheminement intérieur. Plus que la rencontre de deux personnes, c’est celle de deux cultures qui s’apprivoisent qui est intéressante.

Jules a été conquise par ce livre elle aussi.

WENDLANDT, Astrid, L’oural en plein coeur : des steppes à la taïga sibérienne, Albin Michel, 2014.

« La ville insoumise » de Jon Fasman

Quatrième de couverture :

« A trente-quatre ans, Jim Vilatzer
considère que sa vie s’enlise dans la médiocrité. Employé dans le
delicatessen que ses parents, enfants d’immigrés russes, ont ouvert dans
une banlieue de Chicago, échaudé par un échec sentimental, pris à la
gorge par des créanciers, il suffoque et rêve d’un changement de décor.
Lorsque l’opportunité lui est offerte de partir en Russie, il la saisit
sur le champ. C’est ainsi que le jeune Américain s’installe à Moscou, où
il est embauché par la Fondation de la mémoire pour recueillir des
témoignages. Peu à peu, il se familiarise avec une ville inhospitalière
qui ne ménage pas ses habitants, loin de se douter qu’en tombant
amoureux de la belle Kaisa et en rencontrant d’anciens prisonniers, il
sera mêlé à un complot d’envergure planétaire, au grand dam du
gouvernement russe et de la CIA.

Ce thriller mené tambour battant est
avant tout une déclaration d’amour à une ville chargée d’émotions et
d’histoire ainsi qu’une réflexion tout en finesse sur le déracinement et
l’identité familiale.
« 

p. 293 sur 381 : j’abandonne ce livre. J’ai fait pourtant beaucoup d’efforts pour poursuivre ma lecture car j’ai accepté de recevoir La ville insoumise en échange d’un billet. Dès le départ, je n’ai pas accroché mais j’ai voulu poursuivre car je n’aime pas descendre en flèche un roman. Les nombreuses digressions dont je n’ai jamais compris le but, l’histoire -ce « complot d’envergure planétaire » que promet la quatrième de couverture- qui ne démarre qu’au bout de 200 pages, ces magouilles politiques dont Jim est l’objet et auxquelles je n’ai pas compris grand chose : tout cela est venu à bout de ma patience.

Ouf, j’enchaîne sur un autre roman !

D’autres avis, pas tous aussi négatifs que le mien :

Mika : « ce roman est tout de même une belle découverte qui pose des questions
intéressantes et j’espère qu’il ne passera pas inaperçu à côté de
certaines grosses sorties écrasantes et autres pompes à fric souvent un
peu fade. »

Lucie : « ce fut tout de même un très bon (et long, tout de même
382 pages) moment de lecture pour moi en raison du talent
d’écriture de l’auteur qui, aimant et respectant
profondément la ville de Moscou et ses habitants, nous dépeint admirablement
la vie moscovite. »

Uncoindeblog : « Vers la page 200, miracle !! Le roman prend vie. Tout ce qui nous avait été présenté jusqu’alors trouve un lien avec le héros : Jim Vilatzer. L’action démarre et je me dis que ça y est, je vais accélérer, à l’image de ce livre, ma lecture. Pfft, pour moi le soufflé est retombé. »

FASMAN, John, La ville insoumise, Seuil, 2010.

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