#Bleue – Florence Hinckel

indx« […] j’ai plusieurs bleus sur les bras et sur les cuisses […]. A mesure qu’ils disparaissent, j’ai le sentiment qu’ils pénètrent en moi. On ne les voit plus à l’extérieur car ils ont colonisé l’intérieur. La peau n’est plus bleue, c’est l’âme qui le devient. Je souffre tant que je deviens bleue de l’âme, sans que cela soit visible. Pour que cela se voie, il faudrait créer le mot-clé : #bleue. » p.200

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Les meilleur des mondes – Aldous Huxley – Lu par Thibault de Montalembert

Le meilleur des mondes plonge le lecteur dans un univers où l’on compte les années depuis l’invention de la voiture à moteur. Nous sommes donc en 632 après Ford. La bokanovsification permet de contrôler les naissances, de sélectionner les embryons, de les classer selon des castes. Le meilleur des mondes est très hiérarchisé. Chacun a une place bien définie et il n’est pas question de déroger aux règles établies ou d’avoir ses propres sentiments.

Les êtres humains sont conditionnés dès leur plus jeune âge et n’ont plus aucun libre arbitre. Pendant le sommeil des bébés, des phrases enregistrées passent en boucle. On incite très tôt les enfants à avoir une sexualité et posséder un seul partenaire n’est pas du tout bien vu. Un être humain sain d’esprit enchaîne les liaisons sans se poser de question et ne doit surtout pas avoir d’enfant. 

Pendant leurs vacances, Bernard et Lénina, un couple de la caste des Alphas appartenant à l’élite de la société, rencontrent un sauvage c’est-à-dire un homme né de l’union d’un homme et d’une femme et ayant des sentiments et des émotions. Dès lors, leur vie et celle du monde civilisé auquel ils appartiennent va changer.

Le meilleur des mondes est un livre visionnaire -il a été écrit il y a plus de quatre-vingts ans- qui propose une réflexion pertinente sur le clonage, la liberté et le bonheur. Pourtant, je n’ai pas réussi à m’y intéresser. Dès le départ, la voix de Thibault de Montalembert et le texte d’Aldous Huxley n’ont pas retenu mon attention. J’ai failli abandonner une première fois puis, j’ai décidé de poursuivre un peu quand le personnage de Bernard fait son entrée en scène. J’ai finalement abandonné quand il rentre de vacances avec Lénina c’est-à-dire aux deux tiers du roman environ.

Je ne suis pas une grande fan de science fiction, ceci explique sans doute en partie mon ressenti. De plus, le monde décrit dans le roman fait froid dans le dos, les personnages n’ont absolument rien d’attachant et aucune note d’espoir ne se dégage du texte. A mon grand regret, c’est un rendez-vous râté avec ce classique de la littérature ! 

Les avis de Leiloona et de Sandrine.

HUXLEY, Aldous, DE MONTALEMBERT, Thibault, Le meilleur des mondes, Audiolib, .

Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes – Lu par Grégory Gadebois

Imaginez que vous soyez simple d’esprit et que l’on vous propose de subir une opération qui décuplera votre intelligence. Que feriez vous ?

Charlie Gordon, ouvrier modèle et élève assidu des cours du soir d’Alice Kinnian, accepte la proposition du Pr Nemur et du Dr Strauss. Les deux hommes ont déjà fait les tests sur Algernon, une souris de laboratoire, et informent Charlie des risques.

L’opération est un succès et petit à petit l’intelligence de Charlie se développe. Lui qui ne savait ni lire ni écrire correctement progresse à une vitesse fulgurante. Il commence par se rendre compte de l’attitude de ses collègues qu’il croyait sympathiques et qui en fait se moquaient de sa simplicité d’esprit. Cela le rend bien entendu très malheureux. La colère l’envahi à plusieurs reprises. Cela ne l’empêche pas de continuer à étudier si bien qu’il finit par dépasser le Pr Nemur et le Dr Strauss. Il porte même un regard critique sur leurs travaux de recherches.

Un jour, Algernon, la souris de laboratoire qui a développé ses facultés de la même manière que Charlie Gordon, commence à présenter des troubles…

Charlie Gordon consigne par écrit ce qu’il ressent. Ses premiers textes sont écrits en phonétique, ce qui ne ressort pas dans cette version audio mais Grégory Gadebois, par sa diction, fait clairement ressortir la simplicité d’esprit du héros. L’intelligence de Charlie grandissant, le ton du comédien change. On est face à un homme sûr de lui et doté des mêmes émotions que tout un chacun.

Le lecteur ne peut rester indifférent face au destin du héros. Au départ, il est ignorant et naïf mais heureux. A partir du moment où il croque la pomme de l’intelligence, il se rend compte qu’on le prenait pour un bouffon. S’il ne regrette pas son choix, il est désormais seul et triste. Le dénouement nous montre, s’il en était encore besoin, que le pêché originel n’est pas loin.

Je dois bien l’avouer, cette nouvelle de science fiction m’a mise assez mal à l’aise. J’ai eu pitié pour ce brave Charlie Gordon et j’ai été écoeurée par le comportement de son entourage. Mais au delà de cela, Des fleurs pour Algernon est un roman passionnant de par la réflexion qu’il propose.

Vaut il mieux être ignorant et heureux qu’intelligent et malheureux ? Pourquoi l’homme tombe t-il toujours dans la facilité de la moquerie vis à vis de celui qui est différent plutôt que de s’enrichir à ses côtés ? Jusqu’où faut-il aller dans les recherches scientifiques ? Toutes ces questions restent sans réponses mais elles ont le mérite d’être posées.

L’interprétation du texte par Grégory Gadebois est remarquable. Je n’ai pas été étonnée de découvrir qu’il avait obtenu le Molière « Seul en scène » 2014 pour son adaptation théâtrale et je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de la voir !

KEYES, Daniel, GADEBOIS, Grégory, Des fleurs pour Algernon, Audilob, 2015. 1h27 d’écoute.

Méto tome 1 – Yves Grevet

64 enfants -tous des garçons- vivent enfermés dans La maison. Ils ne connaissent rien de leur passé ni du monde extérieur. Par contre, ils savent tous que quand la planche de leur lit craquera, ils seront devenus trop grands et devront quitter cet endroit. Pour aller où ? C’est le grand mystère… En attendant, ils vivent dans un système carcéral et dictatorial. Encadrés par les Césars, leur quotidien est bien réglé. L’oisiveté n’a aucune place et les règles de vie sont très sévères. Heureusement, le sport leur permet de se défouler un peu.

Méto fait partie des garçons les plus âgés et doit prendre en charge un petit nouveau pour lui apprendre le fonctionnement de La maison. L’angoisse est palpable. Si le nouveau fait une bêtise pendant son initiation, c’est Méto qui sera puni.

Toute cette première partie permet à l’auteur de décrire minutieusement l’endroit et l’atmosphère dans lequel vivent les enfants. Elle est un peu longue à mon goût mais à partir du moment où Méto et d’autres enfants commencent à remmettre en cause le système et à s’organiser pour se révolter, je n’ai pas pu refermer le livre. Le suspens est à son comble à la fin et je crois que je vais enchaîner très vite sur le tome 2 !

GREVET, Yves, Méto 1, Syros, 2008.

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