L’odeur de la forêt – Hélène Gestern

Il y a des livres dont on parle peu et qui sont pourtant magnifiques. L’odeur de la forêt en fait partie. Continuer la lecture de « L’odeur de la forêt – Hélène Gestern »

Un hiver avec le diable- Michel Quint

9782258136885Hiver 1953. Son Leica à la main, Robert Duvignage photographie les nouveaux nés à la maternité de Lille et soutire de l’argent aux mères grâce au « bébé du mois », une escroquerie de son invention. Quand il entre dans la chambre d’Hortense, quelque chose se passe. Il se prend tout de suite d’affection pour cette fille-mère qui allaite son nourrisson et lui répond du tac au tac, le perçant à jour sans rien dire.

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Le cas Alan Turing : histoire extraordinaire et tragique d’un génie – Éric Liberge et Arnaud Delalande

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Alan Turing, mathématicien et cryptologue d’origine britannique, est considéré comme l’un des pères de l’informatique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est recruté par les services secrets de son pays et travaille à découvrir le code de l’Énigma, cette machine qui permet aux Führer de transmettre les ordres à ses troupes. Le cryptage de ce code change très régulièrement et Turing, entouré de toute une équipe, s’arrache les cheveux. Il réclame sans cesse de nouveaux moyens pour construire des machines dont la puissance de calcul supplante celle de l’homme. Sa hiérarchie se demande si son travail va aboutir ou si cet homme est un illuminé. De plus, son caractère peu conventionnel fait qu’il n’est pas apprécié de tous. Mais Turing finit par casser le code de l’Énigma, permettant ainsi aux alliés de prendre un avantage considérable sur les allemands. Continuer la lecture de « Le cas Alan Turing : histoire extraordinaire et tragique d’un génie – Éric Liberge et Arnaud Delalande »

Rue des boutiques obscures – Patrick Modiano

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Patrick Modiano fait partie de ces auteurs connus que je n’avais encore jamais lu. L’été est le moment idéal pour combler ce genre de « lacune » littéraire car j’ai du temps devant moi. Sur les conseils d’une amie, j’ai donc découvert Rue des boutiques obscures, sixième roman de l’auteur et prix Goncourt 1978.

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Les enfants de la liberté – Marc Lévy et Alain Grand

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, le père et l’oncle de Marc Lévy participent au mouvement de résistance « FTP-MOI » dans la région toulousaine. Le célèbre écrivain s’est inspiré de cet épisode de leur vie pour écrire un roman qui a ensuite été adapté en bande dessinée par Alain Grand.

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Si c’est un homme – Primo Lévi – Lu par Raphaël Enthoven

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On ne peut sortir indemne de la lecture de Si c’est un homme. Découvert en 2009, ce témoignage écrit deux ans après son retour d’Auschwitz par Primo Lévi, m’avait marquée par la finesse de l’analyse des comportements humains.

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Vivre à en mourir – Jeanne Pucho et Laurent Galandon

Marcel Rayman, juif polonais vivant en France, voit les siens arrêtés arbitrairement et ne supporte pas les injustices commises vis à vis de son peuple pendant l’occupation allemande. Il commence par déchirer des affiches ou distribuer des tracts puis rejoint les FTP-MOI, un groupe de résistants constitué de communistes étrangers. Aux côtés de Missak Manouchian et d’autres hommes, il prend les armes et combat l’armée allemande dans la clandestinité. 

Le 21 février 1944, Rayman est fusillé avec 21 membres du groupe Manouchian. Il figure sur la fameuse Affiche rouge placardée dans Paris par le régime de Vichy et les allemands. C’est d’ailleurs la reproduction d’une partie de cette afiiche de propagande que l’on retrouve sur la première de couverture.

Vivre à en mourir est une bande dessinée tout à fait fidèle à la réalité historique. Laurent Galandon a travaillé avec Elise Cousens/Frydman, la cousine de Marcel Rayman, pour écrire le scénario.

Le lecteur découvre  la vie de Rayman à partir de 1941, année pendant laquelle son père est raflé en même temps que d’autres habitants de leur immeuble. Cet évènement entraîne un engagement plus fort de Marcel Rayman avec plusieurs attentats commis de 1942 à 1944.

Les dessins de Jeanne Puchol sont très réalistes et vont dans le sens du documentaire. Des affiches d’époque sont d’ailleurs reproduites de manière remarquable.

Si le scénario est intéressant, je trouve que les personnages manquent de profondeur psychologique. Les sentiments de Rayman tout comme ceux de sa mère, de son frère ou de ses compagnons résistants mériteraient d’être plus fouillés. La BD prendrait alors une autre dimension. Elle reste cependant trés intéressante, notamment pour les personnes qui ne connaissent pas le rôle de Rayman et du groupe Manouchian pendant le Seconde Guerre mondiale.

PUCHOL, Jeanne, GALANDON, Laurent, Vivre à en mourir, Le lombard, 2014.

Anne Frank au pays du manga

C’est un type de lecture nouveau pour moi dont je vous parle aujourd’hui. Anne Frank au pays du manga est une bande dessinée documentaire interactive que j’ai découverte grâce à la chronique numérique d’Erica sur La mare aux mots. Mais qu’est-ce qu’une bande dessinée documentaire interactive ? Comme son nom l’indique, c’est une BD mais qui a la particularité d’apporter des informations au lecteur à l’aide de textes, de dessins, de son et de vidéos. Anne Frank au pays du manga propose une mine d’informations passionnantes !

Depuis sa première publication en 1952, le Journal d’Anne Frank est le plus lu et le plus étudié des livres étrangers au Japon. Pourtant, les japonais ne connaissent pas ou peu l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et ne peuvent pas faire le lien avec la Shoah puisque, bien souvent, ils ne savent même pas ce que c’est. Il faut dire qu’au Japon, l’enseignement de l’histoire ne ressemble pas au notre. Les élèves apprennent une succession de dates et remplissent des QCM lors des évaluations.

Comme vous le savez certainement, c’est le pays du manga et il en existe sur tous les sujets. Ainsi, il n’est pas rare pour les habitants de découvrir le Journal d’Anne Frank à travers ce type de publication. Personnellement, j’ai été assez étonnée par les quelques planches de celui sur Hitler. Le visage du Fuhrer défiguré par la colère ressemble à celui du méchant typique du manga. Les japonais semblent penser qu’il vaut mieux découvrir l’histoire ainsi que ne pas la connaître. Certes… mais cela me laisse tout de même perplexe !

Anne Frank au pays du manga permet de confronter la vision de l’histoire des occidentaux à celle des japonnais. Au pays du soleil levant, on ne considère pas les responsables des crimes contre l’humanité comme chez nous. L’extrême droite tient une place importante et n’hésite pas à remettre en question certains faits historiques quand cela l’arrange. Pour autant, nous ne sommes pas exempts de reproches. Comme le fait remarquer un des personnages à l’auteur, connaissons nous Sadako Sasaki, petite fille décédée d’une leucémie suite au bombardement d’Hiroshima ?

La conception de cette bande dessinée documentaire interactive est parfaitement réussie. Au fil des cases, on découvre de temps à autre une petit signe + derrière lequel se trouvent des diaporamas, des interviews, etc. J’ai appris énormément de choses sur le Japon et cela m’a permis de réfléchir à notre façon d’enseigner en France. Même si les programmes en changent pas dans le bon sens et que les exigences baissent, je crois que nous avons de la chance de permettre à nos élèves de réfléchir.

Si mon billet vous a convaincu, vous pouvez découvrir Anne Frank au pays du manga pour PC ici ou le télécharger sur AppStore ou Google Play. Comme c’est gratuit, vous n’avez aucune excuse pour ne pas le faire !

LEWKOWICZ, Alain, BOURGEAU, Vincent, POTT, Samuel, SAINSAUVE, Marc, Anne Frank au pays du manga, Arte France, Subreal productions, 2012.

Les enfants des justes – Christian Signol – Lu par Philippe Allard

Virgile et Victoria vivent dans un village reculé de Dordogne, pas très loin de la ligne de démarcation. La rivière sépare la France libre de la France occupée. Le couple vit librement ou presque. Virgile est menuisier et passe ses journées dans son atelier, comme son père l’a fait avant lui. Victoria, elle s’occupe des bêtes et de la maison. Leur vie ressemble à celle de beaucoup de gens de la campagne à cette époque là.

De l’autre côté de la ligne de démarcation, les allemands sont présents partout. Grâce à son laisser-passer, Victoria se rend tout de même de temps en temps à la ville pour faire quelques courses. Le jour où le Docteur Dujaric demande à Virgile s’il veut bien transporter des gens dans sa barque, la nuit, pour les faire passer en zone libre, le couple accepte avec naturel. Au départ, ils ne se rendent pas vraiment compte du danger. Ce qu’ils font leur paraît normal.

A leur grand regret, Virgile et Victoria n’ont jamais eu d’enfant. C’est donc avec bonheur qu’ils acceptent de s’occuper de Sarah, une petite fille juive que ses parents ont voulu mettre en sécurité. Sarah est une citadine. Elle ne connaît rien de la vie à la campagne et a bien du mal à supporter la séparation avec ses parents. Mais la bonne humeur, le dévouement et la persévérance de Victoria pour faire en sorte que la petite fille se sente ici comme chez elle finissent par lui faire retrouver le sourire.

Le danger est sans cesse présent. Virgile et Victoria s’efforcent d’être courageux et discrets mais n’ont pas l’impression de faire quelque chose d’héroïque. Ils agissent ainsi par devoir. Ainsi, ils refusent l’argent qu’on leur propose pour la garde de Sarah et la considèrent comme leur propre fille. Quelques mois plus tard, ils accueillent également un petit garçon.

Virgile et Victoria sont des braves gens mais pas pas dans le sens péjoratif du terme. Leur simplicité et leur bon sens les rendent attachants. C’est un couple solide, qui s’aime et possède de vraies valeurs. Par bien des aspects, ils sont attendrissants.

Si le sujet et l’écriture n’ont rien d’original, le roman est tout de même agréable à lire. La voix de Philippe Allard, très sobre, sert parfaitement le texte et rend un bel hommage à ce couple de justes au grand coeur.

Merci Sandrine de m’avoir permis de découvrir ce livre.

SIGNOL, Christian, ALLARD, Philippe, Les enfants des justes, Audiolib, 2012.

Jacob, Jacob – Valérie Zenatti

Jacob, jeune juif de 19 ans, appartient à une famille modeste de Constantine. II vit dans un appartement minuscule avec ses parents, un de ses frères, sa belle-soeur qui est enceinte et ses neveux et nièces. Tout ce petit monde dort dans la même pièce et la cohabitation n’est pas toujours simple.

A côté de son père et de son frère, deux rustres qui imposent leur dictat et qui sont craints par toute la famille, Jacob fait figure d’ange. Il joue avec les enfants, se lève la nuit avant que Camille ne réveille les hommes par ses crises de somnambulisme, part à la recherche de Gabriel quand celui-ci est absent à l’heure du dîner. Les femmes de la famille, elles, sont soumises à leur mari. En charge de l’éducation des enfants, elles sont responsables s’ils dérogent aux règles.

Nous sommes en 1944 et la famille de Jacob ignore tout de la guerre. Quand ce dernier est enrôlé pour libérer la France, personne ne comprend réellement les enjeux. Ses parents sont fiers, Jacob va devenir un homme, un vrai. Ce dernier participe au débarquement de Provence alors que sa famille le croit toujours en Algérie. Avec Ouabedssalam, Attali et Bonnin, ses compagnons d’infortune, il perd peu à peu sa douceur et sa candeur en découvrant la triste réalité de la guerre. Trois ans avant son incorporation, on lui refusait l’école car il était juif. Au moment où se déroule l’histoire, la France a besoin de lui pour la délivrer…

Et le pire dans cette histoire, c’est que Jacob et sa famille ne se rendent même pas compte à quel point ils sont manipulés. Ils sont trop pauvres, trop rustres, pas assez instruits pour avoir du recul sur la situation. Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, comme tous les Pieds Noirs ou presque, la famille va fuir l’Algérie pour cette France qui ne voudra pas d’eux. L’histoire se répète et le lecteur assiste impuissant à la douleur de cette famille.

Grâce à une écriture extrêmement bien maîtrisée et fluide, Valérie Zenatti montre l’impact de l’Histoire sur l’histoire d’une famille parmi tant d’autres. Cela donne un roman vraiment réussi.

Une lecture commune que je partage avec Laurie.

ZENATTI, Valérie, Jacob, Jacob, Éditions de l’Olivier, 2014.

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