Les enfants de la liberté – Marc Lévy et Alain Grand

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, le père et l’oncle de Marc Lévy participent au mouvement de résistance « FTP-MOI » dans la région toulousaine. Le célèbre écrivain s’est inspiré de cet épisode de leur vie pour écrire un roman qui a ensuite été adapté en bande dessinée par Alain Grand.

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Si c’est un homme – Primo Lévi – Lu par Raphaël Enthoven

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On ne peut sortir indemne de la lecture de Si c’est un homme. Découvert en 2009, ce témoignage écrit deux ans après son retour d’Auschwitz par Primo Lévi, m’avait marquée par la finesse de l’analyse des comportements humains.

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Vivre à en mourir – Jeanne Pucho et Laurent Galandon

Marcel Rayman, juif polonais vivant en France, voit les siens arrêtés arbitrairement et ne supporte pas les injustices commises vis à vis de son peuple pendant l’occupation allemande. Il commence par déchirer des affiches ou distribuer des tracts puis rejoint les FTP-MOI, un groupe de résistants constitué de communistes étrangers. Aux côtés de Missak Manouchian et d’autres hommes, il prend les armes et combat l’armée allemande dans la clandestinité. 

Le 21 février 1944, Rayman est fusillé avec 21 membres du groupe Manouchian. Il figure sur la fameuse Affiche rouge placardée dans Paris par le régime de Vichy et les allemands. C’est d’ailleurs la reproduction d’une partie de cette afiiche de propagande que l’on retrouve sur la première de couverture.

Vivre à en mourir est une bande dessinée tout à fait fidèle à la réalité historique. Laurent Galandon a travaillé avec Elise Cousens/Frydman, la cousine de Marcel Rayman, pour écrire le scénario.

Le lecteur découvre  la vie de Rayman à partir de 1941, année pendant laquelle son père est raflé en même temps que d’autres habitants de leur immeuble. Cet évènement entraîne un engagement plus fort de Marcel Rayman avec plusieurs attentats commis de 1942 à 1944.

Les dessins de Jeanne Puchol sont très réalistes et vont dans le sens du documentaire. Des affiches d’époque sont d’ailleurs reproduites de manière remarquable.

Si le scénario est intéressant, je trouve que les personnages manquent de profondeur psychologique. Les sentiments de Rayman tout comme ceux de sa mère, de son frère ou de ses compagnons résistants mériteraient d’être plus fouillés. La BD prendrait alors une autre dimension. Elle reste cependant trés intéressante, notamment pour les personnes qui ne connaissent pas le rôle de Rayman et du groupe Manouchian pendant le Seconde Guerre mondiale.

PUCHOL, Jeanne, GALANDON, Laurent, Vivre à en mourir, Le lombard, 2014.

Anne Frank au pays du manga

C’est un type de lecture nouveau pour moi dont je vous parle aujourd’hui. Anne Frank au pays du manga est une bande dessinée documentaire interactive que j’ai découverte grâce à la chronique numérique d’Erica sur La mare aux mots. Mais qu’est-ce qu’une bande dessinée documentaire interactive ? Comme son nom l’indique, c’est une BD mais qui a la particularité d’apporter des informations au lecteur à l’aide de textes, de dessins, de son et de vidéos. Anne Frank au pays du manga propose une mine d’informations passionnantes !

Depuis sa première publication en 1952, le Journal d’Anne Frank est le plus lu et le plus étudié des livres étrangers au Japon. Pourtant, les japonais ne connaissent pas ou peu l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et ne peuvent pas faire le lien avec la Shoah puisque, bien souvent, ils ne savent même pas ce que c’est. Il faut dire qu’au Japon, l’enseignement de l’histoire ne ressemble pas au notre. Les élèves apprennent une succession de dates et remplissent des QCM lors des évaluations.

Comme vous le savez certainement, c’est le pays du manga et il en existe sur tous les sujets. Ainsi, il n’est pas rare pour les habitants de découvrir le Journal d’Anne Frank à travers ce type de publication. Personnellement, j’ai été assez étonnée par les quelques planches de celui sur Hitler. Le visage du Fuhrer défiguré par la colère ressemble à celui du méchant typique du manga. Les japonais semblent penser qu’il vaut mieux découvrir l’histoire ainsi que ne pas la connaître. Certes… mais cela me laisse tout de même perplexe !

Anne Frank au pays du manga permet de confronter la vision de l’histoire des occidentaux à celle des japonnais. Au pays du soleil levant, on ne considère pas les responsables des crimes contre l’humanité comme chez nous. L’extrême droite tient une place importante et n’hésite pas à remettre en question certains faits historiques quand cela l’arrange. Pour autant, nous ne sommes pas exempts de reproches. Comme le fait remarquer un des personnages à l’auteur, connaissons nous Sadako Sasaki, petite fille décédée d’une leucémie suite au bombardement d’Hiroshima ?

La conception de cette bande dessinée documentaire interactive est parfaitement réussie. Au fil des cases, on découvre de temps à autre une petit signe + derrière lequel se trouvent des diaporamas, des interviews, etc. J’ai appris énormément de choses sur le Japon et cela m’a permis de réfléchir à notre façon d’enseigner en France. Même si les programmes en changent pas dans le bon sens et que les exigences baissent, je crois que nous avons de la chance de permettre à nos élèves de réfléchir.

Si mon billet vous a convaincu, vous pouvez découvrir Anne Frank au pays du manga pour PC ici ou le télécharger sur AppStore ou Google Play. Comme c’est gratuit, vous n’avez aucune excuse pour ne pas le faire !

LEWKOWICZ, Alain, BOURGEAU, Vincent, POTT, Samuel, SAINSAUVE, Marc, Anne Frank au pays du manga, Arte France, Subreal productions, 2012.

Les enfants des justes – Christian Signol – Lu par Philippe Allard

Virgile et Victoria vivent dans un village reculé de Dordogne, pas très loin de la ligne de démarcation. La rivière sépare la France libre de la France occupée. Le couple vit librement ou presque. Virgile est menuisier et passe ses journées dans son atelier, comme son père l’a fait avant lui. Victoria, elle s’occupe des bêtes et de la maison. Leur vie ressemble à celle de beaucoup de gens de la campagne à cette époque là.

De l’autre côté de la ligne de démarcation, les allemands sont présents partout. Grâce à son laisser-passer, Victoria se rend tout de même de temps en temps à la ville pour faire quelques courses. Le jour où le Docteur Dujaric demande à Virgile s’il veut bien transporter des gens dans sa barque, la nuit, pour les faire passer en zone libre, le couple accepte avec naturel. Au départ, ils ne se rendent pas vraiment compte du danger. Ce qu’ils font leur paraît normal.

A leur grand regret, Virgile et Victoria n’ont jamais eu d’enfant. C’est donc avec bonheur qu’ils acceptent de s’occuper de Sarah, une petite fille juive que ses parents ont voulu mettre en sécurité. Sarah est une citadine. Elle ne connaît rien de la vie à la campagne et a bien du mal à supporter la séparation avec ses parents. Mais la bonne humeur, le dévouement et la persévérance de Victoria pour faire en sorte que la petite fille se sente ici comme chez elle finissent par lui faire retrouver le sourire.

Le danger est sans cesse présent. Virgile et Victoria s’efforcent d’être courageux et discrets mais n’ont pas l’impression de faire quelque chose d’héroïque. Ils agissent ainsi par devoir. Ainsi, ils refusent l’argent qu’on leur propose pour la garde de Sarah et la considèrent comme leur propre fille. Quelques mois plus tard, ils accueillent également un petit garçon.

Virgile et Victoria sont des braves gens mais pas pas dans le sens péjoratif du terme. Leur simplicité et leur bon sens les rendent attachants. C’est un couple solide, qui s’aime et possède de vraies valeurs. Par bien des aspects, ils sont attendrissants.

Si le sujet et l’écriture n’ont rien d’original, le roman est tout de même agréable à lire. La voix de Philippe Allard, très sobre, sert parfaitement le texte et rend un bel hommage à ce couple de justes au grand coeur.

Merci Sandrine de m’avoir permis de découvrir ce livre.

SIGNOL, Christian, ALLARD, Philippe, Les enfants des justes, Audiolib, 2012.

Jacob, Jacob – Valérie Zenatti

Jacob, jeune juif de 19 ans, appartient à une famille modeste de Constantine. II vit dans un appartement minuscule avec ses parents, un de ses frères, sa belle-soeur qui est enceinte et ses neveux et nièces. Tout ce petit monde dort dans la même pièce et la cohabitation n’est pas toujours simple.

A côté de son père et de son frère, deux rustres qui imposent leur dictat et qui sont craints par toute la famille, Jacob fait figure d’ange. Il joue avec les enfants, se lève la nuit avant que Camille ne réveille les hommes par ses crises de somnambulisme, part à la recherche de Gabriel quand celui-ci est absent à l’heure du dîner. Les femmes de la famille, elles, sont soumises à leur mari. En charge de l’éducation des enfants, elles sont responsables s’ils dérogent aux règles.

Nous sommes en 1944 et la famille de Jacob ignore tout de la guerre. Quand ce dernier est enrôlé pour libérer la France, personne ne comprend réellement les enjeux. Ses parents sont fiers, Jacob va devenir un homme, un vrai. Ce dernier participe au débarquement de Provence alors que sa famille le croit toujours en Algérie. Avec Ouabedssalam, Attali et Bonnin, ses compagnons d’infortune, il perd peu à peu sa douceur et sa candeur en découvrant la triste réalité de la guerre. Trois ans avant son incorporation, on lui refusait l’école car il était juif. Au moment où se déroule l’histoire, la France a besoin de lui pour la délivrer…

Et le pire dans cette histoire, c’est que Jacob et sa famille ne se rendent même pas compte à quel point ils sont manipulés. Ils sont trop pauvres, trop rustres, pas assez instruits pour avoir du recul sur la situation. Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, comme tous les Pieds Noirs ou presque, la famille va fuir l’Algérie pour cette France qui ne voudra pas d’eux. L’histoire se répète et le lecteur assiste impuissant à la douleur de cette famille.

Grâce à une écriture extrêmement bien maîtrisée et fluide, Valérie Zenatti montre l’impact de l’Histoire sur l’histoire d’une famille parmi tant d’autres. Cela donne un roman vraiment réussi.

Une lecture commune que je partage avec Laurie.

ZENATTI, Valérie, Jacob, Jacob, Éditions de l’Olivier, 2014.

Kinderzimmer – Valentine Goby

Pendant la Seconde Guerre mondiale, au camp de Ravensbruck, la Kinderzimmer est une pièce réservée aux nourrissons. Pour les rares femmes qui accouchent là-bas, c’est une lueur d’espoir.

Mila -Suzanne Langlois de son vrai nom- travaille dans un magasin de musique quand elle se fait arrêter en 1944. Résistante, elle codait des messages sur des partitions de musique et cachait ceux qui s’opposaient à l’ennemi. Après un court séjour à Fresnes, elle arrive à la mi-avril en Allemagne, à Ravensbruck. Elle sait qu’elle est enceinte mais fait tout pour le cacher. Elle est tellement occupée par sa survie au quotidien qu’elle pense peu à ce bébé qui va bientôt naître. Elle se demande même si elle ne s’est pas trompée. Au camps, plus aucune femme n’a ses règles alors…

Mila perd pourtant les eaux au travail, dans l’atelier de couture dans lequel elle a été affectée, et donne naissance à un petit James qui la raccroche à la vie. Désormais, elle a une deuxième bouche à nourrir. Le lait manque, les changes aussi. Les bébés ne sont pas les mieux lotis, loin de là : « James boit du lait en poudre quand un cadavre est porté à la morgue et que les chatons de la Schewster ont suffisamment déjeuné. » (p.100 de la version numérique).

Kinderzimmer fait partie de ces romans qu’on ne lit pas par plaisir mais qu’il faut lire. Parce qu’on ne dira jamais assez l’horreur, parce qu’on ne décrira jamais assez les conditions de vie et de mort de ces hommes et de ces femmes traités moins bien que des animaux. « Maintenant, dit une femme, chui marquée comme mes vaches. » (p.23 de la version numérique). L’auteur résume très bien son objectif dans les dernières pages du livre : « il faut des historiens pour rendre compte des évènements; des témoins imparfaits, qui déclinent l’expérience singulière; des romanciers, pour inventer ce qui a disparu à jamais : l’instant présent. » (p154-155 de la version numérique).

Et effectivement, dans Kinderzimmer, c’est le quotidien de Mila qui est décrit. Ses pensées, ses peurs, sa lutte pour sa propre survie puis celle de son fils, la maladie, les appels en pleine nuit, le froid, la vermine, la merde, la faim, les coups. « Mais rien n’y fait. Sous leurs coudes pliés, les prisonnières françaises encaissent les coups et achèvent la Marseillaise. De toute façon, qu’ont à perdre des condamnés à mort ? » (p.55-56 de la version numérique).

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce roman. On ne peut pas aimer un tel livre. Mais Valentine Goby a eu raison de l’écrire. Comme tous les auteurs qui ont écrit avant elle. Comme tous ceux qui écriront après.

« elle n’a pas oublié que le chien n’a pas mordu, que sa vie a tenu à cela, le vie tient à si peu de chose, à un pari. La vie est une croyance. » (p.154-155 de la version numérique).

« ne pas mourir avant la mort. Vivre, dit-on. » (p.103 de la version numérique).

Une lecture commune avec Noukette, Jérôme, Sandrine, Hérisson et Valérie.

Merci Véro 🙂 !

GOBY, Valentine, Kinderzimmer, Actes Sud, 2013.

Max – Sarah Cohen-Scali

Max -Konrad von Kebnersol pour les autorités- est un exemple parfait du programme Lebensborn initié par Himmler et mis en place dès 1933 en Allemagne. Il est né le 20 avril 1936, date anniversaire du Fürher. C’est pour cette raison qu’il a été baptisé par Hitler lui-même. Dès sa naissance, on l’a pesé, mesuré et observé sous tous les angles pour être certain qu’il répondait à tous les critères de perfection de la race aryenne et qu’il n’était pas nécessaire de l’éliminer.

Sa mère a été scrupuleusement sélectionnée par les nazis et son père est un soldat SS. Ils ne se connaissaient pas. Leur rencontre a été organisée pour qu’ils conçoivent un enfant et c’est tout. Comme toutes les femmes sélectionnées pour ce programme, la mère de Max l’a nourri pendant quelques mois au sein, sous étroite surveillance, dans un endroit conçu exprès pour élever la future élite de la nation. Ils ont ensuite été séparés de force et ont continué leur vie chacun de leur côté sans avoir de nouvelles l’un de l’autre.

A travers l’histoire de Max, ce sont toutes les atrocités commises par l’Allemagne nazie que Sarah Cohen-Scali donne à voir aux adolescents. Extrêment bien documenté, il couvre la période 1936-1945, de l’apogée du Reich à sa défaite. Le lecteur découvre l’endoctrinement et les conditions dans lesquelles les enfants étaient éduqués par des nazis prêts à tout pour parvenir à leurs fins. La façon de penser de Max et son comportement font froid dans le dos. Tout petit, il est déjà conditionné. Ses réflexes dérangent et mettent mal à l’aise le lecteur. Max est un roman qui prend aux tripes et qu’on ne peut pas lâcher avant la fin.

COHEN-SCALI, Sarah, Max, Gallimard jeunesse, 2012.

Un secret – Philippe Grimbert

Un secret est un roman. Il s’agit donc d’une fiction. Mais Philippe Grimbert explique dans une courte interview, à la fin de cette version audio, qu’il s’est inspiré de sa propre histoire familiale pour écrire ce livre.

Né en 1948, Philippe Grimbert est d’une santé fragile. Il se rend régulièrement chez le médecin et a un physique plutôt chétif. Ses parents sont très sportifs et le jeune garçon sent bien que son père est déçu qu’il soit incapable de suivre la lignée familiale. Son physique le complexe. Il ne se sent pas toujours bien dans sa peau. Alors, pour se consoler de ses chagrins et pour se sentir moins seul, Philippe Grimbert s’invente un frère. Plus beau, plus fort, plus brillant.

Il imagine aussi une histoire familiale à partir de bribes de conversations entendues à droite et à gauche. Puisque ses parents lui livrent très peu d’informations sur leur jeunesse et leur vie avant sa naissance, il invente. Il remarque aussi qu’ils ont parfois des réactions surprenantes comme cette fois où il découvre une peluche au milieu de vieilles affaires. Ils semblent troublés, mal à l’aise. Mais qu’importe, le jeune garçon l’adopte de suite et la surnomme Sim.

Un peu plus tard, à l’école, Philippe regarde un film documentaire sur la Seconde Guerre Mondiale et l’attitude idiote d’un caïd de la classe le met dans un tel état de rage qu’il se bat avec alors que d’habitude, il s’efface dans ce genre de circonstance. A ses parents, il ne raconte pas les raisons exactes de cette bagarre. Par contre, il se confie à Louise, sa voisine et amie âgée de 60 ans.

Louise se décide alors à lui révéler le secret de la famille. Caché depuis des années, ce dernier a toujours suinté. Et si Philippe se sent souvent si mal, s’il s’est inventé un frère, ce n’est pas tout à fait par hasard…

J’ai vu le film adapté de ce roman il y a quelques mois ou années et je me souviens avoir aimé. J’ai préféré encore sa version audio, lue par l’auteur lui-même. La voix est agréable est les presque 3 heures d’écoute passent à une vitesse folle. Les passages où l’auteur invente une histoire à ses parents sont parfois un peu longs mais au final, Un secret est un roman passionnant. Il n’a pas remporté le prix Goncourt des lycéens en 2004 et celui des lectrices de Elle en 2005 par hasard !

GRIMBERT, Philippe, Un secret, Audiolib, 2008.

L’enfant cachée – Loïc Dauvillier

Elsa se réveille en pleine nuit et aperçoit de la lumière dans le salon. Sa grand-mère est assise sur le canapé, les larmes aux yeux. La petite fille lui explique que quand elle fait des cauchemars, elle les raconte à sa mère et après, ça va mieux. Dounia décide alors de lui parler de ce qu’elle a vécu, il y a très longtemps, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. C’était pendant la Seconde Guerre mondiale, juste après la défaite de 1940. Dounia est d’origine juive. Je ne vous raconte pas la suite, je pense que vous l’imaginez sans problème…

L’enfant cachée est une bande dessinée destinée aux jeunes lecteurs à partir de la fin de l’école primaire. Le livre aborde la question de l’antisémitisme et de la déportation des juifs avec beaucoup de finesse, sans rentrer dans le détail de tout ce que ce peuple a subi. Le point de vue adopté est celui de la petite fille cachée par ses parents pour être sauvée. On ne peut rester insensible à tout ce qu’elle ressent et d’ailleurs, les larmes me sont montées aux yeux plusieurs fois.

Le jeune lecteur qui ne connaît pas bien la Seconde Guerre mondiale ne manquera pas de se poser des questions sur les raisons de cette histoire. En tant qu’adulte, je regrette tout de même qu’Elsa, la petite fille de Dounia, ne soit qu’un prétexte. Elle n’est présente qu’au début et à la fin du récit. Je n’ai pas aimé non plus la façon dont sont dessinés les personnages. Ils ont tous une tête proportionnellement beaucoup plus grosse que le reste du corps.

Il n’en reste pas moins que L’enfant cachée est un très bon livre pour permettre aux enfants de comprendre une période de l’histoire si difficile, sans pour autant les choquer avec des détails ou des images sordides. 

Edit du 28 mai : voici le commentaire posté par Loïc Dauvillier suite à ce billet. Vous trouverez ma réponse dans les commentaires.

Bonjour,
Je suis Loîc, le scénariste de la bande dessinée.
Merci pour votre lecture et votre note.
Pour Elsa, certes, nous aurions pu lui donner plus d’ampleur dans cette histoire mais ce n’est pas le sujet. Elsa n’est pas un prétexte. Comme bien souvent, les personnes dans la situation de Dounia ont gardé le silence. Elles n’ont pas parlé à leurs enfants. Il a fallu une génération pour pouvoir libérer la parole. Ceci explique l’importance de la place d’Elsa dans cette histoire.
Développer le personnage d’Elsa, ce serait s’intéresser à sa réaction vis à vis de la confidence de sa grand-mère. Ce n’est pas le sujet.
Pour le graphisme… on pourrait croire que l’utilisation des grosses têtes (et donc des petits corps) n’a qu’un sens esthétique. Ce n’est pas le cas. Nous nous adressons à des enfants. Notre intention est de travailler sur l’humain. Par le dessin, nous devons réussir à faire passer les émotions. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. L’enfant doit immédiatement comprendre le sentiment du personnage. En maternelle, on apprend aux enfants à lire sur le visage les émotions… On sait que la position des yeux et de la bouche nous indique clairement ce que ressent la personne en face de nous.
En partant de ce postulat, il nous a semblait évident que le graphisme devait mettre en évidence les yeux et la bouche…. le meilleur moyen est de les mettre bien en évidence par une augmentation de la dimension.
Marc Lizano n’a rien inventé. C’est une technique qui se pratique dans de nombreuses bande dessinée comme peanuts (snoopy).

loïc

DAUVILLIER, Loïc, LIZANO, Marc, SALSEDO, Greg, L’enfant cachée, Le Lombard, 2012.

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