La femme de nos vies – Didier Van Cauwelaert

Comment exister alors qu’on aurait dû mourir et qu’un autre a décidé que l’on vivrait à sa place ? C’est la question à laquelle a été confronté David Rosfeld. Ce nom est d’ailleurs celui du garçon qui lui a sauvé la vie et lui a donné son identité.

Son nom de naissance est Jurgen Bolt. Il naît dans une famille d’agriculteurs allemands quelques années avant la Seconde Guerre mondiale. Considéré depuis toujours comme un attardé par ses parents, ces derniers décident d’améliorer un peu leur quotidien en l’échangeant contre un peu d’argent. En effet, à cette époque là, le ministère de la Santé offre une prime aux Aryens qui donnent leur enfant. C’est un bon moyen de purifier la race…

C’est ainsi que Jurgen se retrouve, en compagnie de nombreux juifs, dans un hôpital psychiatrique où l’on expérimente la chambre à gaz. Là-bas, il fait la connaissance de David Rosfeld, un adolescent juif aussi silencieux et solitaire que lui, qui passe son temps à lire un livre, Le secret des atomes. Diagnostiqué comme surdoué et repéré par Ilsa Schaffner, une scientifique, David doit sortir de l’hôpital psychiatrique pour rejoindre une école expérimentale et éviter ainsi une mort certaine.

Mais l’adolescent pense qu’il n’est pas fait pour vivre. Son intelligence est théorique. Il ne sait pas vivre avec les autres. Il décide donc qu’il ira à la chambre à gaz et que Jurgen Bolt deviendra David Rosfeld, sera heureux pour lui et surtout transmettra au monde ses importantes découvertes scientifiques ainsi que celles de sa mère. Un allemand sauvé en se cachant sous une identité juive, c’est le comble !

Toute cette histoire et sa suite, c’est David, le narrateur, qui la raconte à Marianne, la petite fille de la scientifique Ilsa Schaffner. La jeune femme a toujours pensé que sa grand-mère était une nazie. C’est ce que l’histoire et les médias ont retenu. C’est aussi ce que sa mère, décédée aujourd’hui, lui a toujours dit. Mais Jurgen Bolt / David Rosfeld va lui révéler un secret bien gardé, une vérité bien différente de l’histoire officielle.

Écrit à la deuxième personne du pluriel – David Rosfeld s’adresse à Marianne dans une sorte de monologue- La femme de nos vies raconte une histoire d’amour, de valeurs et de convictions politiques sur fond de Seconde Guerre mondiale. Le roman montre également comment les scientifiques qui ont fait des découvertes importantes ont été spoliés ou, pire encore, comment on s’est servi de leur travail pour véhiculer le mal. Le roman est inspiré d’une histoire vraie et le contexte dans lequel il s’inscrit lui donne une dimension humaine vraiment intéressante.

David Rosfeld est un personnage attachant. Sa vie est incroyable. Etre aussi fort, ne pas sombrer dans la dépression, réussir à être heureux et à aider les autres après avoir vécu de telles choses semble incroyable.

La femme de nos vies est incontestablement un roman à découvrir. En tous cas, il m’a réconcilée avec Didier Van Cauwelaert !

Les avis de Noukette, Clara, Leiloona et l’Irrégulière.

VAN CAUWELAERT, Didier, La femme de nos vies, Albin Michel, 2013.

Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire – Sarah Kaminsky

Adolfo Kaminsky est un homme au destin hors du commun. Interné à Drancy pendant la Seconde Guerre mondiale, il doit le fait de ne pas avoir été déporté vers les camps de la mort uniquement à sa nationalité argentine. Ses parents, juifs d’origine russe, se sont exilés en France au début des années 1930. Trés tôt, Adolfo Kaminsky se passionne pour la chimie et dès l’âge de dix-sept ans il se sert de ses connaissances pour fabriquer des faux-papiers aux juifs. Chaque minute de sommeil est pour lui du temps de travail en moins et donc des vies de perdues.

« Mais je défendais fermement l’idée que chaque individu, particulièrement s’il est traqué et que sa vie est en danger, puisse jouir du droit de circuler librement, de traverser les frontières, de choisir la destination de son exil. » p.110

A la fin de la guerre, il continue son activité pour le compte de l’espionnage et du contre-espionnage français. Ainsi, il permet à des espions de s’infilter en Allemagne pour récupérer des preuves de l’existence des camps avant que l’ennemi ne détruise tout. Anti-colonialiste avant l’heure, il arrête de travailler pour l’État au moment de la guerre d’Indochine. Il aide ensuite un réseau clandestin d’imigration des rescapés des camps en Palestine.

Adolfo Kaminsky rencontre lui-même des problèmes pour obtenir un permis de séjour en France. Il lui faut des papiers argentins et aussi les preuves d’un travail légal.

« Je me suis souvenu de mon premier faux. Le bien-fondé de mon action était alors incontestable. Transgresser la loi, il le fallait. Mais n’avais-je pas ainsi basculé sans retour dans l’illégalité ? J’avais toujours veillé à ce que mon savoir et mes techniques ne servent que des causes légitimes. J’avais toujours veillé à ne jamais transiger avec mon sens de l’éthique et de la moralité. Mais j’étais à nouveau hors la loi, et je me demandais si, du jour où j’avais réalisé mon premier faux, je n’étais pas tombé dans un engrenage dont j’aurais toute ma vie du mal à me défaire. » p.120

Après plusieurs années d’interruption, l’homme poursuit son activité de faussaire pour le FLN. Les accords d’Évian signés, il aide de nombreux hommes et femmes qui combattent la dictature en Amérique du Sud, en Afrique, etc.

Adolfo Kaminsky ne fait jamais de profits. Grand défenseur des droits de l’Homme, il souhaite garder sa liberté et son indépendance. Il vit donc très pauvrement et exerce une double activité : photographe le jour pour gagner un peu d’argent et faussaire la nuit. Sa vie sentimentale est des plus chaotiques car il doit toujours vivre dans le secret, l’urgence et le danger.

Écrit par sa fille, ce livre retrace la vie extraordinaire d’un homme de conviction.

KAMINSKY, Sarah, Adlofo Kaminsky, une vie de faussaire, Calmann-Lévy, 2009.

Le confident – Hélène Grémillon

Camille vient de perdre sa mère. Au milieu des mots de condoléances, une enveloppe épaisse retient son attention. A l’intérieur, une lettre d’un certain Louis qui raconte une histoire d’amitié, d’amour et de mère porteuse sur fond de Seconde Guerre mondiale. Une erreur, pense t-elle au début. Camille est éditrice. C’est peut être un moyen original trouvé par un auteur pour se faire remarquer. Mais chaque semaine, le mardi, une nouvelle lettre arrive et la jeune femme commence à comprendre que ces courriers lui sont bien destinés. Elle se rend compte qu’elle ne connait pas tout de son passé. Un terrible secret se dévoile petit à petit.

Un magnifique roman dont on entend beaucoup parler sur la blogosphère en ce moment. Il se dévore du début à la fin. L’écriture est fluide, le suspens insoutenable et l’histoire pas si simple qu’on pourrait le penser au départ. Au moment où Camille va devenir maman, elle découvre que sa propre mère n’était pas tout à fait comme elle le croyait. Le seul reproche que je ferai à ce livre, c’est que le ressenti de la jeune femme n’est pas assez développé. Les autres personnages, eux, sont plus fouillés. Les sentiments et les motivations des uns et des autres sont bien exposés -notamment grâce au changement de narrateur- et même les actes les plus horribles trouvent une explication. Au lecteur de les excuser ou non… Un premier roman prometteur !

Merci à Clara qui fait voyager ce livre.

GRÉMILLON, Hélène, Le confident, Plon, 2010.

L’étoile d’Erika -Vander Zee et Innocenti

Elle a parlé de cet album il y a quelques temps et je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque. Impossible de passer à côté de cette première de couverture sans la remarquer…
Erika est née en 1944. Sur la route des camps, sa mère l’a sauvée en la jetant par la fenêtre du wagon. Elle a été recueillie par une femme qui lui a donné un nom, un prénom, une date de naissance et s’est occupée d’elle. Erika ne connaît rien de son histoire, de ses origines. Tout ce qu’elle peut faire, c’est imaginer ses parents et ce qu’ils ont vécu.

Un joli récit plein de pudeur, tant dans le texte que dans les illustrations. Les émotions, retenues, n’en sont que plus touchantes. Malgré le tragique, c’est la vie et le bonheur qui reprennent le dessus à la fin. C’est ça que j’ai aimé dans cet album…

VANDER ZEE, Ruth, INNOCENTI, Roberto, L’étoile d’Erika, Milan jeunesse,

« Si c’est un homme » de Primo Lévi

Arrêté comme résistant en février 1944 puis déporté dans une annexe d’Auschwitz jusqu’à la libération du camp, Primo Lévi prend sa plume entre décembre 1945 et janvier 1947 pour raconter l’horreur de l’univers concentrationnaire. Il décrit ses conditions de vie et celles de ses compagnons de malheur. Les privations de toutes sortes, les coups, la violence physique et morale, la lutte pour survivre, le chacun pour soi, la maladie, la faim, la peur, le froid et bien d’autres choses encore, à peine imaginables, faisaient partie du quotidien.

 

J’ai lu beaucoup de documents sur la Seconde Guerre mondiale et les camps de concentration mais Si c’est un homme est vraiment à part. J’ai dû le lire par petits morceaux tellement certains passages m’ont remuée. Celui-là par exemple :

« qu’on offre à quelques individus réduits en esclavage une position privilégiée, certains avantages et de bonnes chances de survie, en exigeant d’eux en contrepartie qu’ils trahissent la solidarité naturelle qui les lie à leurs camarades : il se trouvera toujours quelqu’un pour accepter. Cet individu échappera à la loi commune et deviendra intouchable; il sera donc d’autant plus haïssable et haï  que son pouvoir gagnera en importance. Qu’on lui confie la commandement d’une poignée de malheureux, avec droit de vie et de mort sur eux, et aussitôt il se montrera cruel et tyrannique, parce qu’il comprendra que s’il ne l’était pas assez, on n’aurait pas de mal à trouver quelqu’un pour le remplacer. » p.140

La solidarité dans le malheur, quand on vit dans de conditions aussi atroces, n’existe plus. C’est chacun pour soi. Comment condamner un tel comportement quand on sait que les déportés étaient réduits à l’état d’esclave et pire encore, de bête ?

Au delà de la description de la vie dans le camp, Primo Lévi analyse les comportements humains et tous les mécanismes mis en place par les nazis pour détruire l’homme, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Il relate des faits bruts, sans haine, avec une lucidité et un recul extraordinaire pour quelqu’un qui écrit si peu de temps après avoir vécu l’impensable. C’est tout cela qui fait la force de son récit.

Un témoignage indispensable, un livre qu’il FAUT lire !

LEVI, Primo, Si c’est un homme, Pocket, 2003.

Je l’ai enfin lu !

On a tellement parlé de ce livre que même ceux qui ne l’ont pas (encore) lu savent de quoi ça parle, à moins d’avoir déserté la blogosphère, les classements des meilleures ventes de livres et les rayons des libraires ces derniers mois. Mon esprit fainéant ce contentera donc de recopier la quatrième de couverture :

Janvier 1946. Tandis que Londres se
relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un
sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un
inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des
lettres qu’elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre
son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé
pour tromper l’occupant allemand, le «
Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ».
De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté
débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à
son tour, elle se rend à Guernesey…

C’est joyeux et léger malgrè le sujet, parfois loufoque et drôle, ça se lit d’une traite avec le sourire aux lèvres et on referme la dernière page en regrettant que ce soit déjà terminé. A lire donc si ce n’est pas encore fait parce que c’est un livre sur la Seconde Guerre mondiale pas comme les autres.

D’autres avis ici.

 

SHAFFER, Mary Ann, BARROWS, Annie, Le Cercle littéraire des Amateurs d’épluchures de patates, France loisirs, 2008.

« Ritournelle de la faim » de JMG Le Clézio

Ethel grandit pendant l’entre-deux guerres, dans une famille bourgeoise originaire de l’île Maurice. Sa meilleure amie, Xénia, qu’elle admire profondément, vit dans un contexte beaucoup plus difficile : son père est mort en prison et sa mère a dû fuir son pays d’origine, la Russie, juste après la Révolution. Depuis, la misère fait partie du quotidien.

Ethel assiste aux premières conversations de son père et de ses invités du dimanche sur Hitler. Au début, elle ne comprend pas tout mais petit à petit, elle se rend compte que les gens qui l’entourent sont égoïstes, profiteurs et orgueilleux.

Quand la jeune fille hérite d’un terrain magnifique, arboré et calme, en plein cœur de Paris où son grand oncle, Monsieur Soliman, rêvait de faire installer un pavillon indien acheté à l’exposition universelle, son père profite du fait qu’elle soit mineure pour lui faire signer un pouvoir. A la place du pavillon, il fait construire un immeuble hideux. Ethel le vit comme une véritable trahison, d’autant plus que son père investit l’argent n’importe comment et entraîne la banqueroute de toute la famille. Quand elle commence à se rendre compte de la situation, elle essaie de prendre les choses en main mais il est déjà trop tard : la guerre arrive.

 

Je suis tombée par hasard sur ce livre en regardant le présentoir des nouveautés à la médiathèque et j’ai profité de l’occasion car je n’ai jamais lu de livre de Monsieur le Prix Nobel de littérature. Je savais à peine de quoi ça parlait et généralement, dans ce cas là, je ne prend pas de risque car j’ai toujours peur de perdre mon temps avec un navet… Mais là, je me suis dit que je ne voulais pas mourir bête !!!!! Et j’ai bien fait car il s’agit d’un magnifique roman sur la grandeur et la décadence de la bourgeoisie. Par certains aspects, il m’a fait penser à Suite française d’Irène Némirovsky. Pour ne rien gâcher au plaisir, JMG Le Clézio écrit très bien : c’est de la grande littérature !

Un extrait :

« De Londres, Laurent Feld lui avait rapporté des disques inconnus en France, Rhapsody in blue de Gershwin, Dimitri Tiomkin, et aussi Dizzy Gillespie, Count Basie, Eddie Condon, Bix Beiderbecke. C’était sans doute la réponse de Laurent aux plaintes récurrentes des invités d’Alexandre sur les nègres et les métèques qui envahissaient la France, qui allait transformer Notre-Dame en synagogue ou en mosquée. » p. 94

Lire l’avis d’Amanda Meyre.

LE CLEZIO, JMG, Ritournelle de la faim, Gallimard, 2008.

La mémoire, le secret, l’oubli…

Franz-Georg n’a aucun souvenir de sa petite enfance, de tout ce qui s’est passé dans sa vie avant ses 5 ans. Le seul témoin de ce passé est son ours en peluche, Magnus, qu’il gardera à ses côtés tout au long de sa vie ou presque.

L’histoire se passe en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Les parents de Franz-Georg sont nazis, son père est médecin dans un camp de concentration. Bien entendu, le jeune garçon ne comprend rien de tout cela au début mais au fur et à mesure qu’il grandit, il commence à ouvrir les yeux et à découvrir l’innommable…

Devenu adulte, il fait quelques découvertes sur ce passé qui le hante mais sa mémoire reste percée de nombreux trous…

                               

Voilà un roman dont je n’avais jamais entendu parler (honte à moi !). C’est Malice qui me l’a offert dans le cadre du swap Eternel féminin. Quelle bonne idée elle a eue !

Le secret, l’oubli, les failles de la mémoire, la quête d’une identité : tels sont les thème majeurs de ce roman. J’ai bien aimé ce héros écorché vif, incapable de se sentir bien dans sa vie car il a été trahi et ne sait pas d’où il vient.

L’écriture de Sylvie Germain est assez particulière. Elle nous livre l’histoire de Franz-Georg et de Magnus petit à petit, par fragments. C’est un peu comme un puzzle qu’on a hâte de terminer pour le voir dans sa globalité et lui donner du sens. Seul petit bémol : le texte est entrecoupé de citations, de poèmes et de biographies qui m’ont parfois gênée et dont je n’ai pas toujours bien compris le sens.

Lire les avis de Florinette, Bellesahi, Malice, Cathulu, Sylire qui proposent toutes des liens vers d’autres billets. Ce livre semble avoir fait le tour d’une bonne partie de la blogosphère !

GERMAIN, Sylvie, Magnus, Gallimard, Folio, 2007.

A la mémoire des disparus d’Oradour sur Glane

Rolande Causse rend hommage à travers ce court texte poétique à tous les disparus d’Oradour sur Glane tués par balles ou brulés vifs dans l’église du village le 10 juin 1944 par des SS, 4 jours après le débarquement de Normandie et le début de la libération de la France. Elle raconte avec beaucoup de pudeur les derniers instants de vie avant le drame dans ce gros bourg du Limousin : les enfants à l’école, l’épouse de l’instituteur en train de se faire couper les cheveux, l’équipe de foot réunie en ce samedi, etc. Et puis, l’horreur, l’indicible, avec l’arrivée des soldats allemands.

Les dessins à l’aquarelle de Georges Lemoine illustrent magnifiquement le texte. J’aime beaucoup la première de couverture. Elle en dit long avec, au premier plan, les bottes et le bas du corps d’un soldat allemand en uniforme tourné vers le village dont on voit l’église et les habitations en flammes en arrière plan.

Jean-François s’est rendu à Oradour. Il raconte ce qu’il a ressenti là-bas et dit d’Oradour la douleur que « c’est une parfaite réussite ».

CAUSSE, Rolande et LEMOINE, Georges, Oradour la douleur, Syros jeunesse, 2001.

Maus

Art Spiegelman, célèbre dessinateur new-yorkais, connu notamment grâce à l’immense succès de Maus (prix Pulitzer 1992), raconte la vie de Vladek, son père, émigré juif polonais survivant d’Auschwitz. L’originalité de cette BD en noir et blanc réside dans le fait que les juifs sont représentés par des souris et les nazis par des chats.

Outre l’aspect historique, le livre montre également les répercutions psychologiques du génocide juif et les conséquences pour les générations « d’après ». En effet, Art et son père ont des relations très conflictuelles qu’ils ne parviendront pas à apaiser. Vladek est trop radin et trop exigeant vis à vis de son entourage. Art, lui, culpabilise de ne pas avoir vécu l’horreur, d’être en vie, de ne pas faire aussi bien que son père le souhaiterait, d’avoir du succès grâce à la tragédie vécue par sa famille, etc.

J’avais déjà lu cette BD il y a deux ou trois ans mais je n’ai pas pu résister quand elle m’est passée à nouveau entre les mains.  Il fallait que je la relise… Le sujet est bien évidement très dur mais je trouve que c’est plus facile à lire que les romans ou les témoignages historiques sur le même sujet. Et puis, les touches d’humour apportées par le dessinateur au sujet de son père apaisent un peu les choses…

C’est une BD à ne pas manquer si vous ne la connaissez pas encore !

Kathel a aussi fait un billet sur Maus aujourdh’ui.

SPIEGELMAN, Art, Maus, Flammarion, 1998.

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