La mémoire, le secret, l’oubli…

Franz-Georg n’a aucun souvenir de sa petite enfance, de tout ce qui s’est passé dans sa vie avant ses 5 ans. Le seul témoin de ce passé est son ours en peluche, Magnus, qu’il gardera à ses côtés tout au long de sa vie ou presque.

L’histoire se passe en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Les parents de Franz-Georg sont nazis, son père est médecin dans un camp de concentration. Bien entendu, le jeune garçon ne comprend rien de tout cela au début mais au fur et à mesure qu’il grandit, il commence à ouvrir les yeux et à découvrir l’innommable…

Devenu adulte, il fait quelques découvertes sur ce passé qui le hante mais sa mémoire reste percée de nombreux trous…

                               

Voilà un roman dont je n’avais jamais entendu parler (honte à moi !). C’est Malice qui me l’a offert dans le cadre du swap Eternel féminin. Quelle bonne idée elle a eue !

Le secret, l’oubli, les failles de la mémoire, la quête d’une identité : tels sont les thème majeurs de ce roman. J’ai bien aimé ce héros écorché vif, incapable de se sentir bien dans sa vie car il a été trahi et ne sait pas d’où il vient.

L’écriture de Sylvie Germain est assez particulière. Elle nous livre l’histoire de Franz-Georg et de Magnus petit à petit, par fragments. C’est un peu comme un puzzle qu’on a hâte de terminer pour le voir dans sa globalité et lui donner du sens. Seul petit bémol : le texte est entrecoupé de citations, de poèmes et de biographies qui m’ont parfois gênée et dont je n’ai pas toujours bien compris le sens.

Lire les avis de Florinette, Bellesahi, Malice, Cathulu, Sylire qui proposent toutes des liens vers d’autres billets. Ce livre semble avoir fait le tour d’une bonne partie de la blogosphère !

GERMAIN, Sylvie, Magnus, Gallimard, Folio, 2007.

A la mémoire des disparus d’Oradour sur Glane

Rolande Causse rend hommage à travers ce court texte poétique à tous les disparus d’Oradour sur Glane tués par balles ou brulés vifs dans l’église du village le 10 juin 1944 par des SS, 4 jours après le débarquement de Normandie et le début de la libération de la France. Elle raconte avec beaucoup de pudeur les derniers instants de vie avant le drame dans ce gros bourg du Limousin : les enfants à l’école, l’épouse de l’instituteur en train de se faire couper les cheveux, l’équipe de foot réunie en ce samedi, etc. Et puis, l’horreur, l’indicible, avec l’arrivée des soldats allemands.

Les dessins à l’aquarelle de Georges Lemoine illustrent magnifiquement le texte. J’aime beaucoup la première de couverture. Elle en dit long avec, au premier plan, les bottes et le bas du corps d’un soldat allemand en uniforme tourné vers le village dont on voit l’église et les habitations en flammes en arrière plan.

Jean-François s’est rendu à Oradour. Il raconte ce qu’il a ressenti là-bas et dit d’Oradour la douleur que « c’est une parfaite réussite ».

CAUSSE, Rolande et LEMOINE, Georges, Oradour la douleur, Syros jeunesse, 2001.

Maus

Art Spiegelman, célèbre dessinateur new-yorkais, connu notamment grâce à l’immense succès de Maus (prix Pulitzer 1992), raconte la vie de Vladek, son père, émigré juif polonais survivant d’Auschwitz. L’originalité de cette BD en noir et blanc réside dans le fait que les juifs sont représentés par des souris et les nazis par des chats.

Outre l’aspect historique, le livre montre également les répercutions psychologiques du génocide juif et les conséquences pour les générations « d’après ». En effet, Art et son père ont des relations très conflictuelles qu’ils ne parviendront pas à apaiser. Vladek est trop radin et trop exigeant vis à vis de son entourage. Art, lui, culpabilise de ne pas avoir vécu l’horreur, d’être en vie, de ne pas faire aussi bien que son père le souhaiterait, d’avoir du succès grâce à la tragédie vécue par sa famille, etc.

J’avais déjà lu cette BD il y a deux ou trois ans mais je n’ai pas pu résister quand elle m’est passée à nouveau entre les mains.  Il fallait que je la relise… Le sujet est bien évidement très dur mais je trouve que c’est plus facile à lire que les romans ou les témoignages historiques sur le même sujet. Et puis, les touches d’humour apportées par le dessinateur au sujet de son père apaisent un peu les choses…

C’est une BD à ne pas manquer si vous ne la connaissez pas encore !

Kathel a aussi fait un billet sur Maus aujourdh’ui.

SPIEGELMAN, Art, Maus, Flammarion, 1998.

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