Le secret du mari – Liane Moriarty

Cécilia trouve par hasard dans le grenier une lettre écrite pour elle par son mari. Sur l’enveloppe, un message : « A n’ouvrir qu’après ma mort ». Son mari, en voyage professionnel, lui demande expressément de ne pas l’ouvrir mais Cécilia trouve sa réaction surprenante et ne peut s’empêcher de décacheter le pli. Ce qu’elle découvre bouleverse à jamais sa vie et celle de sa famille. Dès lors, comment continuer à vendre des Tupperware, à briller en société et à jouer la femme parfaite ? Continuer la lecture de « Le secret du mari – Liane Moriarty »

Chère Madame ma grand-mère – Elisabeth Brami

Ce petit roman d’une soixantaine de pages rencontre beaucoup de succès auprès de mes élèves, et ce uniquement par le bouche à oreille. Même pas besoin d’en faire la promotion, c’est génial, non ?

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Emma et le jardin secret – Béatrice Masini

Emma, 10 ans, vit à Milan avec ses parents et rêve de se glisser dans le jardin secret de son immeuble, propriété du mystérieux Comte Ricotti. Pour cela, elle doit déjouer la surveillance de Monsieur Colnaghi, le gardien, et subtiliser les clés qui permettent d’ouvrir le haut portail qui l’empêche de voir ce qui se cache à l’intérieur de cet écrin de verdure.

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Mes secrets – Didier Lévy et Amélie Graux

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Un petite fille dévoile au lecteur ses secrets les plus intimes : son amour pour Antoine Bost, l’endroit où elle a enterré son trésor, le vol du stylo de Djamel, le plaisir qu’elle éprouve à jouer au garçon, la honte ou la jalousie qu’elle ressent parfois, sa peur d’être folle, etc. Chaque double page présente à gauche un secret et à droite des explications sur ce que la narratrice n’a jamais dit à personne.

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L’heure bleue – Elsa Vasseur

indexZoé a dix-sept ans et vient de passer les épreuves du bac avec succès. Quelques jours après les résultats, Lise, qui est dans sa classe mais avec qui elle a peu d’affinités, l’appelle pour lui proposer de venir passer les vacances en Grèce dans sa maison familiale. Le séjour, sur une île paradisiaque et dans une demeure luxueuse est tous frais payés. En échange, Zoé devra s’occuper de Ben, le neveu de Lise qui a cinq ans. La jeune fille s’apprête à refuser la proposition mais change finalement d’avis sur un coup de tête.

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Une famille normale – Garance Meillon

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Qu’est-ce qu’une famille normale ? Un papa (de sexe masculin), une maman (de sexe féminin), deux enfants (un garçon et une fille de préférence, l’aîné ayant deux ou trois ans de plus que le second) et un chien !  Bon, allez, j’arrête avec mon humour à deux balles. Il y a sans doute autant de réponses à la question initiale que de familles.

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Huit saisons et des poussières – Séverine Vidal et Anne Montel

Huit saisons et des poussières, 2 ans, un mois et seize jours, c’est le temps qu’à passé le père d’Amos en camp de concentration. A son retour, il ne dit pas un mot. Amos, lui, parle beaucoup pour combler le vide. Il a décidé de raconter à son père toutes les journées passées en son absence.

Sarah, la soeur d’Amos, pense que leur père n’est plus qu’un fantôme. Amos n’est pas d’accord. A l’école, ses camarades se moquent de lui et lui disent que son père a été tué par les allemands, que ce n’est pas son vrai père qui est rentré. Amos n’en peut plus. Il décide de se réfugier dans un arbre et de ne plus en descendre.

Huit saisons et des poussières est un magnifique album. Le retour des camps est un sujet difficile à expliquer à de jeunes lecteurs mais il est abordé avec beaucoup de pudeur et de tendresse. Amos est un petit garçon attachant qui ne sait pas comment s’y prendre pour retrouver le père qu’il avait avant la guerre. Le vide et le silence de la maison sont pesants. Il règne une certaine tension que la mère essaie d’apaiser autant qu’elle le peut. C’est cependant grâce à Amos que son papa va retrouver la parole.

Au delà de la guerre, on peut lire cet album comme une jolie histoire humaniste sur la famille et l’importance de l’amour des siens dans les moments difficile de la vie. Les illustrations d’Anne Montel, douces et fines, contribuent pleinement à cette lecture du texte de Séverine Vidal.

Huit saisons et des poussières fait partie de la sélection CM2/6ème du prix des Incorruptibles 2016. Espérons qu’il réconciliera les élèves avec les albums, genre qu’ils ont tendance à bouder à cet âge là.

VIDAL, Séverine, MONTEL, Anne, Huit saisons et des poussières, Les P’tits Bérets, 2014.

Grâce – Delphine Bertholon

Comme tous les ans au moment des fêtes de fin d’année, Nathan vient passer quelques jours de vacances chez Grâce, sa mère, en compagnie de ses enfants. Dans la maison familiale, il retrouve sa soeur Lize mais cette année, le sapin traditionnellement trop grand ne trône pas dans le coin du salon. Quelque chose ne va pas…

Les jours suivant confirment cette impression. Les jumeaux sont réveillés en pleine nuit par des jets de projectiles dans leur chambre, Grâce avoue qu’elle a découvert un couteau planté dans le plafond, elle a déplacé une armoire pour bloquer l’accés au grenier et elle est ébouillantée dans sa baignoire suite à un problème de cumulus. Tout cela fait vraiment beaucoup.

Le récit alterne entre présent et extraits d’un journal écrit par Grâce dans les années 1980. A l’époque, son mari n’avait pas encore disparu sans laisser d’adresse mais il était souvent absent pour des raisons professionnelles. Grâce ayant décidé de reprendre le travail, ils avaient embauché une jeune fille au pair polonaise pour s’occuper des enfants. Jalouse de sa beauté et de sa jeunesse, Grâce ne l’aimait pas. Pourtant, tout se passait bien avec Nathan et Lize.

Les évènements présents auraient-ils un rapport avec ce passé ? L’ex-mari de Grâce est le coupable idéal. Il est revenu dans la région pour la rencontrer, elle et ses enfants, alors qu’il n’a pas donné signe de vie depuis plus de trente ans. Mais les choses ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le croire. Nathan va de découvertes en révélations. Il y a des évènements dont il ne se souvient plus car il était trop petits, d’autres lui ont été cachés.

Les secrets, les non-dits, les rapports familiaux, la (re)construction d’êtres malmenés par la vie semblent être des thèmes récurrents chez Delphine Bertholon.

Ajoutez à cela une narration bien construite et vous ne serez pas déçu. En effet, l’auteur tient le lecteur en haleine et sait rendre son narrateur attachant. Nathan, veuf depuis la naissance des jumeaux -sa femme est décédée pendant l’accouchement- assume ses responsabilités de père et fait face à son passé avec brio. Cela ne l’empêche pas d’avoir des failles, comme tout un chacun. Cela le rend d’autant plus humain.

BERTHOLON, Delphine, Grâce, JC Lattès, 2012.

La bulle de secrets

Pierre-Yves revient de son footing quotidien quand il aperçoit un ado en pull-over rouge plaqué contre le mur en crépis d’une maison. Il n’y fait pas plus attention que cela mais le reconnaît bien quand il le retrouve… sur le fauteuil de son salon. Le jeune homme est entré et s’est installé pendant que Pierre-Yves enlevait ses chaussures dans le garage. Pas gêné !

Polo a fugué suite à une énième engueulade avec son beau-père et il ne sait pas trop où aller. Alors il est entré et maintenant, il refuse de partir. Il profite d’ailleurs du fait que Pierre-Yves soit sous la douche pour attraper un paire de menotte accrochée dans l’entrée. Il s’attache au radiateur et menace d’avaler les clés si le retraité s’approche de lui.

S’engage alors un étrange dialogue placé sous le sceau du secret.

Polo explique à Pierre-Yves que son père est parti du jour au lendemain sans donner de nouvelles et qu’il l’a attendu pendant des jours et des jours. Sa mère a fini par lui faire un cadeau qui n’était pas du tout de son goût le jour de ses huit ans : un beau-père. Entre Polo et cet homme, le courant n’est jamais passé et l’adolescent n’en peut plus des remarques incessantes sur son comportement, ses résultats scolaires, etc. Il en veut à sa mère aussi. C’est pour cette raison qu’il a décidé de fuguer.

Pierre-Yves a lui aussi un secret bien caché. Et il faudra toute la ténacité de Polo pour qu’il réussisse à s’ouvrir enfin.

Je crois que c’est encore une fois chez Jérôme et Noukette que j’ai repéré ce roman. Les premières pages ne m’ont pas semblé très crédibles. Je les ai même trouvées un peu caricaturales. D’un côté, l’ado au vocabulaire bien de son âge en rébellion contre sa famille. De l’autre, le retraité bougon qui utilise des mots et des expressions de son temps. Et entre les deux, un dialogue impossible.

Puis au bout de quelques pages, la mayonnaise prend. Les blessures de chacun apparaissent et les personnages se révèlent tel qu’ils sont vraiment. Ils deviennent bien plus attachants une fois les carapaces tombées. Polo fait preuve de maturité dans ses réflexions. Pierre-Yves n’est pas si sûr de lui qu’il veut le faire croire. Et l’échange permet à chacun d’avancer. Un roman à découvrir donc !

BENASTRE, Sophie, La bulle de secrets, Oskar éditions, 2014.

La fille qui n’aimait pas les fins – Yaël Hassan et Matt7ieu Radenac

Maya adore lire. Mais elle dévore les livres tellement vite que sa mère ne peut pas lui en acheter tout le temps. Cette dernière décide donc de l’inscrire à la bibliothèque, ce qui n’est pas du tout du goût de Maya. Ce qu’elle veut, elle, c’est posséder des romans et les accumuler sur les rayonnages de sa bibliothèque. Même si elle ne les lit jamais jusqu’au bout ! En effet, Maya n’aime pas les fins alors elle laisser un marque page lorsqu’elle sent que l’intrigue va se résoudre. Surprenant, non ? Maya est également signopaginophile : elle collectionne les marque-pages. Elle en a au moins autant que de livres.

A la bibliothèque, la jeune fille fait la connaissance de Manuelo, un vieux monsieur très sympathique qui partage sa passion pour la lecture. Assez vite, elle s’aperçoit qu’il lui cache des choses. Elle découvre par exemple qu’il est écrivain. Pourquoi ne lui a t-il rien dit ? Maya n’est pas au bout de ses surprises.

Un des thèmes principaux de La fille qui n’aimait pas les fins est l’amour de la lecture. Certains lecteurs se retrouveront sans doute à travers le personnage de Maya. Ce passage m’a par exemple beaucoup parlé : « Comment fait-elle pour vivre sans la compagnie des livres ? C’est vrai que moi j’ai grandi avec, que j’ai même poussé entre eux, au milieu d’eux, dans un joyeux fouillis de manuscrits. Les plus beaux souvenirs que je garderai à jamais de lui sont ceux de nos lectures, moments privilégiés entre tous, où, encore petit, je me blottissais le soir contre lui, me suspendant à sa voix grave et mélodieuse. Plus tard nous avons pris l’habitude de lire, à tour de rôle, les extraits de nos livres préférés« . p. 174

Il est aussi question dans ce livre de deuil (Maya a perdu son père et vit avec sa mère et son beau-père), d’amitié, de secret de famille et de relations familiales. L’ensemble est agréable à lire, notamment grâce à Maya, cette petite fille attachante qui grandit et approche peu à peu de l’adolescence. 

HASSAN, Yaël, RADENAC, Matt7ieu, La fille qui n’aimait pas les fins, Syros, 2013.

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