Remuée par L’effet Larsen

Été 1998, la victoire de la France en coupe du monde de football est dans toutes les têtes. Nola, elle, a 18 ans et aurait dû passer ses vacances en Grèce avec ses copines, fêter la victoire des bleus peut être aussi. Seulement voilà, depuis le décès tragique de son père sa vie n’est plus la même. Avec sa mère, elles ont dû quitter leur joli pavillon pour aller vivre dans un immeuble triste et déprimant. Nola a arrêté ses études et travaille dans un café. Elle n’a aucune idée de ce qu’elle va faire de sa vie. Pour l’instant, elle ne s’autorise pas de chagrin. Elle doit soutenir sa mère qui s’effondre de jours en jours et ne supporte plus aucun bruit. Le mal dont elle souffre est vraiment étrange et cache en réalité un terrible secret de famille qui suinte inéluctablement.

Remuée, je crois que c’est au final ce que je retiendrai de cette lecture assez étrange. Pendant les 100 premières pages, je n’ai pas du tout accroché. Je me sentais complétement extérieure aux souffrances de la narratrice même si je les comprenais parfaitement. Le lendemain, quand j’ai poursuivi ma lecture, mon sentiment s’est totalement inversé et j’ai été touchée par cette jeune femme qui soutient sa mère à bouts de bras jusqu’à inverser les rôles et à la prendre en charge comme si c’était son enfant. Au final, cette histoire a raisonné en moi. Que s’est-il donc passé pour que mon avis sur ce livre change totalement en 24 heures ? Est-ce que les 100 premières pages étaient moins bonnes ? Est-ce que ce n’était pas le bon jour ? Je n’ai pas de réponse et je ne cherche pas à comprendre plus que ça…Tout ce que je sais, c’est que je ne ressors pas indemne de L’effet Larsen.

Les avis de Clara, Géraldine, Keisha, Kathel.
Merci à Clara qui fait voyager ce livre.

BERTHOLON, Delphine, L’effet Larsen, JC Lattès, 2010.

Boomerang – Tatiana de Rosnay

Le temps d’un trajet en voiture entre La Rochelle et chez moi, j’ai dévoré ce livre…

Pour fêter les 40 ans de Mélanie, sa sœur, Antoine a décidé de lui offrir un week-end surprise à Noirmoutier. Sur la route du retour, alors qu’elle était sur le point de lui révéler un secret, Mélanie perd le contrôle de la voiture et c’est l’accident. Antoine en sort miraculeusement indemne mais sa sœur a frôlé la mort. Alors qu’il veille à son chevet, Antoine fait le bilan de ce dernier week-end et de sa vie.

Ni lui ni Mélanie n’étaient retournés à Noirmoutier depuis 1973. Ils étaient alors enfants et c’est là qu’ils ont passé les dernières vacances en compagnie de leur mère, décédée peu de temps après d’une rupture d’anévrisme. Ce week-end a fait ressurgir les fantômes du passé et tous les traumatismes de l’enfance. Mélanie et Antoine ont eu une vie très difficile après la mort tragique de leur maman.

Aujourd’hui, Mélanie est célibataire et n’a pas d’enfants. Elle a beaucoup de mal à trouver l’âme sœur. Antoine, lui, est père de trois enfants et éprouve toujours des sentiments pour son ex, partie avec un autre homme après de nombreuses années de mariage. Son travail d’architecte ne lui plaît plus et quand il se retrouve seul le soir dans son appartement parisien, il déprime. Le week-end, il ne reconnaît plus ses deux ados et les supporte difficilement. Heureusement, il y a Lucas qui n’a pas encore atteint l’âge ingrat.

Le jour où Antoine croise Angèle, sa vie prend un nouveau tournant. Celle que l’on surnomme Morticia est très séduisante et il tombe très vite sous le charme. Outre ses talents au lit, elle est aussi très douée pour aider Antoine à y voir un peu plus clair dans sa vie et à trouver le fragile chemin du bonheur.

Depuis longtemps, je voulais découvrir Tatiana de Rosnay. Les secrets de famille et la fragilité des être humains sont des thèmes que j’aime beaucoup. C’est pour cette raison que j’ai choisi de lire Boomerang. A cela s’ajoute une belle histoire d’amour qui m’a fait penser à Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda. Les sujets abordés dans ce roman sont nombreux et le suspens côtoie la profondeur psychologique des personnages. Il n’en fallait pas plus pour que je sois conquise !

DE ROSNAY, Tatiana, Boomerang, Le livre de poche, 2010.

L’amour secret – Paola Calvetti

A la mort de son père, Lucrezia, violoncelliste de talent, découvre des lettres d’amour soigneusement classées et rangées dans une boîte. Son père avait une maîtresse, Costanza, passionnée de musique comme lui. Personne dans la famille ne soupçonnait l’existence de cette relation cachée.

La jeune femme décide d’aller rendre visite à Costanza, en Provence, le temps d’un week-end. La vieille dame, âgée de 74 ans, accepte de lui parler de cette relation qui a marqué à jamais son existence.

Premier roman de Paola Calvetti, L’amour secret raconte une histoire d’amour illégitime qui a duré toute une vie, dans le secret des cœurs. Le sujet me semblait plaisant mais je suis restée tout à fait extérieure à cette histoire, à ces sentiments pourtant décrits de manière remarquable. La musique classique est omniprésente -on la retrouve d’ailleurs dans les titres et l’organisation des différents chapitres- et cela ravira sans doute les passionnés.

CALVETTI, Paola, L’amour secret, Presses de la cité, 2010.

« La bâtarde d’Istanbul » d’Elif Shafak

Quatrième de couverture :

« Chez les Kazanci, Turcs
d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour
et parlent avec les djinns, tandis que les hommes s’envolent trop tôt pour l’au-delà ou pour l’Amérique. Chez les
Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux Etats-Unis dans les années 20,
quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son
identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le
remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent
l’indignation générale.

Quand, à l’âge de vingt et un ans, la
fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son
peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse
famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush
Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la “bâtarde”, va faire
voler en éclats les secrets les mieux gardés…
« .

Un livre que je voulais lire depuis longtemps, un livre que j’avais mis sur ma liste pour le challenge Lire autour du monde l’année dernière, un livre qui trainait sur ma PAL depuis plusieurs mois et que j’ai enfin lu pendant les vacances de Noël. Je l’ai dévoré. Les personnages d’Armanoush et d’Asya, toutes deux à leur manière en quête d’identité, m’ont beaucoup plu. On sent le poids de la famille et des traditions  -turques ou arméniennes- dans leurs attitudes et dans leurs choix. Pas évident d’être soi-même quand on vit avec un entourage si présent, si intrusif… J’ai eu parfois un peu de mal à m’y retrouver entre les membres de ses deux familles nombreuses, c’est le seul petit bémol de cette histoire.

La Turquie est un pays que je ne connais pas mais qui figure en bonne place sur ma liste de pays à visiter…

SHAFAK, Elif, La bâtarde d’Istanbul, 10/18, 2008.

« Kivousavé » : princesse japonaise ou pute ?

Quand la narratrice était petite et qu’elle entendait sa grand-mère -« la vieille »- parler de « qui vous savez » avec ses copines venues prendre le thé à la maison, elle pensait qu’il s’agissait d’une princesse japonaise et que ça s’écrivait « Kivousavé ». Mais en grandissant, elle a bien vite compris de qui on parlait. Kivousavé, c’est sa mère qui est partie sans laisser d’adresse quand elle avait deux ans. Son père et sa grand-mère lui on fait croire pendant longtemps qu’elle était morte mais ce n’était pas vrai.

Pourquoi est-elle partie ? Pourquoi sa grand-mère la surnomme la pute ? Que s’est-il passé ? Pourquoi la vieille est-elle si méchante ? C’est un vrai mystère…

La narratrice essaie de trouver des réponses mais tout cela n’est pas facile quand on vit  dans un endroit qui ressemble à une prison et qu’on a un père faible et lâche qui obéit aux ordres de sa mère sans broncher, même quand ces ordres vont à l’encontre du bien-être de sa propre fille.

Un roman sur le thème du secret de famille -encore et toujours dévastateur…- de la recherche des origines, de l’adolescence, de l’amour. Un roman qui devrait plaire aux adolescents et surtout aux adolescentes de fin de collège ou de lycée.

Une histoire dans laquelle j’ai eu un peu de mal à rentrer puis, finalement, je l’ai dévorée jusqu’à la fin. Le dénouement laisse quelques questions en suspens mais finalement, ce n’est pas plus mal que ce ne soit pas « tout est beau dans le meilleur des mondes… ».

HAMMER, Béatrice, Kivousavé, Éditions du Rouergue, 2008.

« Le mystère des jardins perdus » d’Anthony Eglin

Jamie, une jeune californienne, vient d’hériter d’un manoir du dix-huitième siècle dans le Somerset. Ce qui est incroyable, c’est qu’elle ne connaît pas le major Ryder, l’homme qui lui légué sa fortune.

Le manoir, et surtout ses vastes jardins qui faisaient jadis partie des plus beaux d’Angleterre, sont dans un état lamentable -ils ressemblent à une véritable jungle- mais Jamie décide de quitter les États-Unis pour venir s’installer dans sa nouvelle demeure. Elle embauche Lawrence Kingston, un professeur de botanique, et se lance avec lui dans un projet extrêmement ambitieux de remise en état des jardins.

La découverte d’un squelette dans le puits de la chapelle et les divers « incidents » qui s’en suivent transforment ce projet d’envergure en enquête policière. Kingston, expert en horticulture, devient petit à petit un véritable détective, aussi curieux que déterminé. Qui est donc le major Ryder dont Jamie a hérité ? Comment a t-il construit sa fortune ? A qui appartient le squelette retrouvé dans le puits ? Autant de questions auxquelles Kingston va s’efforcer de répondre.

Voilà un petit roman sans prétentions dans lequel je me suis laissée entrainer avec joie même si, c’est certain, je l’oublierai bien vite. Mais c’est aussi ça le lecture : passer de bons moments à s’évader même si c’est éphémère et sans suite. Je ne suis pas une grande fan de polars. Mon avis ne rejoindra donc peut être pas celui des spécialistes… D’ailleurs, s’il y en a parmi mes lecteurs, qu’ils n’hésitent pas à laisser un commentaire !

Les amateurs de jardins se régaleront sans doute à la lecture de ce roman. Ils pourront suivre avec moult détails l’avancée  des travaux de restauration, les recherches dans les archives pour savoir à quoi ressemblaient les jardins au temps de leur splendeur, le projet de création de la roseraie et du vignoble, le travail d’équipe de tout le personnel, etc. L’auteur est un fin connaisseur du sujet, ça se sent !

Personnellement, ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressée dans Le mystère des jardins perdus. J’ai été plus sensible à la personnalité de Kingston, à sa relation avec Jamie et surtout à tout ce mystère qui plane autour du manoir et de son ancien propriétaire. Plus je réfléchis, et plus je m’aperçois que le mystère et le secret sont des thèmes que j’affectionne particulièrement en littérature.

Merci à Blog-o-Book et au Livre de poche pour cet envoi.

D’autres avis par ici.

EGLIN, Anthony, Le mystère des jardins perdus, Le livre de poche, 2008.

« Les déferlantes » de Claudie Gallay

Premier livre lu dans le cadre du défi Blog-o-trésors ! Je le voulais depuis longtemps mais impossible de mettre la main dessus à la médiathèque. J’ai fini par le réserver et ouf, il est arrivé !

Beaucoup l’ont déjà lu et comme je suis un peu (très ???) fainéante en ce moment, j’ai décidé de ne pas me fatiguer à faire un résumé. La quatrième de couverture est très bien !

« La Hague… Ici on dit que le vent est parfois
tellement fort qu’il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du
monde en pointe du Cotentin vit une poignée d’hommes. C’est sur cette
terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l’automne.
Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe
les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu’elle voit
Lambert, c’est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la
vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit
reconnaître en lui le visage d’un certain Michel. D’autres, au village,
ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar,
ou son père, l’ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux
jouets réapparaissent. L’histoire de Lambert intrigue la narratrice et
l’homme l’attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les
lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à
taire. »

Que rajouter de plus à tout ce qui a déjà été dit sur ce magnifique roman ? Comme beaucoup, j’ai été engloutie par l’atmosphère qui se dégage de ce texte et de cet univers de bout du monde. La mélancolie , le doute et la solitude m’ont envahie. Le vent, le froid et la pluie m’ont frigorifiée. J’ai aimé manger à l’auberge et boire un verre au bar, me promener sur les falaises ou en bord de mer et rendre visite aux vieux du village. J’ai admiré les sculptures de Raphaël, j’ai observé la vie des gens, etc. Impossible de me détacher de ce livre avant la fin… Il faut dire  aussi que j’aime beaucoup les histoires où il y a un mystère à percer, un secret à découvrir.

C’était ma première rencontre avec cet auteur, je pense que ce ne sera  pas la dernière…

La liste de ceux qui ont lu Les déferlantes est longue : Antigone, Clarabel, Cathulu, Leiloona, BelleSahi, Gawou, Clochette, Emmyne, Véronique, Mireille, Keisha, Sylivie. N’hésitez pas à me laisser un commentaire si je vous ai oublié !

GALLAY, Claudie, Les déferlantes, Editions du Rouerge, 2008.

« Il y a longtemps que je t’aime », un film de Philippe Claudel

Juliette (Kristin Scott Thomas) vient de passer quinze ans en prison sans voir famille ni amis. A sa sortie, sa sœur Léa (Elsa Zyberstein) qui n’a pris de ses nouvelles que récemment, vient la chercher pour qu’elle vienne vivre chez elle le temps de voir venir. Les retrouvailles ne sont pas faciles, d’autant qu’un lourd secret pèse autour de l’emprisonnement de Juliette.

Je n’ai pas eu l’occasion de voir ce film à sa sortie au cinéma mais heureusement, il est désormais disponible en DVD. Autant le dire tout de suite, j’ai eu les larmes aux yeux à la fin et ça m’a vraiment remué les tripes. Il faut dire que j’affectionne tout particulièrement les livres (et aussi les films !) qui ont pour thème le secret. Si j’ai plus ou moins deviné celui-ci très rapidement, Philippe Claudel est quand même doué pour nous donner les pièces du puzzle au compte-goutte. En plus, les deux actrices principales sont vraiment remarquables. Un film à voir donc, si ce n’est pas déjà fait !

Antigone
, Tamara et Papillon l’ont vu aussi.

« L’enfant de Guernica »

Emilio est encore enfant quand, le 26 avril 1937, la ville de Guernica est bombardée par les franquistes. Ce jour-là, il se trouve sur le marché avec toute sa famille. Malheureusement, il est le seul survivant…

De nombreuses années plus tard, sa fille, Isaura, devient bénévole à l’ARMH (Association pour la Réhabilitation de la Mémoire Historique). Avec des archéologues, elle doit exhumer les corps des victimes du régime de Franco entassés dans une fosse commune.

Isaura s’interroge beaucoup sur le passé de son père car celui-ci est étrangement muet sur tout ce qui concerne sa vie avant son mariage. Elle fait beaucoup d’hypothèses mais elle est bien loin d’imaginer la vérité…

                                        

L’enfant de Guernica est un superbe roman historique, construit avec intelligence et très bien documenté sur une période tragique du vingtième siècle. A travers l’histoire du jeune Emilio, Guy Jimenes montre toute l’horreur du massacre de la population civile espagnole à Guernica et les conséquences d’une telle tragédie sur ceux qui l’ont vécue. Il propose également une réflexion intéressante sur le devoir de mémoire et la nécessité, pour les victimes, d’oublier pour continuer à vivre.

A lire donc, de toute urgence, pour l’aspect historique bien sûr, mais aussi pour la relation entre un père brisé dans son enfance et sa fille qui cherche à découvrir ce que son papa peut bien cacher…


Ce livre fait partie de la sélection du prix des Incorruptibles 2009 pour le niveau 3ème/2de.

Le site de l’auteur.

JIMENES, Guy, L’enfant de Guernica, Osaer Editions, 2007.

« Laver les ombres » de Jeanne Benameur

Les portraits de deux femmes.
Léa, la fille, s’épuise dans la danse et fait souffrir son corps pour atteindre la perfection mais aussi pour combattre le mal être qui l’envahit régulièrement, pour se sortir du gouffre qui l’empêche de vivre pleinement son amour avec Bruno, un peintre.
Romilda, la mère, est une vieille dame qui vit seule avec un secret qui lui pèse lourd sur le cœur, trop lourd…A Naples, pendant la guerre, alors qu’elle n’a que 16 ans, l’homme qu’elle aime lui promet le mariage et la fait travailler dans une maison close.

Mais comment raconter la triste vérité à sa fille alors qu’elle a tout gardé pour elle depuis le début ? Est-ce que Léa va être capable de tout entendre ? Est-ce que Romilda va pouvoir vaincre sa honte et parler ? C’est un soir de tempête où tout le monde est barricadé chez soi que tout va se jouer…

                           

Laver les ombres est un roman face auquel on peut difficilement rester insensible en raison de son thème mais aussi de son écriture. Jeanne Benameur m’a fait vibrer. J’ai eu l’impression de devenir Léa, d’affronter la tempête avec elle… J’ai eu envie de pleurer avec Romilda et de l’aider. L’amour entre la mère et la fille, l’effet de vases communicants entre le psychisme de l’une et de l’autre m’a bouleversée. Bref c’est un vrai coup de cœur !

Quelques extraits:

Alors elle plonge la main sous le lit. Elle attrape un livre, toujours le même. Un vieux livre aux pages fatiguées, aux bords cornés. Un livre d’amour. Et elle lit. Désespérément.

Que les mots au moins l’emportent. Loin. Loin. (p.18)

Petite, elle a appris à guetter les signes de ce qu’on cache. C’est dans le corps que cela a lieu. Et cela reflète aussi, partout autour. Les mots ne viennent qu’après. Ou pas. (p. 36)

Apprendre à trébucher.
Intégrer le faux pas.
En faire sa danse.

Apprendre la marche imparfaite de tous ceux qui ont dans le corps un poids qui se déplace et les entraîne. Sans qu’ils y puissent rien.

Et danser avec ça.

Tous. Des semblables. Qui tentent de rétablir l’équilibre. A chaque pas. Entravés, empêtrés dans les vies et les histoires qui s’agrippent, déséquilibrent. (p.159)

Lire les avis extrêmement enthousiastes de Clarabel et de BelleSahi et aussi celui de Julie.

BENAMEUR, Jeanne, Laver les ombres, 2008.

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