1, 2, 3 soleil ! – Gaëtan Dorémus

Le crocodile en a assez des contes de fées et des histoires. Il voudrait vivre des vraies aventures plutôt que de regarder les autres les vivre dans les livres.

L’ours a une vie bien rangée et très routinière. Il passe ses journées devant un écran d’ordinateur et mange des sandwichs tous les midis. Il aimerait que cela change.

Le cochon est un doux rêveur et il voudrait bien partir ailleurs pour de vrai.

Les trois animaux, tous différents mais tous insatisfaits de leur quotidien, se retrouvent par hasard au bord de l’eau devant un bateau à vendre. C’est le début d’une grande aventure qui va changer leur vie.

1, 2, 3, Soleil ! est un petit album au format carré destiné aux jeunes enfants. Le texte est court et les illustrations très expressives. Les petits lecteurs se reconnaîtront sans doute derrière le crocodile, l’ours ou le cochon. Ou peut être derrière les trois d’ailleurs. Ne sont-il tous pas à la fois aventuriers, routiniers et rêveurs ?

L’originalité de ce livre réside dans les illustrations colorées de Gaëtan Dorémus qui sortent de ce que l’on a l’habitude de voir et dans la poésie qui se dégage de l’histoire. C’est une belle invitation au voyage, à l’amitié et à la solidarité.

DOREMUS, Gaëtan, 1, 2, 3, Soleil !, Autrement jeunesse, 2015.

Une preuve d’amour – Valentine Goby

En classe, Sonia travaille sur Les Misérables avec son professeur de français. Fantine est-elle une mauvaise mère ? Aimait-elle vraiment Causette, sa fille ? A t’on le droit d’abandonner son enfant ? Dans la classe, les avis divergent et le débat est animé. Le prof, lui, essaie de montrer que les apparences sont souvent trompeuses

Sonia observe Abdou, un élève discret qui vient d’arriver dans la classe et qui ne parle jamais ou presque. Il bouillonne, tremble, frappe silencieusement ses poings l’un contre l’autre. Jusqu’au moment où il se lève, lance une courte phrase et s’enfuit en courant. Le roman de Victor Hugo fait écho en lui pour des raisons très personnelles. Il résonne aussi en Sonia…

Les jours qui suivent, Abdou ne remet pas les pieds en classe. Personne n’a de nouvelles de lui. Sonia le croise une fois ou deux en ville et tente de lui parler. Il promet de revenir en classe mais ne le fait pas. La jeune fille part à sa recherche et tente de le comprendre. C’est le début d’une belle histoire d’amour.

Une preuve d’amour est un joli roman qui traite de l’immigration, de l’amour maternel, de la difficulté de se construire quand on vit des choses difficiles et de la solidarité. Le dénouement ne tombe pas dans la facilité et c’est tant mieux.

C’est un petit livre que je ne manquerai pas de conseiller autour de moi car il véhicule un message important, surtout à not. Il nous offre la preuve, une fois de plus, qu’on peut aborder des sujets sérieux et difficiles en littérature de jeunesse sans pour autant heurter la sensibilité des enfants ni les prendre pour des imbéciles. 

GOBY, Valentine, Une preuve d’amour, Éditions Thierry Magnier, 2013.

Et puis Paulette… – Barbara Constantine

Ferdinand vit seul dans une grande ferme depuis que son fils, sa belle-fille et ses petits enfants ont déménagé. Il ne sait pas trop pourquoi ils sont partis. Il y avait pourtant de la place pour tout le monde chez lui. Il se dit que sa belle-fille ne supportait sans doute plus sa personnalité bourrue et son vocabulaire fleuri. Quant à son fils, il n’a jamais vraiment dialogué avec lui alors ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer ! Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est qu’il voit beaucoup moins ses petits-fils, les deux Lulus.

Un jour, ces deux garnements profitent du fait d’être seuls chez eux pour aller rendre visite à leur grand-père. Quand un orage éclate et qu’ils découvrent que la maison de la voisine prend l’eau tellement le toit est en mauvais état, ils demandent à Ferdinand pourquoi celui-ci n’accueille pas la vieille dame chez lui. Tout est simple dans l’esprit des enfants, c’est bien connu. Mais cette Marceline, Ferdinand la connaît à peine ! Tout ce qu’il sait d’elle, c’est qu’elle vend les légumes de son jardin sur le marché et qu’elle se balade avec un âne et une carriole car elle n’a pas de voiture. C’est peut pour héberger quelqu’un !

Après une nuit sans sommeil pendant laquelle tout cette histoire trotte dans sa tête, Ferdinand décide finalement que ses petits-enfants ont raison. Il ne sait pas trop comment il va amener les choses à Marceline – les mots, c’est pas trop son truc…- mais elle ne peut plus continuer à vivre dans ces conditions.

Contre toute attente, la voisine accepte la proposition du vieil homme. De fil en aiguille, d’autres personnes vont les rejoindre à la ferme. C’est le début d’une colocation où retraités, personnes agés mais aussi jeunes étudiants vont vivre ensemble pour leur plus grand bonheur.

Comme dans Tom, petit Tom, tout petit homme, les personnages de ce roman sont attachants. Ils ont tous leur personnalité et leurs petits défauts mais cela les rend touchants. L’humour permet notamment de dédramatiser certaines situations. Ferdinand, Marceline, Guy et les autres traînent aussi quelques vieilles casseroles que l’on découvre petit à petit au détour d’une phrase ou d’une conversation.

Et Puis Paulette… est donc une histoire pleine d’humanité. Trop pleine peut-être… Et c’est là le principal reproche que l’on peut lui faire. La gentillesse et le joie de vivre sont d’excellentes choses mais dans la vraie vie, les difficultés ne se surmontent pas aussi facilement. La vie en communauté et la vieillesse ne sont absolument pas idylliques, loin de là, et à force de bon sentiments, le roman devient gentillet.

Reste quand même, outre les personnages, une écriture agréable et une réflexion intéressante sur la solitude et la solidarité entre générations.

Un grand merci à Leiloona qui fait voyager ce livre.

CONSTANTINE, Barbara, Et puis Paulette…, Calmann-Lévy, 2012.

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