Edmond – Léonard Chemineau, d’après la pièce d’Alexis Michalik

Paris, décembre 1895. La dernière pièce d’Edmond Rostand, La princesse lointaine, est un four. La salle du théâtre de la Renaissance est pleine mais tous les spectateurs sont des invités. L’actrice Sarah Continuer la lecture de « Edmond – Léonard Chemineau, d’après la pièce d’Alexis Michalik »

Le bruit des os qui craquent – Suzanne Lebeau

Une fois n’est pas coutume, c’est d’une pièce de théâtre que j’ai décidé de vous parler aujourd’hui. Une pièce que je n’ai pas vue mais que j’ai lue. Et quelle pièce !!! Le titre, Le bruit des os qui craquent, en dit déjà long… Continuer la lecture de « Le bruit des os qui craquent – Suzanne Lebeau »

Au théâtre de Monsieur Molière -Fabian Grégoire

Il aura fallu que l’auteur-illustrateur Fabian Grégoire vienne au collège pour travailler avec une classe pour que je découvre la collection Archimède de L’école des loisirs. Cette collection d’albums documentaires est passionnante et permet d’aborder des sujets historiques, scientifiques ou autres avec les enfants par le biais de la fiction. Comme toujours quand je travaille avec un auteur, j’ai lu beaucoup des livres de Fabian Grégoire mais j’ai tellement apprécié cette collection que j’ai aussi découvert d’autres titres. Il est d’ailleurs possible que je vous en parle de temps en temps.

Au théâtre de Monsieur Molière, l’album que j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui, retrace un épisode de la vie de Jeannot, un ancien marin de Rouen embauché dans la troupe de Molière deux ans avant la mort du comédien. Nous sommes donc en 1671. Molière a décidé de jouer Psyché au Palais-Royal. Deux mois de travaux sont nécessaires pour installer les décors et la troupe a besoin d’argent. Les comédiens jouent donc Les fourberies de Scapin, une création qui ne nécessite pas d’installations particulières et permet de continuer à travailler sur Psyché.

Jeannot, lui, découvre l’envers du décor. Sous la scène, au dessus et derrière les rideaux se cache un dispositif impressionnant. Des rails, des chariots à roulettes, des treuils, des cordelettes et de multiples autres outils permettent de transformer une forêt en village ou de faire descendre des nuages du plafond. Jeannot est impressionné. Familier des cordages et n’ayant pas du tout le vertige, le jeune garçon s’intègre très vite en aidant à installer les décors. Il aura même un rôle décisif pendant une représentation qui, sans lui, aurait sans doute mal tourné.

Au théâtre de Monsieur Molière est un album passionnant qui permet au jeune lecteur de découvrir l’envers du décor du théâtre. Lorsqu’on assiste à une représentation, on imagine difficilement ce qui se passe en coulisse. Je me souviens avoir visité avec bonheur le théâtre à l’italienne d’Evreux dans l’Eure quand j’étais au lycée ou, plus récemment, le Grand Théâtre de Bordeaux. Quand on n’a pas cette chance, les livres peuvent être un bon palliatif.

Mon seul regret est que les illustrations soient si sombres. Elles sont cependant très réalistes et permettent de se plonger sans problème en plein XVIIème siècle. Comme toujours dans cette collection, quelques doubles pages documentaires composées de textes, de photographies et de documents d’époque permettent de compléter la lecture de la fiction. A découvrir sans hésiter !

GREGOIRE, Fabian, Au théâtre de Monsieur Molière, L’école des loisirs, 2010.

3000 façons de dire je t’aime – Marie-Aude Murail

Chloé, Bastien et Neuville sont des passionnés de théâtre. Ils ont eu le déclic en classe de cinquième, quand leur professeur de français les a emmenés voir une représentation de Dom Juan dans un joli théâtre à l’italienne.

En quatrième, ils ont participé à l’atelier théâtre, mis en place au collège par cette même enseignante. La représentation de fin d’année n’a pas été à la hauteur des espérances de chacun….

En troisième, Bastien, Chloé et Neuville se sont perdus de vue mais n’ont jamais cessé d’aimer le théâtre. Ils se retrouvent par hasard, quelques années plus tard, au conservatoire d’art dramatique. Là, ils sont pris dans le cours de Jeanson, le professeur le plus réputé de la ville. Ils font connaissance jusqu’à former une véritable bande de copains, inséparable et capable d’une entraide formidable.

Chloé, qui est en prépa, doit concilier un rythme de travail infernal et des répétitions nombreuses. Elle doit aussi faire face à ses parents qui lui mettent une pression monstrueuse par rapport à l’école et laissent peu de place aux loisirs et à l’épanousissement personnel. Bastien, fils de commerçants, ne pense qu’à faire rire. Il oublie trop souvent qu’au théâtre, il faut aussi travailler. Neville n’a pas une vie facile entre les problèmes financiers et les crises d’asthme de sa mère. Il a du mal à se faire violence pour se donner les moyens de réussir. Passionnés, ces trois là sont prêts à tout pour aller jusqu’au bout de leurs envies.

L’histoire des ces trois jeunes adultes qui évoluent et mûrissent grâce à leur passion se lit le sourire aux lèvres et donne du baume au coeur. Je suis persuadée qu’avoir une passion ou du moins un centre d’intérêt fort est essentiel dans la vie et ce roman le montre bien. Le théâtre permet à Bastien, Chloé et Neville, tous trois en quête d’identité, de se trouver. Ce sont des êtres humains comme les autres, avec des contradictions et des défauts mais ausi beaucoup de force et d’envie de vivre.

Dans 3000 façons de dire je t’aime, Marie-Aude Murail rend également un bel hommage au théâtre. Les textes cités sont nombreux et l’auteur donne vraiment envie de les (re)découvrir. Jeanson est un professeur comme on en rencontre peu. Charismatique, mystérieux, il sait transmettre son amour pour le théâtre et ses connaissances à ses élèves avec talent.

Vous l’aurez compris, c’est un livre que je conseille vivement !

MURAIL, Marie-Aude, 3000 façons de dire je t’aime, L’école des loisirs, 2013.

L’amour est une île – Claudie Gallay

Je l’attendais avec impatience ce livre… Retrouver la plume et l’atmosphère si particulière des romans de Claudie Gallay : c’était pour moi un moment de bonheur en perspective… Et je n’ai pas été déçue même si je préfère de loin la Manche des déferlantes à l’Avignon de L’amour est une île. Et oui entre la mer, le vent et les vagues ou la ville, la chaleur et la foule, mon choix est vite fait !

Cette année là en Avignon, il fait horriblement chaud et la grève des intermittents perturbe très fortement le festival. Mathilde, celle que l’on appelle la Jogar et qui est devenue une actrice célèbre depuis qu’elle a quitté la ville, est de retour au pays. Odon Schnadel, metteur en scène et directeur du Chien fou, un petit théâtre, a appris sa présence par la rumeur. Il a été son amant et elle le hante toujours. Ils vont forcément se croiser. Comment la rencontre va t-elle se passer ?

Malgrès toutes les questions qu’il se pose, Odon doit continuer à diriger sa compagnie et jouer à tous prix cette pièce de Paul Selliès qu’il a montée pour le festival. Marie, la jeune soeur de l’auteur -un inconnu désormais décédé- rôde autour du théâtre et de la troupe. Que veut-elle ? Que cherche t-elle à savoir ? Pourquoi a t-elle un comportement si étrange ?

A l’image de la chaleur ambiante, les personnages de L’amour est une île sont hantés par le passé et le poids des secrets et des non-dits. L’écriture de Claudie Gallay retranscrit à merveille l’ambiance pesante qui règne sur le festival et ses comédiens. Les personnages secondaires sont nombreux et souvent très intéressants. Bref, ce roman est une belle réussite même si je le trouve un peu trop triste et pessimiste à mon goût !

« Odon encaisse. Il regarde son assiette. Il s’est senti coupable souvent. Longtemps. Pour tout. Coupable d’avoir aimé Mathilde, et d’avoir quitté Nathalie, abandonné Juile. On peut être coupable de ses passions« . p. 199

 Un grand merci à Leiloona qui fait voyager ce livre.

GALLAY, Claudie, L’amour est une île, Actes Sud, 2010.

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