TMLP – Gilles Rochier

 Début des années 1970, dans un cité comme beaucoup d’autres. Des barres d’immeubles, des terrains vagues et des jeunes qui n’ont pas grand chose à faire. « Nous à la base on n’est pas des méchants ni des dangereux… tout juste des branleurs des fumistes disaient nos profs, mais pas des mômes méchants. » Les traditionnelles parties de foot et l’échange de compilations de musique sur K7, quelques bêtises parfois, permettent de tuer le temps et de se changer les idées.

Car vous vous en doutez bien, la vie n’est pas toujours rose à la cité. Il y a les autres devant lesquels il faut jouer un rôle pour ne pas se laisser marcher sur les pieds, les grands qu’il vaut mieux éviter car ils ont tendance à prendre les plus petits pour des souffre douleur, le pervers qui se cache dans la foêt, etc.

L’équilibre est fragile. Il ne faut pas grand chose pour tout faire basculer. Une simple insulte fondée ou non, TMLP -Ta Mère La Pute- par exemple, et tout peut dérailler.

Si Lunch ne m’avait pas offert cet album dans le cadre du dernier loto BD, je crois que je ne l’aurais sans doute jamais lu. Le dessin est peu attrayant, les personnages vraiment moches et les couleurs -principalement un dégradé de marron- tristes. Le titre, un brin provocateur, m’a en revanche intriguée.

Au final, je ne regrette absolument pas cette découverte. TMLP est un album poignant dans lequel les conséquences de ces adolescences tourmentées sont suggérées avec beaucoup de finesse. L’auteur, Gilles Rochier, sait de quoi il parle puisqu’il est lui même originaire d’une banlieue et ça se sent dans sa façon d’aorder le sujet. Si je n’ai pas aimé la façon dont les personnages sont dessinés, les barres d’immeubles, la cité et les terrains vagues sont en revanche trés réussis. Quand au fond, on ne peut pas y rester insensible, à moins d’être un monstre d’égoisme.

Une BD à découvrir donc !

ROCHIER, Gilles, TMPLP : Ta mère la pute, 6 Pieds Sous Terre éditions, 2011.

9 pensées sur “TMLP – Gilles Rochier”

  1. Je me retrouve tout à fait dans ton avis. Un réel décalage entre la première impression (liée à l’accueil du graphisme) et le contenu de l’album en tant que tel. Finalement, les dessins portent très bien les propos et la lecture est assez prenante. Contente que cet album t’ai convaincue

  2. Ce qui est certain, c’est que je n’aurais pas ouvert ce livre si je l’avais croisé par hasard en librairie ou en médiathèque. Comme quoi, il faut aller parfois au delà de sa première impression.

  3. Je me souviens qu’au final, j’avais trouvé que le graphisme qui me rebutait un peu servait vraiment le propos. Au final il apportait un plus.

  4. Je suis très heureux d’avoir élargi ton horizon de lecture avec cet album ^^
    J’ai été dans le même cas que toi lorsqu’on m’a dit :  » Lis ça, c’est génial… d’ailleurs c’est au programme de k.bd « . Alors je me suis lancé, et comme souvent quand les copinautes proposent un album, c’est plutôt pertinent.
    Ici on est pas mal chamboulés, ça nous rappelle au social, à ces tours construites pour parquer la misère… Il faut passer outre ces gueules déformées de ces gamins paumés, passer outre les barres grises des HLM, et puis après, il ne reste que l’image d’une société, d’une époque, d’un fait divers qui ne laisse pas indifférent.
    Je te remercie de ta chronique.

  5. A priori, je ne suis pas vraiment tentée mais pourquoi pas, pour une fois, suivre ton avis et les commentaires sans se poser de question. Je vais essayer de le trouver à la bibliothèque…

La parole est à vous !

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