Un bel hommage aux lycéens

En ce moment, je suis en train de lire Une veuve de papier de John Irving. C’est un bon roman mais le problème, c’est qu’il est gros et que depuis trois jours, j’ai acheté Un endroit pour vivre. J’ai découvert Jean-Philippe Blondel il y a peu et en ce moment, je dévore tous ces livres les uns après les autres. Alors voilà, hier soir, j’ai craqué. J’ai abandonné momentanément mon « pavé » pour ce court texte publié dans un collection pour adolescents où les textes sont destinés à être lus à voix haute.

Le narrateur a 16 ans. C’est un jeune homme sans histoires, plutôt réservé, qui aime être en retrait et préfère observer le monde dans lequel il vit plutôt que parler. Un jour, il assiste à une réunion avec tous les délégués de classe et leurs suppléants. Le nouveau proviseur fait remarquer que depuis quelques années les résultats aux examens baissent. Sa conclusion est la suivante : avant d’être un lieu de vie, le lycée est un lieu de travail. Il prend donc une « avalanche de mesures de rétorsion » : « Tenue impeccable, plus personne d’assis dans les couloirs, interdit de trainer dans les bâtiments, plus question non plus de « se frotter » – c’est le terme qu’il a employé – sur les bancs, les pelouses, n’importe où dans l’enceinte de l’établissement. Retour aux mots clés de la réussite : travail, discipline et correction » (p.36). Le narrateur pense que ses camarades vont réagir, qu’ils ne vont pas se laisser faire mais tout le monde encaisse sans broncher, même si beaucoup ne sont pas d’accord avec cette série de mesures.
Puis, en cours d’anglais, suite à une remarque d’un professeur, le déclic se produit. Le jeune homme décide de prendre le caméscope de son père et de filmer tout ce qui se passe autour de lui, dans le lycée. Les lycéens sont là pour travailler, d’accord, mais pourquoi toujours séparer vie et travail ?

 

Jean-Philippe Blondel est prof d’anglais dans un lycée et dans Un endroit pour vivre il rend un bel hommage aux lycéens, à leur joie de vivre, à leur force, à leur sensibilité, à leurs amours, leurs amitiés, à leur vie tout simplement. Il fait également quelques clins d’œil à son métier d’enseignant : c’est suite à un remarque de son prof d’anglais que le jeune narrateur prend la décision de filmer des moments de vie de ses camarades.

A la lecture de ce livre, je me suis faite la réflexion suivante : c’est vrai, on a trop souvent tendance à regarder nos élèves comme des jeunes gens qui sont là pour apprendre et on oublie parfois qu’ils ont une autre vie que celle d’élève. Avant d’être écoliers, collégiens ou lycéens, ils sont enfants ou adolescents comme nous sommes hommes ou femmes avant d’être enseignants.

BLONDEL, Jean-Philippe, Un endroit pour vivre, Actes Sud Junior, 2007.

4 réflexions sur « Un bel hommage aux lycéens »

  1. Il est sur ma LAL mais ton billet me donne encore plus envie ! Je pense effectivement qu’il faut traiter les élèves comme des individus à part entière comme nous sommes nous mêmes pas seulement des professeurs mais des individus avec leurs émotions et leurs joies et peines. Quant à « Une veuve de papier », j’ai adoré ce roman, le premier que je lisais de John Irving.

La parole est à vous !

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