Un cabas bien trop lourd à porter…

Tous les jours, aller au marché, acheter du pain, un morceau de viande et quelques fruits et légumes. Le cabas, pourtant peu rempli, devient de plus en plus lourd au fil du temps qui passe. Manger seule. Attendre le rendez-vous hebdomadaire du club du troisième âge. S’occuper comme on peut.

Faire un chèque à un représentant en vin bien sympathique. Se casser la figure dans la salle de bain. Passer quelques jours à l’hôpital. Retourner chez soi et se retrouver avec Présence verte autour du cou.

Regarder la télé. Le journal régional de France 3 Normandie. Le 13h de TF1. La petite sieste devant Les Feux de l’amour à 13h55. Une petite promenade à pied dans la cour quand il fait beau pour s’aérer. Des chiffres et des lettres et Questions pour un champion en fin de journée.

Continuer à vivre malgré tout. Traîner sa peine. Attendre de rares visites ou un courrier venu de loin avec quelques photos à /l’intérieur. Ne même plus être capable de se faire à manger. L’aide à domicile et le service de portage des repas rythment les journées.

Avoir enterré ses parents puis, son mari, son frère, sa soeur, ses cousins et même un de ses enfants. Accepter d’être la dernière. Se raccrocher à ses arrières petits-enfants. Se souvenir des moments de bonheur.

Se livrer un peu quand même. Avouer ce qu’on est, ce qu’on a vécu, ce qu’on a longtemps tu. Prendre soin de laisser quelques traces de soi chez tous ceux qui comptent. Les préparer au départ.

Puis, profiter de la première occasion venue pour lâcher prise et fermer les yeux, enfin.

C’était ma participation à l’atelier d’écriteure de Leiloona.

10 pensées sur “Un cabas bien trop lourd à porter…”

  1. J’ai encore beaucoup de temps devant moi avant d’arriver à cette étape là mais je n’ai pas hâte non plus !
    Solidarité en ligne : cliquez ici pour soutenir l’association Un Enfant par la Main
    — Envoyé via mailforgood

  2. J’aurais bien voulu que ma mère accepte cette »présence verte  » autour du cou. Mais elle n’était plus mentalement capable de l’accepter.
    Difficile d’écrire ces moments.

  3. Une femme lasse de la vie, mais qui prend soin de laisser trace de son passage sur Terre à tous ceux qui comptent. J’aime beaucoup cette idée de partage avant la toute fin de vie.

  4. Quel texte!! vrai et trop triste;
    surtout si on pense à nos aînés et puis à nous à tout ce qu’on n’a pas fait et qu’on ne fait toujours pas pour eux. Bravo,

La parole est à vous !

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