Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

Jean Philippe Blondel fait partie de ces auteurs que j’ai découvert grâce à la blogosphère. Depuis This is not a love song, publié en 2007, je lis chacun de ses nouveaux romans. Celui-ci se déroule à Paris mais les Landes, région chère à mon coeur, y tiennent un place importante, ce qui n’est pas pour me déplaire. 

Victor, écrivain, rentre de vacances et découvre dans sa boîte aux lettres un courrier qui le plonge de nombreuses années en arrière, à l’époque où il était étudiant en classe préparatoire à Paris. Provincial, originaire d’un milieu que l’on pourrait qualifier de populaire, il est seul et se sent en décalage par rapport à ses camarades. Il ne partage pas leurs codes, n’est pas invité aux soirées et passe son temps à travailler d’arrache pied. Quand il rentre chez ses parents, il ne sent pas complètement à l’aise non plus. S’extraire de sa classe sociale pour vivre une autre vie se fait rarement sans difficultés.

A force de travail, Victor passe en khâgne. Pendant la pause cigarette, il échange quelques mots avec Mathieu, un élève de première année qui est un peu à part lui aussi. Le jour où Victor décide de sortir de sa solitude pour inviter le jeune homme à fêter son anniversaire au restaurant, ce dernier claque la porte de sa salle de cours située à l’étage en hurlant « connard » et saute dans le vide. Au rez-de-chaussée, la bibliothécaire découvre son corps sans vie.

A partir de là, la situation change pour Victor. C’était le seul à connaître Mathieu et une curiosité malsaine mêlée à de la compassion entraînent un regain d’intérêt de ses camardes vis à vis de lui. Mais Victor, tout en se laissant entraîner, est tout à fait lucide sur la situation. Il fait également la connaissance de Patrick Lestaing, le père de Mathieu.

Si je n’ai pas eu un vrai coup de coeur pour Un hiver à Paris, le personnage de Mathieu a tout de même beaucoup retenu mon attention. A plusieurs reprises, Jean-Philippe Blondel m’a parlé de moi. Pas comme sait si bien le faire Annie Ernaux mais on s’en approche tout de même. Ce que ressent Mathieu vis à vis de son milieu d’origine et de son « milieu d’adoption », sa lucidité sur ses propres capacités ou sur la situation à laquelle il est confronté, son rapport au travail scolaire, son parcours pour s’en sortir, sa façon d’envisager l’écriture. J’en ai déjà trop dit, je ne rentrerai pas plus dans les détails, c’est trop personnel, trop intime mais sachez que ce premier rendez-vous avec la rentrée littéraire de janvier a été très concluant !

Le billet et les commentaires très intéressants de Laure.

BLONDEL, Jean-Philippe, Un hiver à Paris, Buchet Chastel, 2015.

11 réflexions sur « Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel »

  1. C’est « marrant » car à la lecture de ton billet je m’aperçois que je n’ai pas mis en avant les mêmes choses que toi (sur la famille d’adoption), pourtant au centre du roman. Blondel est un chouchou de la blogo en effet, oui … je m’aperçois que j’en ai déjà lu pas mal de lui.

La parole est à vous !

%d blogueurs aiment cette page :