Un jour il m’arrivera un truc extraordinaire – Gilles Abier

Elias en est persuadé, un jour il lui arrivera un truc extraordinaire. En attendant, à 13 ans, son physique chétif lui en fait paraître neuf. Au collège et dans son entourage, on a tendance à s’inquiéter de sa pâleur et de ses sursauts à chaque cri ou geste brusque. Mais d’après Franck, son beau-père qui vient d’emménager récemment à la maison, sa mère le couve trop.

Elias passe beaucoup de temps à rêver et à s’inventer des histoires extraordinaires la nuit. Il s’imagine par exemple qu’il vole et qu’il se transforme en oiseau jusqu’au point de le ressentir réellement. Rien de bien grave, me direz-vous, puisqu’il a conscience que c’est son imagination qui travaille. Le problème c’est qu’il finit par être persuadé que son corps est en train de se transformer. Ses ongles deviennent des serres, son nez est désormais un bec et des ailes lui poussent dans le dos. Comment confier un tel secret à Mathilde et Milo, ses deux seuls amis ? Comment continuer à faire comme s’il ne se passait rien devant sa mère et son beau-père ?

Tout le long du roman, le lecteur s’interroge. Sommes-nous face à une histoire fantastique ? Elias est-il réellement en train de devenir un volatile ? Souffre t-il de schizophrénie ? Des zone d’ombres subsistent, le texte ne fournit aucune explication plausible.

Et puis, arrive cette chute. On repense alors à toutes ces scènes énigmatiques et d’un coup, tout s’explique. Quelle maîtrise de la narration ! J’ai bien eu quelques doutes à une ou deux reprises mais je me suis dit que mon imagination était trop fertile. Ce n’était malheureusement pas le cas.

ABIER, Gilles, Un jour il m’arrivera un truc extraordinaire, La joie de lire, 2017.

7 pensées sur “Un jour il m’arrivera un truc extraordinaire – Gilles Abier”

  1. Ce à quoi je pense est vraiment affreux…j’espère me tromper (je vais le lire avant de le proposer à ma grande du coup…au cas où)

    1. C’est de la littérature de jeunesse Galinette. Le sujet n’est donc pas traité de la même manière que dans la littérature pour adulte. On comprend ce qui se passait une fois que le héros est sauvé par sa mère. De plus, il y a réparation. D’un point de vue psychologique, le lecteur est donc protégé. A mon avis, si Rayures à lu Sauveur et fils, elle est tout à fait capable de lire celui-ci. Tu me diras ce que tu en penses quand tu l’auras lu, hein ?

La parole est à vous !