Une arme dans la tête – Claire Mazard

Conan l’Effaceur est un enfant soldat. Alors qu’ils jouent à la guerre avec des fusils en bois dans la forêt, lui et son ami d’enfance sont enrôlés de force. Ils suivent un soldat qui sait attiser leur curiosité jusqu’à un campement où on les fait boire et fumer. Malgré les promesses qui sont faites, ils ne reverront jamais leur famille.

Persuadé d’être un libérateur pour son pays, Conan l’Effaceur obéit aux ordres, encaisse les humiliations sans broncher et éprouve beaucoup de fierté quand ses supérieurs lui font des compliments ou le font monter en grade. L’alcool et la drogue l’aident à commettre les pires atrocités y compris auprès des femmes et des enfants.

Son ami Cobra est toujours en retrait. Il n’adhère pas aux agissements de ces troupes de mercenaires comme Conan l’Effaceur. C’est sans doute pour cette raison qu’un soldat l’abat froidement.

Cet évènement est un déclencheur pour Conan qui prend immédiatement la fuite à travers la forêt. Il est recueilli par la père Juliat qui organise rapidement son départ pour la France.

Mineur isolé étranger, Conan essaie d’oublier son surnom et réapprend à répondre à son vrai prénom, Apollinaire, dans un foyer parisien. La route vers une nouvelle vie est longue et semée d’embûches. Le jeune homme essaie de donner le change face aux autres mais son rire sonne faux et ses nuits sont hantées par les cauchemars. Son passé ne le quitte jamais.

Une arme dans la tête est le genre de roman qu’on lit d’une traite. Dès les premières pages, le lecteur est happé par la vie de Conan et espère qu’Apollinaire va s’en sortir. Au moment où commence l’histoire, Conan vient de perdre son ami et fuit. Le récit alterne donc entre le présent et le passé, entre la reconstruction du jeune homme et ses années d’enfant soldat. Le ton est juste, le texte rythmé et on quitte ce garçon si attachant à regret en refermant le livre.

L’avis de Mirontaine.

MAZARD, Claire, Une arme dans la tête, Flammarion, 2014.

4 pensées sur “Une arme dans la tête – Claire Mazard”

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