Une partie de chasse – Agnès Desarthe

Tristan et sa femme, Emma, ont du mal à s’intégrer dans le village de campagne où ils vivent depuis quelques temps. Elle souffre de cette solitude et aimerait bien connaître un peu de monde mais ce n’est pas facile. Alors, elle a une idée : Tristan pourrait accompagner les hommes à la chasse. Ici, c’est un plaisir de se promener en forêt, entre mâles, le fusil à la main. L’idée de tuer un animal effraie le jeune homme et il n’a pas vraiment envie de passer du temps avec trois lourdingues mais il accepte quand même, pour rassurer sa femme.

Pendant la partie de chassse, Tristan blesse un lapin sans trop savoir comment. Les autres n’ont rien vu alors il le cache dans sa gibecière. Il le sait bien pourtant, l’annonce de la mort de cet animal entrainerait son intégration dans le groupe mais il préfère essayer de le sauver. Un dialogue imaginaire entre l’homme et l’animal débute alors. Tristan revient sur son enfance malheureuse et toujours à l’écart des autres, sa mère défaillante, son séjour à Londres après le décès de celle-ci puis sa rencontre avec Emma. Il se pose des questions sur lui-même et sur le sens de sa vie.

Parallèlement, la journée tourne au drame : Dumestre, l’un des hommes, a un accident. Pendant que les deux autres vont chercher du secours, Tristan tente de le sauver. Les élèments se déchaînent et les secours n’arrivent pas. Tristan se retrouve face à Dumestre qui, même dans l’incapacité de bouger, fait preuve d’un caractère fort désagréable. Mais il doit aussi et surtout se faire face à lui-même.

Le passé se mêle au présent, le récit prend parfois des allures de fable poétique et devient de plus en plus de profond au fil des pages. Ce qui devait être une simple partie de chasse se révèle être bien plus que cela. Qui est le chasseur ? Qui est le chassé ? Qui est l’homme ? Qui est la bête ? Qui est le plus fort ? Qui est le plus faible ? Les cartes semblent changer de mains au fur et à mesure de la partie.

« Nous nous battons sans cesse, contre nous-mêmes, contre notre instinct, nous cherchons, nous errons, nous nous trompons et, grâce à ces détours, à ces refus, nous nous élevons, au sein même de notre chute, nous volons, nous transcendons . » p. 120

Une partie de chasse n’est pas un roman optimiste, c’est le moins que l’on puisse dire. Tristan est un vrai anti-héros qui commence à entrer dans l’âge adulte et traîne déjà derrière lui de nombreuses casseroles. Cette journée où tout va de mal en pis ressemble à une sorte d’initiation. Le dénouement est assez ouvert et on se dit que tout est possible, que ce qui est arrivé à Tristan va peut être lui permettre de grandir et de tirer les bonnes conclusions pour sa vie future. Il faut être optimiste !

DESARTHE, Agnès, Une partie de chasse, Éditions de l’Olivier, 2012.

11 pensées sur “Une partie de chasse – Agnès Desarthe”

  1. Pas l’air très gai tout ça ! Jamais lu Desarthe, même en jeunesse. Je crois que c’est par là que je commencerais (avec ses romans publiés à L’école des loisirs), je suis plus tenté par sa production à destination des enfants.

La parole est à vous !

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