Une photo, quelques mots #41 : La fuite

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© Vincent Héquet

Isabelle, Pierre et Thomas passaient chaque mois de juillet à Salerne, chez leur grand-mère. 1200 m² de terrain, un poulailler sur le mur duquel étaient accrochées deux cages à tourterelles, des cerises mangées à même l’arbre, une simple clôture à franchir au bout de la cour pour accéder à la forêt, une grange digne de la caverne d’Ali Baba et pas de parents pour dire non tout le temps. C’était le paradis sur Terre !

Cet après-midi, il pleuvait et mamie Jeanne était occupée avec ses amies à la préparation de la traditionnelle fête de la Saint Fiacre organisée chaque année dans la commune par le comité des fêtes dont elle était la présidente. Les déclarations à faire à la Sacem et le nombre de réservations à un mois du jour J ne captivaient pas vraiment les trois cousins qui tournaient en rond dans les trois pièces de la petite chaumière normande.

C’est Pierre qui eut l’idée d’aller explorer le grenier. Petite est notre maison, grand notre cœur disait le porte clé mural de l’entrée sur lequel le précieux sésame qui permettait d’accéder à l’étage était accroché. Là haut, ils avaient fouillé un peu mais, à part une ou deux vielles malles et quelques bricoles, il n’y avait pas grand chose d’intéressant pour des enfants. Quelle déception !

Pierre et Thomas regardaient les voitures passer sur la route depuis la vieille fenêtre en essayant de reconnaître celles des habitants du village. A travers les gouttes d’eau, ce n’était pas simple ! Ils n’entendirent pas Isabelle arriver. Recouverte d’un drap blanc, elle leur susurra un « Ouh » terrifiant. Les deux garçons détalèrent à toute vitesse et plus personne ne remit les pieds dans le grenier cet été là.

C’était ma participation à l’atelier d’écriture de Leiloona. J’ai eu du mal avec ce texte, avec la fin surtout. Écrire au passé n’étais sans doute pas une bonne idée.

21 pensées sur “Une photo, quelques mots #41 : La fuite”

  1. J’aime lire ton joli texte avant de partir au travail. Ah les souvenirs d’enfance, les explorations entre cousins !!

  2. Le choix d’écrire au passé n’est pas du tout une mauvaise idée, surtout quand on évoque l’enfance.Ton premier paragraphe donne le ton d’un texte joliment nostalgique.

    1. C’est pour le dernier paragraphe que j’ai eu du mal avec le passé en fait. Merci des tes remarques, ça aide à progresser.

  3. C’est vrai que les greniers recèlent de fantômes et de souvenirs d’enfance ! Une jolie idée autour d’une photo qui semblait un peu sombre au premier abord et à laquelle tu donnes un côté joyeux.

  4. Un sourire qui fait du bien !!!….Je ne vois pas de problème avec le choix du passé, ça colle bien avec les souvenirs de vacances dans la maison de mamie….J’adore les frayeurs que les enfants arrivent à se faire parfois avec pas grand-chose….Bon il faut dire que ce grenier est quand même inquiétant si c’est le même que sur la photo !!!!….J’imagine bien une paire de jumeaux et une grande sœur qui n’a pas résisté à la tentation!!!

  5. Je suis d’accord sur les deux choses : ton texte est plein de fraîcheur d’enfance, et le graphisme de ton en-tête de blog est superbe.

    1. Merci Claude. L’en-tête est nouvelle et je viens tout juste de migrer mon ancien blog vers celui-ci. Savoir qu’il plaît me fait vraiment plaisir.

  6. Jolie ambiance, de la douceur, des souvenirs d’enfance. Adorable. Quelques petites erreurs (n’intéressaient) ou répétition à corriger (porte clé, clés, intéressaient, intéressant…) Sinon le ton est juste parfait et le passé/imparfait se prête très bien à ce style d’histoire. Bravo!

    1. Merci Benoit pour ces remarques tout à fait justifiées et qui permettent de progresser. J’ai fait quelques corrections.

La parole est à vous !