Une photo, quelques mots #43

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas participé à l’atelier d’écriture de Leiloona. Le temps défile et souvent, je préfère lire plutôt qu’écrire. Mais l’envie est toujours enfouie au fond de moi. Cette semaine, je me suis lancée avec un petit texte qui mélange réflexions personnelles et souvenirs « volés » à une personne qui serait bien surprise si elle me lisait !

atelier-d-ecriture

© Leiloona

Chaque été, c’était le même rituel. Mon père allait chercher la caravane qui venait de passer les onze derniers mois de l’année dans le hangar d’un agriculteur des environs. Il la garait devant la maison et ma mère faisait des aller-retours les bras chargés de tout ce dont nous aurions besoin pour les quatre ou cinq semaines à venir. Avant le 14 juillet, nous prenions la route direction la côte méditerranéenne. Notre destination : un petit camping auto-géré où je retrouvais les mêmes copains d’une année sur l’autre. Notre emplacement était situé dans la dernière allée, juste à côté du chemin d’accès à la plage. Un pin parasol nous protégeait du soleil et mes parents étaient au calme, loin des sanitaires ou de la route. A peine arrivé, j’enfilais mon maillot de bain et je courrais à l’assaut des vagues. C’est là que j’ai fait mes premiers châteaux de sable, que s’est formée la belle cicatrice dont on trouve toujours trace sur mon genou gauche, que j’ai embrassé un garçon pour la première fois. Juste après le 15 aout, nous rentrions à la maison et, le jour de la rentrée scolaire, mon bronzage faisait des envieux. Ceux qui étaient restés en Normandie pendant les deux mois de vacances étaient bien pâles à côté de moi.

Des années après, je repense souvent à cette époque bénite et à ce petit coin de paradis. J’ai eu l’occasion d’y retourner à plusieurs reprises mais je m’y suis toujours refusée. Aller en pèlerinage sur les lieux de son enfance, c’est forcément être déçu.

22 réflexions sur « Une photo, quelques mots #43 »

  1. Tu crois que c’est forcément être déçu ? Je ne sais pas … ça peut être apaisant de revenir sur les lieux de son enfance, on peut y trouver des clés pour l’avenir et, qui sait, faire des nouvelles rencontres !

    1. On n’est plus les mêmes, on a évolué, les personnes et les lieux ont changé. Pour moi, il vaut mieux y revenir uniquement en pensée. On peut aussi trouver de l’apaisement de cette façon, non ?

  2. Bonjour, ça fait plaisir de te retrouver ici avec ce texte frais et limpide….La conclusion se discute bien sûr et c’est justement interessant de voir qu’elle divise …..Du coup j’y ai réfléchi et je me suis dit que les souvenirs sont souvent plus jolis quand ils ne sont pas confontés à une réalité qui a forcément changé…..

    1. Cette conclusion, j’aurais peut être dû l’amener autrement. En montrant plutôt qu’en disant les choses mais j’avoue que je ne savais pas trop comment m’y prendre. Il aurait fallu une histoire plus complète et un narrateur plus dense.

  3. J’adore ta dernière phrase, avec laquelle je suis bien d’accord. Et quand ces endroits ne nous déçoivent pas, ils nous emplissent de nostalgie et de tristesse. C’est quelque chose que j’expérimente depuis quelques années et que j’ai du mal à accepter mais c’est comme ça 😛

    1. J’arrive à prendre du recul sur ces moments là pour ne garder que le bon côté et ne pas me laisser envahir par la nostalgie mais je comprends que cela puisse être difficile.

  4. Un texte nostalgique et tout en douceur. C’est vrais que le risque d’être déçu en revenant sur les lieux de nos souvenirs est grand, mais c’est parfois tellement tentant.
    Merci pour ce joli texte !

  5. Le retour dans les lieux de l’enfance c’est un peu pile ou face : soit on est heureux soit on est déçu car le souvenir qu’on en avait était différent… en même temps, il est difficile de confronter sa mémoire d’enfant avec son vécu d’adulte.

La parole est à vous !