Une rencontre pas comme les autres

Parfois, dans la vie on fait des rencontres marquantes, des rencontres qui nous ouvrent les yeux, qui nous permettent de voir le monde qui nous entoure autrement. En invitant Fazal-Ur Rehman Afridi au lycée, je savais que son discours ne laisserait pas les élèves insensibles. Pendant 2 heures, on aurait entendu une mouche voler. D’habitude, il faut se battre pour avoir un peu d’attention…

 

Fazal-Ur Rehman Afridi est un journaliste pakistanais réfugié politique en France depuis 2009. Militant des droits de l’Homme et plus particulièrement de la femme, il a été obligé de fuir son pays sous les persécutions des talibans. En France, il a été aidé par Reporters Sans Frontières et la Maison des Journalistes. Il nous a raconté son pays et les causes qu’il défend.

Quelques phrases que j’ai entendues dans la bouche des uns et des autres :

« Quand on éduque un homme, on éduque une personne. Quand on éduque une femme, on éduque une famille. »

« Une personne qui parle plusieurs langues est polyglotte, une personne qui parle deux langues est bilingue, une personne qui ne parle qu’une seule langue est… française ! »

« Je parle 10 langues. »

« Une langue c’est fait pour communiquer. Il ne faut pas avoir honte si on parle mal. L’important c’est de comprendre et de se faire comprendre. »

« Au Pakistan, la France est connue grâce à Reporters sans Frontières. »

« Vous devez défendre vos droits car si vous ne le faites pas, vous risquez de les perdre. Et pour défendre ses droits, il faut avant tout les connaître. »

« Au Pakistan, les femmes n’ont pas de droits. Elles sont considérées comme des esclaves et ne peuvent pas combattre contre ça car elles ne sont pas éduquées. »

« Est-ce que vous regrettez vos combats ? »

« Les talibans m’ont demandé de me faire pousser la barbe, de prier et de ne pas lutter pour les droits des femmes. »

« Est-ce que vous avez des séquelles physiques de ce qu’ils vous ont fait ? »

« La mort de Ben Laden c’est bien mais ce n’est pas la mort d’Al-Qaida. »

« Les saoudiens soutiennent le Pakistan. Ils ont énormément d’argent mais ne sont pas éduqués. Les enfants ne vont pas à l’école là-bas. »

« Pourquoi ils font ça ? »

« Ils sont fous. »

« Un de mes amis a été tué par les talibans il y a 9 jours. »

« Les enfants ont peur d’aller à l’école au Pakistan car les talibans s’en prennent aussi aux écoles. »

« Un jour, un jeune de 13 ou 14 ans a « raté » son attentat suicide. A son réveil à l’hôpital, il ne comprenait pas où il était car il était persuadé qu’il allait se réveiller au paradis. »

« On vous souhaite bonne chance pour tous vos combats. »

9 réflexions sur « Une rencontre pas comme les autres »

  1. @enna : Oh oui, les élèves ont été très réceptifs et pourtant ce n’était pas gagné d’avance ! Je sais par expérience que ce genre de rencontre vaut de loin des dizaines de cours…
    @alain : c’est une chance de pouvoir réaliser de tels projets et je suis contente de l’avoir mené jusqu’au bout !
    @Alex : j’ai moi aussi été marquée par certaines phrases. On se rend compte que notre vision du monde est vraiment très orientée.
    @Mango : c’est gentil, merci !
    @Keisha : je voulais partager car je trouve que c’est très important.

La parole est à vous !

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