Une séparation – Véronique Olmi

 

Une fois n’est pas coutume, c’est une pièce de théâtre que je vous présente aujourd’hui.

C’est par une lettre que Marie décide d’annoncer à Paul qu’elle le quitte. Elle l’adresse à Monsieur Paul Delaunay, comme si c’était quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Elle tourne la page sur plusieurs années de vie commune comme ça, du jour au lendemain. »Cela va vite, une séparation. Il suffit d’un mot pour défaire des mois, des années d’amour, c’est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s’effondre. Étrange que ce soit si simple de se quitter. Étrange qu’il n’y ait de procédure que pour les gens mariés. Pour nous deux, une lettre et c’est déjà beaucoup. Un coup de fil, un silence, un mail aurait suffi. Notre séparation… Un peu de vent à la surface du sable. Un volet qui claque. Un rêve qui meurt. Trois fois rien. C’est fini. » p.12

Paul n’est pas d’accord avec cette séparation et répond à la lettre de Marie. C’est le début d’une correspondance dans laquelle ils reviennent sur les années passées ensemble. Elle lui reproche l’ennui, la routine, l’absence de piment dans leur relation. « Peut-on être amoureux et s’ennuyer ensemble ? Peut-on être deux et crever de solitude ? » p.49. Paul, lui, aime le quotidien et la banalité : « J’essaye de te faire comprendre le degré d’amour et de complicité qu’il faut pour partager avec la personne que l’on aime des moments banals. Et toi, et moi, nous y étions parvenus. Il ne suffit pas d’être avachis à deux pour être complices, et tu le sais. Ce serait trop simple. Toi et moi avions cette grâce là : on pouvait être vautrés et tenus, être ensemble et se taire. On ne remplissait pas les vides. Tout était plein. Et tu ne l’as pas vu ? Mais de quelle histoire parlons-nous ? » p.63-64.

Une séparation met en scène deux conceptions du couple et de l’amour qui s’opposent. S’aimer, est-ce partager des moments exceptionnels ou traverser la vie côte à côte avec complicité ? A travers les mots de Paul et de Marie, le lecteur/spectateur se retrouve forcément et est amené à réfléchir sur sa propre façon d’envisager la vie à deux. D’ailleurs, l’auteur n’a sans doute pas choisi des prénoms aussi banals par hasard….

La pièce est jouée depuis le 13 octobre au théâtre des Mathurins. Véronique Olmi interprète le rôle de Marie et Jean-Philippe Puymartin, qui signe également la mise en scène, joue celui de Paul. La lecture de la pièce ne me laissera pas forcément un souvenir impérissable mais je pense que sur scène, ça doit être autre chose. Dommage que j’habite si loin de Paris !

Les avis de Laure, l’Irrégulière et Canel.

OLMI, Véronique, Une séparation, Albin Michel, 2013.

7 réflexions sur « Une séparation – Véronique Olmi »

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