« Une veuve de papier » de John Irving

Comment résumer un roman de John Irving ? La juxtaposition du destin des multiples personnages et les nombreuses intrigues parallèles rendent la tâche difficile ! Je vais donc essayer de faire de mon mieux même si je sais d’avance que le résultat ne me satisfera pas…

Eddie, 16 ans, est embauché comme assistant par l’écrivain Ted Cole pour les vacances d’été. Il va passer deux mois dans les Hampton, dans une famille en souffrance : les Cole ont perdu leurs deux fils dans un accident de voiture. Par la suite, ils ont eu une petite fille, mais Marion, la femme de Ted, n’a jamais fait le deuil de ses fils et ne veut pas s’attacher à Ruth, sa fille, par peur de la perdre elle aussi. Le couple va mal. Ted boit. Il a de nombreuses maitresses et sa femme est parfaitement au courant.
Très vite Eddie est séduit pas Marion. Elle pourrait être sa mère. Cela ne l’empêche pas de découvrir l’amour et la sexualité dans ses bras. Mais la décision de la belle Marion est prise : à la fin de l’été, elle quitte son mari en même temps que son amant et abandonne sa fille, alors âgée de 5 ans, sans laisser d’adresse.

Une trentaine d’année plus tard…
Ruth a 36 ans. Elle est devenue une romancière célèbre mais elle est toujours célibataire et appréhende le mariage. Eddie est lui aussi devenu écrivain mais sa renommée n’a absolument rien à voir avec celle de Ruth. Il a 48 ans et n’a eu pour maitresse que des femmes plus âgées que lui. Ses romans ne sont que des réécritures masquées de son histoire d’amour avec Marion. La femme de Ted Cole est toujours présente dans son esprit. Jamais il ne l’oubliera.
Lors d’une soirée de lecture publique, Ruth et Eddie se (re)rencontrent, plus de 30 ans après l’été dans les Hampton. Bien entendu, ils parlent de Marion. Pour Ruth, qui jusqu’ici n’avait entendu que la version de son père sur le départ de sa mère, c’est un véritable révélation.
Par la suite, Eddie et Ruth deviennent amis. Au fond d’eux, ils attendent le retour de Marion.

 

Une veuve de papier est un roman aux thèmes multiples et variés : deuil, abandon, amour, métier d’écrivain, etc. Comme souvent chez John Irving, le burlesque côtoie le véritable drame et c’est un régal pour le lecteur. Les personnages sont nombreux, vivent des expériences incroyables et sont toujours décrits avec beaucoup de justesse. Les fréquents aller et retours entre le présent et le futur demandent une certaine attention mais dans l’ensemble les 600 pages se lisent facilement. Un petit bémol cependant : la fin est décevante, trop facile, pas crédible. Dommage !

Irving, John, Une veuve de papier, Seuil, 1999.

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