Violette Morris : A abattre par tous moyens : Deuxième comparution – Galic, Kris, Rey et Bonnet

J’ai refermé le premier tome de Violette Morris avec une furieuse envie de comprendre comment cette femme hors du commun, que l’on voit au volant de sa voiture de course sur la première de couverture, est devenue celle que l’on surnomme « la hyène de la Gestapo ». D’ailleurs, est-elle vraiment le monstre que l’on prétend ? Il me faudra attendre le troisième tome pour la savoir mais, déjà, quelques explications se profilent.

Violette Morris est une sportive aux performances extraordinaires. Football, cyclisme, athlétisme, sports mécaniques : en ce début des années 1920 sa soif de réussite est insatiable, tout comme sa volonté de reconnaissance. Il faut dire que juste après la guerre, les femmes ne peuvent pas encore participer aux compétitions olympiques même si certaines le revendiquent. Et si on leur accorde le droit de pratiquer un sport, c’est uniquement pour des raisons de santé.

Alors forcément, Violette et sa volonté de participer aux épreuves masculines dérangent une partie de la population. On ne tarde d’ailleurs pas à lui retirer sa licence. Son caractère bien trempé, ses pantalons d’homme, sa bisexualité et sa liberté revendiquée ne sont pas du goût de tout le monde…

Tout cela, on le découvre grâce à Lucie Blumenthal, femme d’origine juive par son père, qui cherche à connaître le rôle de Violette Morris pendant la guerre et à comprendre pourquoi elle est victime d’une embuscade de la Résistance le 26 avril 1944, sur une petite route normande. Les allers-retours entre son enquête et le passé de l’athlète sont nombreux et le passage d’une époque à une autre pas toujours facile à repérer au premier abord malgré l’efficacité du trait de Javi Rey. La bande dessinée n’en reste pas moins intéressante du point de vue historique et sociétal.

Il est important de signaler que l’historienne Marie-Jo Bonnet collabore à cette série. Elle développe un point de vue sur Violette Morris qui est contesté par certains mais qui montre bien comment la société engendre des monstres. Kris l’explique d’ailleurs parfaitement, en quelques mots seulement : « Aucune page de ce livre n’a été écrite en solitaire. Si l’histoire de Violette Morris avait toujours bénéficié de ces aides multiples et de la confrontation des points de vue, la fabrique des monstres comporterait un modèle de moins« .  Vivement le troisième tome et le dénouement !

GALIC, Bertrand, KRIS, REY, Javi, BONNET, Marie-Jo, Violette Morris : A abattre par tous moyens : Deuxième comparution, Futuropolis, 2019.

Cette semaine les bulleurs ont RDV chez Moka.

26 réflexions sur « Violette Morris : A abattre par tous moyens : Deuxième comparution – Galic, Kris, Rey et Bonnet »

    1. Oui, j’ai aussi tendance à attendre de plus en plus souvent que les séries soient terminées pour les découvrir. Sinon, ça a un côté frustrant.

  1. Je croyais qu’il n’y avait qu’un seul tome, je n’avais pas connaissance d’une suite… En tout cas, j’ai bien envie d’en connaître plus sur la vie de cette femme.

  2. Comme d’autres avant moi, je note cette BD, mais ne la commencerai que lorsque le troisième tome sera paru. Je n’aime pas beaucoup attendre un an pour en savoir plus ..

  3. J’avais noté dans ton premier billet qu’il valait mieux attendre le tome 2 donc je vais attendre que la médiathèque achète le 2 et je les lirai ensemble en attendant le 3

La parole est à vous !