Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue

Grâce à son cousin Winston et au prix de beaucoup d’efforts pour faire des économies, Jende Jonga réalise son rêve : quitter son Cameroun natal pour venir vivre aux États-Unis. Une fois à New-York, la vie s’avère bien plus compliquée que prévu. Mais Jende réussit finalement à faire venir sa femme Neni et leur fils Liomi restés au pays le temps qu’il trouve un travail et obtienne suffisamment d’argent pour payer les billets d’avion et les visas.

La chance sourit à la famille le jour où Jende se fait embaucher comme chauffeur par Clark Edwards, un riche financier qui travaille chez Lehman Brothers. Serviable, dévoué, fidèle, Jende ne compte pas ses heures et transportable toute la famille. Témoin des humeurs quotidiennes de chacun, il entend également les conversations téléphoniques et découvre petit à petit l’intimité des Edwards.

Neni, elle, travaille comme assistante dans une maison de santé. Parallèlement, elle suit des cours à la faculté pour devenir pharmacienne. Si elle a pu s’inscrire, c’est grâce à l’argent que gagne Jende. Ils vivent très modestement mais réussissent à faire des économies pour l’avenir et aussi pour aider la famille restée au pays.

Jende, Neni et Liomi n’ont pas de papiers. Ils espèrent obtenir la fameuse Green Card et devenir ainsi de vrais américains. Mais ils se rendent comptent au bout de plusieurs mois que l’avocat qu’ils paient pour les aider dans leurs démarches n’est sans doute pas si compétent que cela. De plus, nous sommes en 2007 et la crise des subprimes éclate. Le rêve américain commence à se ternir…

Premier roman de la camerounaise Imbolo Mbue, Voici venir les rêveurs nous fait découvrir l’exil de l’intérieur. Jende et Neni arrivent d’Afrique avec des rêves et la confrontation avec la dure réalité de la vie américaine est cruelle. Le roman évite cependant tout manichéisme, préférant mettre l’accent sur la complexité des êtres humains. La famille Edwards, qui appartient à la haute société, n’a pas le beau rôle, certes, mais elle évolue et s’avère finalement humaine d’une certaine façon. Quand à Jende et Neni, ils font également leur chemin et ne sont pas exempts de nuances et de contradictions.

Avec un tel sujet, on pourrait craindre le misérabilisme mais ce n’est absolument pas le cas. Jende et Neni ne baissent jamais les bras et certains passages sont même plein d’humour. Forcément, on a envie que cette famille s’en sorte. Le dénouement nous offre d’ailleurs une belle surprise et vient renforcer le propos déjà bien engagé d’Imbolo Mbue. Un roman à découvrir !

 IMBUE, Imbolo, Voici venir les rêveurs, Belfond, 2016.

20 réflexions sur « Voici venir les rêveurs – Imbolo Mbue »

    1. Pas toujours simple de faire des choix ! Le sujet de ce roman a déjà été traité de nombreuses fois mais on ne s’ennuie pas, bien au contraire.

  1. Qu’il est chouette ce roman. J’étais passé à côté en le voyant sur quelques blogs et je ne regrette pas du tout de l’avoir trouvé dans la sélection du Prix, bien au contraire. C’est une très belle découverte !

    1. Je ne sais plus trop comment je l’ai repéré mais ce qui est certain c’est que c’est encore un livre à côté duquel je serais sans doute passé sans la blogo. Quel prescripteur performant !!!!

  2. J’avoue, je l’ai abandonné.. peut-être un peu trop facilement, je ne sais pas. Je n’ai pas plongé directement et je me suis ennuyée dès les premières pages. Ce n’était peut-être pas le bon moment!

    1. C’est marrant ce que tu dis car au départ j’ai eu peur de m’ennuyer aussi mais cela n’a absolument pas été le cas. Il faut peut être lui donner une seconde chance, non ?

La parole est à vous !