Yeghvala, la belle sorcière – Catherine Gendrin et Nathalie Novi

Yeghavala naît dans une roulotte, un soir d’hiver, avec une bosse derrière la tête. Sa maman comprend tout de suite que c’est une sorcière. La seule solution pour qu’elle ne soit pas rejetée par la communauté tsigane est de le cacher. La nuit de sa naissance, des sorcières venues des quatre coins du monde lui prédise « une beauté inégalée qui jamais ne flétrira« , un pouvoir qui résidera dans ses longs cheveux, la résistance au feu et bien d’autres choses encore.

En grandissant, Yeghvala tombe amoureuse de Zlato le forgeron. Celui-ci préfère courir après les filles qui ont de l’argent. Mais Yeghvala utilise ses pouvoirs et parvient à le conquérir. Elle devient sa femme et met au monde cinq beaux enfants sans jamais être fatiguée. Mieux, à chaque naissance elle devient de plus en plus belle. Zlato a peur, ce n’est pas normal…

Les illustrations aux couleurs chaudes de Nathalie Novi restituent très bien les tonalités magiques et envôutantes de ce conte. Le grand format de l’album permet d’ailleurs de les apprécier pleinement. C’est une illustratrice de talent !

L’histoire, quand à elle, m’a interpellée à plusieurs reprises. Comme dans tous les contes, on peut donner plusieurs intéreprétations mais que penser, par exemple, de cette scène où le mari veut brûler sa femme ? Certes, il agit par peur et pour protéger ses enfants mais celle-ci n’a rien fait de mal. Elle est juste trop belle pour que ce soit vrai. Et quand il lui coupe les cheveux pour qu’elle perde ses talents de sorcière, ne lui refuse t-il pas d’être elle-même ? J’ai trouvé cette scéne d’une cruauté extrême même si les cheveux repoussent et que Zlato semble avoir compris que le fait qu’elle soit une sorcière a finalement peu d’importance. Si on y réfléchit bien, Yethvala n’est pas non plus sans reproches puisqu’elle utilise son pouvoir pour conquérir le coeur de son mari au début du conte. Mon avis est donc plutôt mitigé et je ne suis pas certaine de conseiller ce titre par la suite. En attendant, il fait partie de la sélection CM2/6ème du Prix des Incorruptibles et les premiers élèves à l’avoir lu semble aimer.

GENDRIN, Catherine, NOVI, Nathalie, Yeghvala, la belle sorcière, Didier jeunesse, 2012.

6 pensées sur “Yeghvala, la belle sorcière – Catherine Gendrin et Nathalie Novi”

  1. je l’ai lu exactement comme toi, j’ai trouvé cet album anti féministe au possible (et Yaghvala qui vit avec l’homme riche profitant de lui jusqu’à ce qu’elle s’ennuie… Bref un très bel album avec un message assez ambiguë!

  2. J’en ai discuté avec une collègue qui est d’accord avec mes arguments
    mais qui pense aussi que le mari veut sa femme telle qu’elle est, qu’il
    n’a pas besoin qu’elle soit une sorcière pour l’aimer. C’est un argument
    qui peut s’entendre mais c’est sur les méthodes utilisées que j’ai plus
    de mal. Les cheveux coupés par exemple….

  3. Il y a c’est vrai des choses assez déroutantes dans cet album. Mais les anciens contes sont souvent cruels, c’est leur version moderne qui est souvent édulcorée. Personnellement je l’ai trouvé très beau. Il pose beaucoup de questions.

La parole est à vous !

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