Abdallahi – Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx

Au XIXème siècle, René Caillé, fils d’un bagnard originaire d’un petit village charentais est parti vivre en Afrique. Là-bas, il s’est fait passer pour un arabe musulman et est devenu Abdallahi. Pendant plusieurs mois, il a vécu avec les Maures Braknas afin d’apprendre leur langue et leur religion. Il est ensuite parti à pied de Saint-Louis pour remonter vers le Sud, traverser le désert et atteinde la cité mythique de Tombouctou, alors interdite aux blancs. C’est le premier européen à être ressorti vivant de cette ville.

Dans Abdallahi, Dabitch et Pendanx se sont librement inspirés du journal et de la vie de cet aventurier.

Acommpagné d’Arafanda, son guide, René Caillé affronte tous ceux qui lui veulent du mal parce qu’il n’est pas des leurs, se bat pendant plusieurs mois contre le scorbut, vit au milieu des peuples africains dans les mêmes conditions qu’eux et marche pendant des kilomètres et des kilomètres dans le désert. Sous ses yeux, l’esclavage règne. Il est contre mais a tout de même une vision très européenne, très conquérante de l’Afrique.

L’aventurier rêve de Tombouctou comme d’un trésor et c’est tout ce qui l’intéresse. Il est prêt à tout pour atteindre cette ville que tout le monde décrit comme magique. Y compris à prendre le risque de perdre sa vie si on découvre qu’il n’est pas un musulman d’origine égyptienne, réduit à l’esclavage puis affranchi, comme il le prétend.

Abdallahi est un récit de voyage magnifique qui transporte le lecteur à travers l’Afrique du XIXème siècle. Les dessins à la peinture de Jean-Denis Pendanx restituent de manière remarquable une atmosphère pesante et angoissante dans laquelle le danger est permanent. J’ai eu du mal à me faire à ce graphisme si particulier au départ mais finalement, je trouve qu’il traduit très bien les sentiments et les peurs de René Caillé.

Le récit de Christophe Dabitch est quant à lui vraiment prenant. Le mode de vie, les coutumes, les croyances, la chaleur, les odeurs, les joies, les souffrances : tout y est décrit avec précision et justesse que ce soit par les mots ou par les images. On s’identifie sans peine à ce voyageur aventurier et on découvre avce lui une Afrique synonyme de rêve mais aussi de souffrance.

Un dyptique à découvrir sans hésiter !

DABITCH, Christophe, PENDANX, Jean-Denis, Abdallahi [Première partie] Dans l’intimité des terres, Futuropolis, 2006.

DABITCH, Christophe, PENDANX, Jean-Denis, Abdallahi [Seconde partie] Traversée d’un désert, Futuropolis, 2006.

 

6 réflexions sur « Abdallahi – Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx »

  1. Ah ! J’ai lu ces BD la semaine dernière ! Passionnant, très enrichissant. Une galerie d’art en même temps avec de superbes toiles, même si comme toi, j’ai parfois eu du mal avec les passages sombres. Mon billet est déjà prêt !

La parole est à vous !

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