Au revoir là-haut – Pierre Lemaître

Ne jamais dire : « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau »…

Depuis de nombreuses années déjà, le prix Goncourt et moi sommes fâchés. Trop de grosses déceptions, trop d’enjeux commerciaux, trop de tapage médiatique. Je ne lis donc plus les romans primés par le prestigieux jury. Sauf que cette fois-ci, je n’avais pas vraiment le choix : Au revoir là-haut, fait partie des titres sélectionnés pour le prix audiolib 2014 auquel je participe. Et cette lecture audio fut une heureuse surprise !

Le roman débute à la fin de la Première Guerre mondiale, quelques jours avant l’armistice. Albert est prisonnier d’un trou d’obus et va mourir enterré vivant. Édouard lui sauve la vie au prix de son visage : il devient une gueule cassée. Les deux hommes, qui ne se connaissaient pas auparavant, deviennent amis et prennent leur revanche sur toutes les atrocités qu’ils ont subies. Eux qui avaient des valeurs et une morale montent une escroquerie à peine croyable.

Le capitaine d’Aulnay-Pradelle, un sale type qui n’hésite pas à mettre en péril la vie de ses soldats pour monter en grade, sort indemne de la guerre. Pire, il gagne énormément d’argent sur le dos des poilus morts pour la France. Autour de lui, gravitent tout un tas de personnages qu’il domine ou pense dominer.

A travers cette histoire tragique, Pierre Lemaître décrit toute la société de l’après-guerre. Son roman, extrêmement documenté, plonge le lecteur cent ans en arrière. Tous les milieux sociaux sont représentés et si, les hommes tiennent une place prépondérante, on sent l’importance du rôle des femmes. Le caractère des personnages, leur histoire personnelle, sont merveilleusement bien décrits et replacés dans le contexte de l’époque.

Le roman est écrit de telle façon que le suspens est entretenu jusqu’au dernier moment. Ce n’est pas un polar mais on sent que l’auteur maîtrise le genre et s’en est servi. Malgré certains passages un peu longs et ennuyeux, j’avais hâte d’arriver à la fin pour savoir jusqu’où Albert et Edouard allaient aller dans leur arnaque et comment le capitaine d’Aulnay-Pradelle allait finir sa vie. 

La voix de Pierre Lemaître est parfois un peu monotone et certains passages paraissent d’autant plus longs. Elle rend par contre très bien compte du caractère tragique de la destinée des personnages du roman.

Au final, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai écouté ce roman pendant presque 17h !

LEMAITRE, Pierre, Au revoir là-haut, Audiolib, 2014.

16 réflexions sur « Au revoir là-haut – Pierre Lemaître »

  1. je viens de le commencer et pour l’instant j’aime bien, la voix ne me gêne pas trop mais beaucoup de lecteurs parlent de longueurs alors j’imagine qu’à ce moment là sa voix peut effectivement paraître monotone. A suivre! En tout cas ton avis me donne envie de poursuivre!

  2. Je l’ai lu et j’ai beaucoup aimé (pas encore de billet, il faudrait… en même temps, il n’a pas besoin de moi…) Par contre 17 heures d’écoute c’est beaucoup trop long à mon goût !

  3. Bonjour Saxaoul, bravo pour ces 17 heures d’écoute, je sais que je ne pourrai pas. Pas assez patiente ni concentrée. Mais il faut que je le lise. Bon dimanche.

  4. Beaucoup aimé aussi. Justement je devais l’offrir en audiolib à ma belle-mère mais j’attendais des avis parce que j’avais vu que c’était lu par l’auteur, ce qui n’est pas toujours top. Or tu dis qu’il a une voix monocorde, je vais donc faire l’impasse, je sais que la qualité de la voix du narrateur est primordiale pour elle. Tant pis.

  5. La voix du lecteur ne m’a pas dérangé et je suis d’accord sur le côté suspens et quelques longueurs. Au final j’ai beaucoup aimé ( et pourtant j’avais abandonné très vite la version papier)

La parole est à vous !

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