Cachemire rouge – Christiana Moreau

Bolormaa vit avec ses parents dans la steppe mongole. Nomade, sa famille déplace la yourte au grès des saisons et des besoins des chèvres. Leur laine est un précieux trésor qui permet de tisser du cachemire, revendu ensuite à une clientèle étrangère. La vie est rude pour Bolormaa et les siens. Les conditions climatiques extrêmes de ces dernières années ne permettent plus de subvenir aux besoins élémentaires. Les frères de Bolormaa prennent le dessus sur leur père et vendent les chèvres pour une bouchée de pain à un riche acheteur chinois. C’est la fin d’un mode de vie ancestral.

Pour la dernière fois, Bolormaa est autorisée à prélever la tonte des cinq premières chèvres. La jeune fille possède des doigts en or et a hérité de sa grand-mère les secrets des pigments naturels qui donnent de si jolies teintes au cachemire. Sur le chemin qui la conduit vers Ordos, la ville où ils iront tous travailler pour les chinois à une cadence infernale, Bolormaa cueille des fleurs et des racines choisies avec soin. Elle fabrique une couleur d’un rouge sublime.

Sur le marché, le pull rouge est vite remarqué par Alessandra, une acheteuse italienne qui possède une luxueuse boutique à Florence. Bolormaa en tire un bon prix mais cela ne la console pas de ses nouvelles conditions de vie. La yourte et le paysage de la steppe lui manquent terriblement. Disons les choses clairement, elle est désormais l’esclave d’un chinois sans scrupule dans un atelier de couture. Heureusement, elle fait la connaissance de Xiao Li. Les deux jeunes filles rêvent d’un avenir meilleur. La précieuse carte laissée par Alessandra sur le marché, avec une promesse de travail, est leur seul espoir.

Cachemire rouge est une belle histoire, que j’ai pris plaisir à découvrir même si elle tombe parfois dans la facilité, notamment en ce qui concerne le dénouement. Le roman est bien documenté, que ce soit sur la vie dans les steppes, la confection du cachemire, l’exploitation de la main d’œuvre mongole par les chinois ou encore la vie dans les ateliers. J’ai particulièrement apprécié la description des paysages. Christiana Moreau confirme son talent, déjà présent dans La sonate oubliée,  pour créer une ambiance. On ressent également beaucoup de tendresse pour Bolormaa. Respectueuse d’un mode de vie ancestral, elle est malmenée par le destin mais ne renonce pas. Son parcours semé d’embûches la mènera loin, très loin.

MOREAU, Christiana, Cachemire rouge, Préludes, 2019.

10 réflexions sur « Cachemire rouge – Christiana Moreau »

    1. La mienne aussi. Je la ressort de temps en temps mais je ne sus pas certaine d’investir quand elle tombera en panne.

Répondre à Emma Annuler la réponse.