Comme on respire – Jeanne Benameur

Je crois que ce livre fait partie des pépites qui ont tellement marqué Noukette qu’elle aime l’offrir autour d’elle. Et Comme la demoiselle est généreuse, j’ai eu la chance de le recevoir dans le colis que j’ai « gagné » à l’occasion de l’anniversaire de son blog.

Autant le dire tout de suite, je l’ai lu trois fois de suite tellement les mots de Jeanne Benameur sont justes. En 36 pages, elle parle de son rapport à la lecture, à l’écriture, à la vie. Elle réussit à toucher le lecteur de manière intime. En lisant ce texte, on comprend mieux l’auteur mais on se comprend mieux soi-même également. L’écriture est très poétique. Les phrases sont courtes, minimalistes parfois. En peu de mots, l’essentiel est dit.

Je ne sais pas si, un jour, j’oserai vraiment écrire (pour moi, hein, je n’ai pas la prétention de devenir écrivain !). Jeanne Benameur, le dit clairement ici : quand on écrit, on se livre. Et il y a certaines choses qui sont vraiment de l’ordre de l’intime. Pour être franche, la réaction de mes proches me fait peur. Comment vont-ils interpréter mes mots ? Ne vont-ils pas souffrir de certaines choses qu’ils prendront, à tort ou à raison, pour eux. Car une chose est sûre, quand j’ai essayé d’écrire, ce sont des choses que j’ai observées autour de moi qui sont sorties. Ce n’est jamais de l’imagination pure.

Mon exemplaire est plein de pages cornées. Je vous livre ici quelques unes des phrases qui m’ont touchée :

« A chaque texte je fais connaissance un peu plus. Je me transforme. Comme la falaise découpée par les vagues, ruinée parfois par la tempête, je me cisèle. » p.25

« Dans une classe, une jeune homme écrit : « Ma plus grande peur, c’est de mourir dans la vie. » Je me reconnais. Je nous reconnais tous.

Restons vivants dans nos vies. S’il vous plaît.

Les livres sont faits pour ça. La littérature est là pour ça. » p. 29

« Je n’ai pas les épaules larges, moi. Je sais que le chemin que j’ouvre dans mes livres est étroit mais c’est le mien. Aujourd’hui, à chaque texte j’écarte un peu plus les bras. J’essaie. C’est comme ça que ma vie vaut la peine. Pas autrement. » p.33

« Ce sont les livres qui m’ont ouverte.

Je survivais. Dans le creux des murs. Dans le sillon du plâtre qui se délite. J’avais si peur. De tout.

Je survivais. J’ai pu vivre.

C’est dans les livres que j’ai pu vivre d’abord. Sans peur. » p.32

BEAMEUR, Jeanne, Comme on respire, Thierry Magnier, 2011.

9 réflexions sur « Comme on respire – Jeanne Benameur »

  1. J’aime tellement ce titre… Pas le plus connu, mais je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai lu… ni les pages cornées d’ailleurs… Ravie, vraiment ravie, que tu en ais fait autant !

  2. C’est une auteure que j’aime, je vois que j’ai encore des livres d’elle à lire… Cela dit je comprends et ressens ce qu’il t’a fait, moi qui cherche parfois à écrire…

La parole est à vous !

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