Danser les ombres – Laurent Gaudé

Lucine habite à Jacmel, en Haïti. Célibataire, elle tient une échoppe dans la rue Veuve. Elle s’ocuppe aussi de son neveu et sa nièce, Georges et Alcine, avec sa soeur aînée.La vie est dure. La mère des enfants court les hommes et ne s’est jamais vraiment occupée d’eux. Elle décède dès le début du roman, emportée par ses démons.

Lucine part alors à Port-au-Prince pour annoncer le décès au père de Georges et lui demander de l’argent. Elle se rend rapidement compte qu’elle ne quittera plus cette ville dans laquelle elle se sent si bien. Thérèse s’occupera des enfants. Elle ne veut plus se sacrifier pour les autres. Elle veut enfin penser à elle.

Saul vit à Port-au-Prince. Enfant illégitime, il a été malmené par la vie et a du mal à se trouver, à faire ses propres choix. Médecin raté, il vit dans l’ombre de la famille de son père. Il se rend régulièrement dans une ancienne maison close pour se réunir avec un groupe d’amis. Là, il joue aux dominos, discute et refait le monde. La vie est presque agréable.

Autour de ces deux personnages principaux, gravitent tout une galerie de personnages secondaires. Matrak, l’ancien tortionnaire devenu chauffeur de Taxi. Le vieux Tess qui tient la maison Fessou. Le facteur Sénèque qui retarde parfois la distribution du courrier pour apporter les bonnes nouvelles au bon moment. Ti Sourire l’infirmière. Ou encore Lily, venue vivre les dernières heures de sa vie en Haïti contre l’avis de sa mère.

Le jour où la terre se met à trembler, elle avale tout. La ville s’écroule tel un château de cartes. Les survivants sont anéantis. Qui est vivant ? Qui est mort ? On ne le sait même plus. Les esprits et les ombres sont omniprésents et se mêlent à la vie.

Roman choral, Danser les ombres propose une galerie de personnages dont l’instinct de vie est plus fort que tout. Ils dégagent cette force incroyable qui fait qu’on est parfois capable de déplacer des montagnes pour affronter le pire.

Cette atmosphère envoûtante dans laquelle l’amitié, l’amour, la haine, la vie et la mort se côtoient colle à la peau. Une large place est accordée à la culture locale : les démons, les monstres, les vaudoux font partie de la vie. Il faut donc accepter de se laisser emporter par cette histoire qui prend parfois des allures un peu surnaturelles.

Laurent Gaudé rend ici un magnifique hommage à Haïti et à ses habitants. On referme le livre en se disant que, si la vie est bien triste et cruelle, elle est aussi plus forte que tout.

GAUDÉ, Laurent, Danser les ombres, Actes Sud, 2015.

13 réflexions sur « Danser les ombres – Laurent Gaudé »

  1. Comme souvent en lisant les résumés de romans de Gaudé j’ai un peu « peur », peur de me perdre, mais à chaque fois que j’en ai lu j’ai adoré, alors je pense que j’y viendrai aussi pour ce titre!

  2. je l’ai i et j’ai traîné donc pas de billet.Je suis moins enthousiaste que toi même si comme tu le soulignes, l’auteur rend un bel hommage à ce peuple qui à chaque catastrophe se relève la tête haute.

  3. Je suis moins enthousiaste que toi même si je reconnais des qualités à ce roman. J’ai trouvé que l’auteur y allait trop fort dans le côté surnaturel, à la fin du roman.

  4. J’ai assisté à une rencontre avec lui sur ce livre-là. C’est le seul qui me fait un peu envie de cet auteur, ses thèmes ne m’attirent pas beaucoup. Je le prendrai à la bibliothèque.

La parole est à vous !

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