Debout-payé – Gauz

On a beaucoup entendu parler de ce petit livre depuis sa sortie, en septembre 2014, si bien que je me suis laissée tenter quand je suis tombée dessus sur le présentoir des nouveautés à la médiathèque.

Debout-payé raconte l’histoire d’Ossiri, un jeune ivoirien arrivé en France en 1990. Au départ, son visa touristique lui permet de circuler librement mais très vite il perd ses illusions, ne trouve pas de travail et se retrouve sans papiers. C’est le début de la galère. Grâce à une connaissance, il trouve finalement un emploi de vigile. Dans sa famille et son entourage, tous les hommes ou presque exercent ce métier. Les employeurs ferment les yeux sur leurs faux vrais papiers du moment qu’ils font leur travail correctement c’est-à-dire restent debout toute la journée.

Employé dans le magasin Séphora des Champs-Elysées et au Camaïeu de Bastille, Ossiri observe avec perspicacité et humour les clients, les employés et les patrons. Rien, ou du moins pas grand chose, ne lui échappe. La société de consommation et les comportements qu’elle entraînent sont pointés du doigts.

Ossiri propose également une petite histoire de l’immigration à travers son parcours et celui de sa famille. Sa mère, par exemple, est revenue vivre en Côte d’Ivoire après avoir séjourné en France pendant plusieurs années. Elle se bat pour sauvegarder les valeurs et les modes de vie traditionnels. Quelque part, elle m’a fait penser à Ifemelu dans Americanah. Ossiri, lui, préfère rester en France et, comme beaucoup de clandestins, vit dans un immeuble parisien surpeuplé et délabré. Les menaces d’expulsion sont une triste réalité. Il fait part au lecteur de sa vision de notre pays, des années 1960 à l’après 11 septembre.

Le regard d’Ossiri est juste et fait réfléchir. Je regrette cependant que le roman n’aille pas un peu plus au fond des choses. Les remarques sur les clients dans les magasins sont marrantes mais finalement un peu trop superficielles. Les parties dans lesquelles Ossiri raconte son parcours et celui de son entourage m’ont plus intéressée.

Souvent, on ne fait pas attention aux vigiles quand on entre dans un magasin. Je n’avais jamais pensé qu’ils pouvaient être aussi satiriques. Désormais, je vais les regarder d’un autre oeil !

L’avis enthousiaste d’Enna.

GAUZ, Debout-payé, Le Nouvel Attila, 2014.

11 réflexions sur « Debout-payé – Gauz »

  1. Beaucoup aimé moi aussi, c’est léger mais pas que et je trouve que l’équilibre est parfaitement trouvé entre l’anecdotique et la vraie réflexion.

  2. Je pense que la forme utilisée ne permet pas la profondeur… mais ce livre permet d’ouvrir les yeux, et c’est déjà pas mal. Et puis j’ai aimé l’écriture. Comme j’avais vu « Samba » au cinéma, je trouvais que c’était un bon complément…

  3. J’aime beaucoup le titre et j’ai été très tentée par cette lecture…mais je crains d’être déçue comme tu le mentionnes par son manque de profondeur en fait…je vais voir à la bibli éventuellement.

La parole est à vous !

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