La coloc – Jean-Philippe Blondel

Romain vient de perdre sa grand-mère et ses parents héritent d’un bel appartement en centre ville. Ils s’apprêtent à le mettre en vente quand l’adolescent exprime le souhait d’y vivre en collocation. Il habite loin du lycée et, après avoir supporté pendant quelques mois le bruit et l’absence d’intimité de l’internat, il est revenu chez papa et maman. Il se lève aux aurores et rentre tard le soir. Les journées sont longues et fatiguantes. Vivre dans l’appartement de sa grand-mère lui faciliterait la vie mais convaincre ses parents, et surtout sa mère, est loin d’être gagné. A vrai dire, Romain n’y croit même pas lorsqu’il en parle pour la première fois.

A force de persuasion, il obtient ce dont il osait à peine rêver. Romain passe donc l’été à vider et retaper l’appartement avec sa famille. Juste avant la rentrée, il emménage avec Rémi, un geek intello et Maxime, le beau gosse du lycée. C’est un trio de choc qui doit apprendre à cohabiter tout en menant à bien sa scolarité.

Autour d’eux, gravitent des parents pas toujours très biens dans leur peau ou dans leur couple, et des amis ou amies bien entendu.

Jean-Phillipe Blondel est un auteur que j’apprécie. Je lis tous ses livres les uns après les autres. Quand j’ai su que le sujet de son dernier roman jeunesse était la collocation, je savais que ça allait me rappeler des souvenirs. J’avais un an de plus que Maxime, 17 ans donc, et deux années d’internat derrière moi quand j’ai commencé à vivre avec quatre ou cinq copines. Préparer le bac, aller à l’entraînement de hand tous les soirs -nous avions obtenu cet appartement par l’intermédiaire de notre club afin de pouvoir nous entraîner régulièrement- préparer à manger, faire la vaisselle quand tout était sale -une fois, on l’a même retrouvée moisie à notre retour de vacances- regarder Maïmouna dite Moumoune dévaler la pente qui mène à la gare à toute vitesse et monter dans le train juste avant que la porte automatique ne se referme, etc.

Des souvenirs, j’en ai à la pelle. Beaucoup de bons ou de très bons. Quelques moins bons aussi. Quoi qu’il en soit ceux qui sont racontés dans La coloc sonnent juste. Romain, Rémi et Maxime doivent faire face à de nouvelles responsabilités et ce n’est pas toujours simple quand on a cet âge. Au final, ils s’en sortent très bien même s’ils y laissent quelques pots cassés. Cette expérience, c’est l’apprentissage de la vie. Une étape essentielle pour entrer du bon pied dans l’âge adulte.

Quelques extraits qui ont retenu mon attention :

« La culture pour moi c’est de l’évasion. Quand je me plonge dans un livre, dans un film ou dans un morceau, je ne suis plus moi, je n’habite plus loin de tout -je suis parisien, londonien, new-yorkais, indien- et mon existence est pleine de péripéties, de retournements, de délires, de peines, de joies immenses. » p. 17

« Il disait que c’était juste mon regard qui avait changé et que c’était ça, le secret de la vie, changer de point de vue, tout le temps, tenter de se mettre dans la peau de l’autre, voir les évènements sous un autre angle, relativiser, non ? » p. 75

BLONDEL, Jean-Philippe, La coloc, Actes Sud Junior, 2015.

5 réflexions sur « La coloc – Jean-Philippe Blondel »

  1. J’adore cet auteur et ce livre est soigneusement noté dans mon carnet ! Je compte l’offrir à la dernière de mes filles si elle se décide pour un coloc après le bac .

  2. Un livre qui m’a aussi rappelé des souvenirs. Tu as raison de dire que la coloc racontée par Blondel sonne juste, même si celle que j’ai vécue était un peu plus turbulente

La parole est à vous !

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