La réserve – Russell Banks

Russell Banks est un écrivain que je voulais découvrir depuis un moment et je suis tombée par hasard sur La réserve en fouillant dans la fonds audio de ma médiathèque. Je l’ai donc emprunté sans vraiment savoir de quoi il était question dans ce roman. J’aime bien, parfois, laisser le hasard faire les choses, prendre le rique de la déception mais aussi rendre possible de jolies découvertes !

Le Docteur Cole, neurochirurgien très connu dans cette deuxième moitié des années 1930, possède une maison de campagne au bord d’un lac de montagne, dans un cadre magnifique : celui de la réserve des Adirondacks. Lui et sa famille font partie des rares privilégiés qui peuvent se retirer loin de l’agitation de la vie new-yorkaise tout en profitant des services du Club (guides à disposition, entretien de la propriété, etc.). L’Europe, qui est en train de vivre les premières heures sombres qui l’entraîneront petit à petit vers la Seconde Guerre mondiale, est bien loin de ses préoccupations.

L’artiste Jordan Groves, qui habite à l’année dans les Adirondacks, se rend chez le Docteur Cole à bord de son hydravion. Ce dernier l’a invité à venir admirer sa collection de tableaux. Ce jour là, le neurochirurgien se trouve en compagnie de sa femme et de quelques amis mais c’est sa fille, la sulfureuse Vanessa, qui retient tout de suite l’attention du peintre. Vanessa, malgré son jeune âge, a déjà divorcé deux fois et Jordan connaît la réputation qu’elle a à travers la presse. Un mélange d’envie et de peur, d’attirance et de répulsion, d’amour et de haine, l’envahit très vite.

Jordan est un homme de gauche qui a une vie de famille stable même s’il a régulièrement des aventures avec d’autres femmes quand il part seul en expédition à l’étranger. Il ne s’en cache pas mais son épouse fait avec. Cette fois-ci, il sent que s’il se laisse prendre dans les mailles du filet de Vanessa, les choses vont très mal se terminer. La haute société américaine est un monde auquel il n’appartient pas et avec lequel il ne partage pas de valeurs. Elle va l’entraîner dans une chute vertigineuse.

La beauté de la réserve des Adirondacks semble peser de tout son poids pour que le drame atteigne des sommets.  Russel Banks entraîne le lecteur sur de fausses pistes, lui fait croire que Vanessa est perverse puis brouille les cartes et  la présente comme une victime innocente du milieu dans lequel elle vit. Où est la vérité ? On en le sait pas et on ne le saura jamais clairement.

Il ne se passe finalement que peu de choses dans ce roman. On est cependant bien loin des histoires classiques d’adultère, n’ayez crainte !

C’est la psychologie des personnages qui fait toute la force de La réserve. Et l’écriture aussi. Ce n’est pas le genre de livre pour lequel je peux avoir un coup de coeur car le rythme est trop lent à mon gôut mais je le trouve tout de même d’une qualité remarquable. Le seul bémol que je ferais concerne le contexte historique qui semble un peu plaqué. Dommage! Il y avait sans doute des choses intéressantes à développer à ce niveau là.

Concernant la version audio, j’ai été un peu gênée par l’absence de repères lors des changements de chapitres. Pour certains livres, il y a une petite musique et je trouve que ça aide beaucoup. La lecture de Michel Vullemoz est un peu monotone mais je pense que c’est essentiellement dû au texte. En tous cas, sa voix est agréable à écouter !

BANKS, Russell, La réserve, Éditions Thélème, 2008. Lu par Michel Vullermoz.

8 réflexions sur « La réserve – Russell Banks »

  1. J’aime beaucoup Russel Banks mais j’ai fait l’impasse sur celui-ci car j’avais lu des critiques moins bonnes que pour ses autres romans. J’ai peut-être eu tort…

  2. J’ai un bon souvenir de ce roman, le seul que j’aie lu de cet auteur et a priori assez atypique par rapport à ce qu’il écrit par ailleurs.

La parole est à vous !

%d blogueurs aiment cette page :