La tristesse de l’éléphant – Nicolas Antona et Nina Jacqmin

Il fait nuit sur la colline qui domine la ville. Devant un feu de camp, un homme à la silhouette massive se confie à son vieux compagnon, un éléphant nommé Pégase. L’humeur est morose. Les défenses du pachyderme ressemblent à des larmes et Louis -c’est le nom de l’homme- est bien triste lui aussi.

Le lecteur découvre alors son histoire, celle d’un enfant à la vie terne qui grandit dans un orphelinat. Difficile d’être adopté par une famille quand on a de l’embonpoint et de grosses lunettes… Difficile aussi de se faire accepter par les autres enfants. Alors, Louis subit. Il est le bouc-émissaire, celui dont on se moque, celui que l’on embête tout le temps, celui sur qui on fait couler de l’urine sous la douche.

Si Louis tient bon, c’est grâce à la venue régulière du cirque Marcos en ville. Il est émerveillé par tous les numéros et rencontre Clara, une jeune circassienne. Dès lors, sa vie grise se colore de touches de rouge et de bleu. Avec la complicité d’un surveillant de l’orphelinat, Louis profite au maximum de ces bulles de bonheur. Chaque départ du cirque est un déchirement, chaque retour une grâce. Entre deux, il y a les lettres de Clara et ses mots qui sont un véritable baume pour le cœur. Le titre de la bande dessinée et les trois premières planches laissent pourtant présager que tout cela se terminera mal…

Quel bel album ! Il y a ce graphisme tout en rondeur, tout en douceur. Le gris domine mais quelques touches de couleur, liées aux moments de bonheur, viennent donner de la gaieté à l’ensemble. Il y a aussi ce scénario plein d’amour et de tendresse qui montre l’importance d’aller au delà des apparences et qui laisse la part belle à la fidélité. Louis est un homme intègre qui fait preuve d’un courage extraordinaire. Un homme libre aussi, qui assume ses choix jusqu’au bout, avec humilité.

Moka, Le petit carré jaune, Mo, Mes pages versicolores, je ne sais plus chez qui j’ai repéré cet album. Ce qui est certain, c’est que ce RDV BD du mercredi regorge de pépites. Cette bande dessinée en est encore une fois la preuve ! Je suis persuadée que Noukette, avec qui je partage cette lecture aujourd’hui, n’a pas été insensible au charme de La tristesse de l’éléphant.

ANTONA, Nicolas, JACQMIN, Nina, La tristesse de l’éléphant, Les Enfants Rouges, 2016.

RDV chez Moka pour découvrir d’autres BD !

72 réflexions sur « La tristesse de l’éléphant – Nicolas Antona et Nina Jacqmin »

  1. Je me souviens l’avoir lu lors d’un voyage en train… Quand j’ai tourné la dernière page, j’avais quelques larmes aux yeux …les autres passagers devaient se demander quoi…
    Tout ça pour dire que cette BD est un bijou! ❤

    1. Je verse facilement une petite larme en lisant, en regardant un film ou une compétition sportive. Et généralement, j’essaie de me cacher !!!!!

  2. Un album qui chamboule, un album qui émeut, un album absolument délicieux ! Merci pour toutes ces images que l’album que tu as faites remonter à ma mémoire. Je crois bien que je vais relire cette pépite bientôt <3

    1. Je l’ai acheté pour le CDI mais pas encore mis en rayon. Je ne doute pas de son succès mais j’ai tout de même hâte de voir les réactions.

  3. Cet album m’a littéralement mise KO debout…. Tellement contente d’avoir partagé cette pépite avec toi ! <3
    (Et il va sans dire qu'elle va rejoindre les bacs du CDI 😉 )

    1. Je vais encore devoir dire aux élèves qu’il faut lire ce livre avec une boite de kleenex à portée de main et il vont me prendre pour une folle !!!!

  4. Magnifique album que j’ai aussi découvert lors d’un mercredi BD… Gros coup de coeur pour cette histoire et ces dessins qui nous emportent ! A conseiller sans modération !

    1. Si tu utilises un agrégateur de flux, tu peux l’ajouter sans problème. Sinon tu peux cliquer sur « Avertissez moi par email des nouveaux articles » sous la zone où on peut laisser un commentaire. Par contre, je n’ai pas de newsletter.

  5. Puisque conspiration il y a… Je m’incline ! Bon en fait, je l’avais déjà noté celle-ci, même si je ne sais plus chez qui !! Donc, aujourd’hui, vous remettez juste la bonne couche pour que je ne l’oublie pas…

La parole est à vous !