Le grand méchant renard – Benjamin Renner

Monsieur le renard a un problème : il ne fait peur à personne. Même les poules de la ferme voisine ne le craignent pas. Elles en ont d’ailleurs tellement marre de le voir venir les harceler qu’elles interdisent leur enclos aux renards. Le cochon et le lapin ont pitié et lui préparent un panier de navets.

Le renard, qui aimerait bien se mettre autre chose sous la dent, prend conseil auprès du loup. Il ne comprend absolument pas pourquoi personne ne le craint. Le loup n’a pas vraiment de réponse à cette question mais décide de lui donner des cours. Malheureusement, le renard n’arrive pas à effrayer l’oiseau et c’est encore une fois le loup qui se remplit la panse.

Sur les conseils de ce dernier, il finit par voler trois oeufs dans le poulailler. Un jour, ils vont éclore, donner naissance à des poussins et se transformer en un bon festin !

Humour, tendresse, lectures à plusieurs niveaux, cet album regorge de qualités. Le trait de Benjamin Renner fait ressortir de manière intelligente le comique du scénario. Le renard fait tout pour être méchant mais le lecteur comprend bien vite qu’il n’est pas fait pour cela et qu’il a d’autres qualités même s’il ne veut pas se l’avouer.

Pas de cases traditionnelles dans cette bande dessinée mais une succession de vignettes qu’on dévore les unes à la suite des autres. Certaines scènes sont à mourir de rire. D’autres sont pleines de tendresses et les parallèles entre la paternité ou la maternité et ce renard qui élève seul ses poussins sont faciles à faire.

Là ou Benjamin Renner est très fort, c’est qu’il laisse le lecteur libre de donner le sens qu’il souhaite à cette histoire. J’y ai vu un père aimant parfois dépassé par ses garnements, une critique des apparences, une dénonciation de la peur de l’autre et du racisme et une belle leçon d’amour et de tolérance.

Une lecture commune que j’ai le plaisir de partager avec Enna et Sophie Hérisson. Mon petit doigt me dit qu’elles ont adoré elles aussi.

RENNER, Benjamin, Le grand méchant renard, Delcourt, 2015.

11 réflexions sur « Le grand méchant renard – Benjamin Renner »

  1. un coup de coeur (et je me rends compte que mon billet est bien léger par rapport au tien Qu’est-ce que j’ai ri avec cet album! J’ai aussi beaucoup aimé qu’on puisse y transposer notre société!

  2. J’ai beaucoup ri aussi sur le moment mais après coup, j’ai pas mal
    réfléchi. L’anthropomorphisme est un procédé ancien et ce qui est bien
    c’est qu’on peut en faire une lecture très contemporaine. Pour tout
    dire, j’ai même pensé à l’actualité récente en le lisant.

La parole est à vous !

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