L’école des soignantes – Martin Winckler

A Tourmens, ville imaginaire familière des lecteurs de Martin Winckler, il existe un centre hospitalier un peu particulier. Cet hôpital public révolutionne la médecin en raison de son approche holistique : on s’intéresse au malade, appelé ici soigné, dans sa globalité. Ce dernier est partie prenante dans le protocole de soin mis en place pour lui. La psychologie tient une place très importante, tout comme l’écoute et le respect des personnes. Ici, pas de pression de la part des laboratoires pharmaceutiques, de quotas, ni de notion de rentabilité.

Depuis sa création en 2024, le Centre hospitalier holistique de Tourmens (CHHT) jouit d’une bonne réputation. Il s’est fixé pour objectif d’accueillir prioritairement les plus démunis. Comme il n’utilise pas de matériel hi-tech et évite de prescrire des médicaments quand cela n’est pas indispensable, les plus riches préfèrent aller se faire soigner ailleurs. Son approche féministe n’est pas non plus du goût de tout le monde. Le personnel médical étant en grande majorité féminin, on appelle les soignants des soignantes.

En janvier 2039, Hannah Mitzvah -un homme asexuel élevé par deux femmes qui ont voulu lui donner un prénom féminin- est affecté en Psycho. Dans cette unité, officie Djinn Atwwood, l’héroïne du Choeur des femmes, roman à succès de Martin Winckler publié il y a plusieurs années déjà. On découvre qui est véritablement Hannah, ce qu’est devenu Djinn, comment on soigne celles que l’on appelle ailleurs « les folles ». L’avenir du CHHT étant menacé, Hannah s’engage pour sauver cette utopie sur laquelle circulent beaucoup d’idées reçues et forme une équipe soudée avec Djinn.

Le dénouement prend alors une tournure fantastique qui dessert le propos.  Martin Winckler est un écrivain que j’apprécie pour son approche pleine d’humanité, d’empathie, d’écoute. Avec L’école des soignantes, il tombe dans l’excès et va trop loin dans son approche atypique de la médecine. De plus, le personnage principal est peu attachant et même Djinn m’a parue moins intéressante que dans Le choeur des femmes. Cependant, le fond est toujours aussi pertinent et je crois qu’il faut vraiment passer au dessus de tout cela.

WINCKLER, Martin, L’école des soignantes, P.O.L, 2019.

16 réflexions sur « L’école des soignantes – Martin Winckler »

  1. Il a tellement de choses intéressantes à dire ce médecin, que ce serait peut-être mieux qu’il ne cherche pas à romancer .. J’ai assisté à une rencontre avec lui autour de ce livre et il est vraiment passionnant. On se prend à rêver de trouver un médecin comme lui !

  2. C’est un auteur que je veux découvrir. Hélas, je n’ai pas eu le temps d’aller l’écouter lors d’un festival du livre mais j’ai noté ses romans et j’en lirai au moins un.

  3. J’avais adoré le coeur des femmes et je me souviens de Djinn. Je ne me souviens pas exactement de la fin du roman mais je suis sûr de l’avoir trouvée ratée à l’époque. Et tu dis la même chose sur ce titre-là qui n’est pas la suite du premier mais reprend des idées et des personnages. Bref, je relirai peut-être un jour cet auteur mais pas forcément avec ce roman là !

    1. Je ne me souviens plus non plus du dénouement du Choeur des femmes mais je crois que j’avais trouvé que l’auteur allait un peu trop loin. Comme dans celui-ci en fait !

  4. Je suis tout à fait d’accord avec toi, le fait qu’il soit dans l’excès est moins intéressant, cependant il y a plein de très bonnes idées sur la médecine.

La parole est à vous !