Les beaux étés – Zidrou et Jordi Lafebre

Été 1973. La famille Faldérault attend que Pierre, le père, ait enfin terminé la mise en couleur de sa bande dessinée pour pouvoir partir en vacances. Après plusieurs jours d’attente, c’est enfin le départ. A bord d’une 4L surnommée Mam’zelle Estérel en raison de sa couleur rouge Estérel, les parents et leurs trois enfants quittent la Belgique pour aller camper dans le Sud de la France. Pas de destination ni d’itinéraire précis. Le but est de se reposer et de passer du bon temps en famille, d’autant plus que cela risque d’être le dernier été à cinq. En effet, le couple parental ne fonctionne plus très bien et Mado, la maman, envisage une séparation.

Été 1969. Pierre doit rendre les planches de Four, sa nouvelle série, avant de partir en vacances et… il est en retard ! Nicole, Louis et Julie (ses enfants) finissent tout de même par monter à l’arrière de Mam’zelle Estérel pour rejoindre la Méditerranée via les petites routes bucoliques. Mado est enceinte de quelques semaines et Nicole s’empresse de révéler le secret à tout le monde. Les enfants sont petits, ce sont les vacances, tout le monde est détendu et profite de ces précieux moments de bonheur en famille. Les Faldérault aiment s’amuser, rigoler, chanter ou encore se moquer gentiment les uns des autres.

Été 1962. Devinez qui la famille Faldérault attend depuis quatre jours pour pouvoir partir en vacances ? Pierre bien entendu ! Cette année, il doit -exceptionnellement !!!- terminer les décors et l’encrage de deux épisodes de Zagor. Mado vient de donner naissance à leur deuxième enfant. Ils sont les heureux propriétaires d’une 4L rouge depuis peu. Le véhicule étant un cadeau des parents de Mado, Pierre a invité ses beaux-parents à venir passer les vacances en France avec eux. Si Henry est plutôt facile à vivre, supporter Yvette s’avère assez compliqué. Son guide Michelin à portée de main, elle décide seule du lieu de leur séjour, de l’hébergement, des visites, etc.

Les beaux étés est une série au doux parfum d’enfance et de vacances. Zidrou, avec la justesse de ton qu’on lui connaît, décrit avec talent le quotidien des gens ordinaires. Dans la famille Faldérault comme dans toutes les familles, on rigole, on se chamaille, on a parfois du mal à se supporter, on aime pique-niquer, se baigner et profiter du soleil. Jordi Lafebre croque ces instants avec talents. Les décors plongent le lecteur dans une autre époque. Souvenez-vous, en 1960, on devait trouver  une cabine téléphonique pour joindre un proche et s’arrêter à la douane au moment de passer la frontière. Mettre sa ceinture de sécurité n’était pas obligatoire et le camping sauvage était autorisé. Si vous n’êtes pas de cette génération là, ne vous inquiétez pas, vous retrouverez tout de même des souvenirs de vos vacances à la lecture de cette BD. Parce que même si le cadre a beaucoup changé, les relations familiales sont toujours un peu les mêmes…

Il ne faut pas croire cependant que Les beaux étés n’est qu’une série légère. Zidrou aborde ici ou là des sujets plus lourds. Le deuil, la maladie, la vie de couple, le travail, le temps qui passe, la perte des illusions… L’été est une période propice pour prendre un peu de recul sur sa vie et faire le bilan. Avec finesse, le scénariste nous invite à réfléchir à notre propre trajectoire. On peut d’ailleurs imaginer que Pierre et Mado pousseront plus loin cette réflexion dans le prochain tome puisque l’on sait déjà qu’il se déroulera en 1980, date à laquelle leurs enfants seront tous adultes.

ZIDROU, LAFEBRE, Jordi, Les beaux étés 1 : Cap au Sud !, Dargaud, 2015.

ZIDROU, LAFEBRE, Jordi, Les beaux étés 2 : La Calanque !, Dargaud, 2016.

ZIDROU, LAFEBRE, Jordi, Les beaux étés 3 : Mam’zelle Estérel, Dargaud, 2017.

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42 réflexions sur « Les beaux étés – Zidrou et Jordi Lafebre »

    1. Je l’avais repérée depuis un moment mais je n’avais jamais eu l’occasion de la lire. J’étais persuadée, en empruntant les trois tomes, d’avoir la série complète. Ce n’est pas le cas et, finalement, c’est tant mieux !

  1. J’avais lu (avec un grand plaisir) les deux premiers albums dans la foulée. Il ne me reste plus qu’à me plonger dans le 3e volet… et le 4e puisque j’apprends ici qu’une suite est prévue.

    1. Ce sont très certainement les blogs qui m’ont donné envie de découvrir la série. Ce sont mes principaux prescripteurs de lecture !

    1. Je suis en train de lire « Le bleu est une couleur chaude ». On ne peut pas dire que je suis l’actualité des sorties BD en ce moment !

    1. Je n’ai pas énormément de BD dans ma bibliothèque, surtout en raison du manque de place mais c’est effectivement le genre de série que j’aimerais avoir.

La parole est à vous !