Les lisières – Olivier Adam

Paul Steiner est un écrivain qui rencontre un grand succès grâce à ses romans. Originaire de la banlieue parisienne, il ne se sent pas à l’aise au milieu du beau monde qu’il est amené à fréquenter dans la capitale. Il n’est plus à sa place non plus dans sa famille et avec ses amis d’enfance car il est devenu trop différent et n’a plus du tout les mêmes centres d’intérêt. Avec sa femme, ils décident de partir vivre en Bretagne. La mer et l’éloignement géographique l’apaisent.

Alors que sa mère est hospitalisée, Paul retourne pour quelques jours chez ses parents. Le fossé entre son mode de vie actuel et celui de sa famille est gigantesque. Il retrouve ses amis d’enfance et les observe avec un regard sans complaisance. Séparé depui peu, sa femme et ses enfants lui manquent. Petit à petit, il s’enfonce dans la dépression et tente de comprendre pourquoi il ne se sent à l’aise nul part, pourquoi il se sent toujours étranger au monde qu’il habite.

Depuis la sortie de Falaises, je n’avais pas lu Olivier Adam. L’homme est intéressant mais son univers est tellement sombre que je n’avais plus envie de le lire. Il a fallu quelques avis enthousiastes de blogueurs sur son dernier roman pour que je change d’avis et que je décide de laisser une seconde chance à l’auteur. Et je ne regrette pas mon choix ! Olivier Adam touche du bout du doigt là où ça fait mal, un peu comme Annie Ernaux, auteur à laquelle il fait d’ailleurs référence dans son texte.

Les lisières est une auto fiction. Lé réalité est donc déformée, grossie, travestie, mais derrière Paul Steiner se cache Olivier Adam, c’est un secret pour personne. Je trouve qu’il faut à la fois du courage et de l’égoïsme pour parler ainsi de soi-même, de son enfance, de ses origines et de sa famille sans se préoccuper de la réaction de ses proches. Dans de nombreuses interviews, l’auteur explique qu’il avait besoin d’écrire sans s’auto-censurer, peu importe les conséquences. Le résultat, c’est qu’il va au bout de ce qu’il ressent, de ce qu’il pense et je me suis retrouvée à travers certains des propos de Paul Steiner, le narrateur. C’est un roman qui m’a fait beaucoup réfléchir et que je relirai peut-être un jour…

Les avis d’Antigone, Valérie, Clara, Cathe, Alain et de l’Irrégulière.

ADAM, Olivier, Les lisières, Flammarion, 2012.

4/7

17 réflexions sur « Les lisières – Olivier Adam »

  1. Alors, pourquoi je ne suis toujours pas tentée alors même qu’on n’arrête pas de m’en dire du bien ! J’ai aussi l’image d’un univers sombre et triste à propos de cet auteur, dont je n’ai encore rien lu …
    En tout cas, l’argument de départ ce roman ma fait un peu penser à This is not a love song de J.P.Blondel

  2. Pourquoi pas… Mais j’ai l’impression qu’il ne vaut mieux pas commencer par celui-là pour découvrir l’auteur, sous peine de ne plus rien découvrir de lui dans ses précédents romans. Je me trompe ?

  3. Dans ma PAL, j’espère le lire assez vite, mais ils y en a tant d’autres qui sont dans ce cas… L’autofiction, oui, il y a toujours un risque de faire du mal à ceux qui entourent l’auteur… Mais après c’est tout un débat

  4. Mais par exemple, dans quoi t’es-tu reconnue. Moi , qui ne viens pas de la banlieue mais qui suis issue de parents qui étaient de simple agents hospitaliers, je me suis reconnue à un moment: quand il dit qu’il s’est longtemps cru issu d’un milieu favorisé car ses parents se sacrifiaient pour lui et qu’il n’avaient pas les problèmes financiers des autres enfants de banlieue. Mais c’est tout.

  5. Je suis tentée par ce livre et en même temps j’appréhende sa lecture ayant entendu beaucoup d’avis assez négatif. Ta bannière me rappelle mes vacances à Cap Breton !

  6. Je n’avais encore rien lu de l’auteur, mais j’ai eu beaucoup de mal avec son livre. Son épanchement continuel sur ses sentiments finit par être lassant. Même si, je dois le reconnaître, il pose des questions douloureuses que je me pose aussi…

  7. C’est un roman que je ne comptais pas lire jusqu’à ce que j’assiste à une rencontre avec Olivier Adam. Résultat : j’ai très très envie de me plonger dedans.

  8. J’ai entendu beaucoup de choses négatives sur ce dernier Olivier Adam (trop sombre, nombriliste, ennuyeux…) bref je ne me suis pas précipitée pour le lire mais je le ferai quand même pour me faire ma propre opinion…

La parole est à vous !

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