Les pays – Marie-Hélène Lafon

Claire est originaire d’une famille d’agriculteurs auvergnats. Depuis son enfance, elle est un peu en décalage par rapport au reste de la famille et surtout par rapport à sa soeur : « Elle avait toujours été un peu comme ça, même petite, déjà, quand elle avait huit ans, il l’avait bien vu, et il lui disait des fois à table, elle était une bourgeoise, elle faisait pas de bruit en mangeant la soupe. » p. 91

Ce qui intéresse Claire, ce n’est pas la ferme mais les études. Alors, elle part à Paris, seule, pour aller à la fac. Ses parents connaissent un peu la capitale pour y avoir fait un court séjour lors d’un salon de l’agriculture mais ils se sentent complétement étrangers à cette ville et surtout à ses habitants. Ainsi, le père a du mal à comprendre comment un cinéma peut être aussi beau : « Les sommes colossales engagées pour réaliser de telles prouesses à la seule fin de divertir les habitants des villes le soir, les week-ends et les congés, dépassaient son entendement. » p. 92

Claire, elle, ne se sent pas très à l’aise à La Sorbonne. Les autres étudiants viennent de milieux plus aisés que le sien et connaissent les habitudes des citadins contrairement à elle. Petit à petit, la jeune femme prend cependant ses marques et le décalage se creuse encore plus entre ses parents et elle. Son père, qui vient la voir régulièrement à Paris, n’est pas dupe. « Le bref séjour annuel à Paris permettait au père de mesurer la distance entre Claire et lui par cela même qu’il avait toujours souhaité pour ses filles, la réussite dans les études et un métier stable. » p. 85

Un roman qui décrit de manière juste le décalage que l’on peut ressentir entre son milieu d’origine et celui que l’on choisit à un moment donné de sa vie. Un choix qui n’est pas sans conséquences pour soi-même comme pour sa propre famille mais qui n’en reste pas moins indispensable.

LAFON, Marie-Hélène, Les pays, Buchet-Chastel, 2012.

10 réflexions sur « Les pays – Marie-Hélène Lafon »

  1. Vu comme cela, je pense que ce livre pourrait me toucher, moi qui me trouve un peu le « cul » entre deux chaises entre mon milieu d’origine et celui que je fréquente, tant au boulot qu’amicalement le plus souvent.

  2. J’ai franchement eu du mal, l’écriture m’a semblé lourde, ampoulée, bien loin de la simplicité qui aurait pu mettre encore plus en avant ce décalage. Et je n’ai vraiment pas trop cerné l’intérêt de l’histoire… Grosse déception pour moi.

La parole est à vous !

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