Mattéo : Quatrième époque (Août-Septembre 1936) – Jean-Pierre Gibrat

Rien ne se passe comme prévu pour Mattéo, Robert et Amélie à leur arrivée en Espagne. Nous sommes en août 1936 et les trois amis apportent des armes aux républicains. Sauf que les fusils sont italiens et éveillent les soupçons. Finalement libérés, ils découvrent la capitale catalane et son ambiance si particulière.

« Barcelone, c’était un peu l’Espagne, c’était surtout la Catalogne, c’était un peu la guerre, c’était surtout la révolution…« 

Tandis que Mattéo et Robert lèvent le coude en terrasse et se disputent pour savoir s’ils vont combattre auprès des communistes ou des anarchistes, Amélie, plus pragmatique, veut tout simplement se rendre utile. Elle est infirmière et son aide est précieuse. Les deux hommes finissent par se fâcher définitivement. Mattéo ne peut oublier ce qu’il a subi en 1917 à cause des Bolcheviks (cf Mattéo : Deuxième époque : 1917-1918).

Amélie et Mattéo continuent donc leur propre chemin et se retrouvent avec des combattants républicains à Alcetria, un village que le père de Mattéo, réfugié espagnol, évoquait de temps en temps avec son ami Gervasio. Devant la réalité de la guerre, les convictions anarchistes de Mattéo se font moins grandes. Contraint de prendre les armes et la tête de la petite troupe de combattants qui essaient de déloger les franquistes du village, il rencontre une jeune femme au caractère bien trempé. Cette dernière préfère avoir un fusil à la main que se cantonner au rôle de cuisinière ou de couturière. Amélie, quant à elle, tape dans l’œil d’un aviateur anglais.

C’est avec ce quatrième tome de la série Mattéo que je découvre enfin Jean-Pierre Gibrat. Nul besoin d’avoir lu les trois opus précédents pour comprendre celui-ci mais je vous préviens d’avance, une fois refermé, vous n’aurez qu’une seule envie : découvrir les autres !

Ce que j’ai apprécié dans cette bande dessinée, c’est d’abord le graphisme. Les paysages et les décors sont magnifiques. Quand Mattéo et ses amis se promènent sur les petites place de Barcelone, on s’y croirait. Et quelle lumière, quelles couleurs ! On s’attarde sur le regard bleu perçant d’Amélie ou sur les rayons de soleil qui donnent une ambiance si particulière à la campagne autour d’Alcetria.

Mattéo est un personnage complexe et attachant. Homme de convictions, de valeurs, il ne combat pas pour combattre. La guerre civile espagnole apparaît presque au second plan. Pas de barbarie excessive dans cette bande dessinée qui s’intéresse plus à la vie qu’à la guerre. Jean-Pierre Gibrat s’attarde sur le quotidien avant et après les assauts, sur les personnages, ce qui les anime, etc. Cela donne un album magnifique qui dépeint avec humanisme un homme confronté à un grand évènement de son siècle.

GIBRAT, Jean-Pierre, Mattéo : Quatrième époque (Août-Septembre 1936), Futuropolis, 2017.

La BD de la semaine, c’est chez Stephie aujourd’hui.

32 réflexions sur « Mattéo : Quatrième époque (Août-Septembre 1936) – Jean-Pierre Gibrat »

  1. J’ai bien envie de commencer la série avec le tome 1 tout de même 😛
    J’aime bien Gibrat mais cette série ne me tente pas plus que ça pour le moment. Il y a de bonnes critiques pourtant et la tienne enfonce le clou. Je vais prendre le temps de lire les premières pages du tome 1, ça devrait m’aider à me décider 😉

    1. J’ai commencé par le 4 car il fait partie de la sélection d’un prix local de BD historique auquel je participe. Sinon, j’aurais sans doute commencé par le 1 !

  2. Mattéo est pour moi la meilleure série (et la plus longue!) de Gibrat. Ses peintures, ses atmosphères et ses situations se retrouvent avec grand plaisir à chaque album (un peu les mêmes atmosphères que sur les albums de Morice, comme le facteur pour femmes). J’ai tendance à être critique avec les illustrateurs qui n’évoluent pas (la fille de tous les albums de Gibrat a exactement la même trombine) mais avec cet auteur c’est tellement agréable visuellement. Et les illustrateurs aussi bons scénaristes c’est pas si courant. J’ai hâte de me lire Mattéo et de relire les précédents…

    1. Je ne suis absolument pas spécialiste en matière de BD mais j’ai accroché tout de suite. Le scénario et l’illustration sont vraiment plus qu’à la hauteur tous les deux.

  3. tu as tout à fait raison, une fois qu’on a lu un Gibrat, on ne peut plus s’arrêter! J’avais adoré cette série mais je te conseille aussi Le Vol du Corbeau et Le Sursis!

  4. J’ai lu le premier et avais beaucoup aimé, notamment parce qu’elle se passe pendant la Première Guerre. Il me faut la reprendre et la poursuivre d’autant qu’il arrive en Espagne 😉

    J’aime beaucoup le trait et les couleurs.

  5. Très bonne série, j’ai demandé le 4 pour Noël tellement j’avais adoré les tomes précédents… Les dessins, magnifiques, et le scénario, intelligemment construit !

La parole est à vous !