Mauvaise fille – Justine Lévy

La mère de Louise est atteinte d’un cancer et ses jours sont comptés. Le jeune femme accompagne sa maman lors des rendez-vous médicaux, lui rend visite tous les jours ou presque à l’hôpital et pourtant elle ne peut se défaire d’un sentiment de culpabilité.

Leurs rapports ont toujours été compliqués. La mère de Louise est ce qu’on peut appeler une mère défaillante. Alcoolique, droguée, dépensière, elle ne subvenait pas aux besoins élémentaires de sa fille lorsqu’elle était enfant et la laissait parfois livrée à elle-même. Comment se construire dans ces conditions ? Comment devenir un adulte heureux et épanoui ?

Louise préfère souvent mentir à sa mère plutôt que lui dire la vérité sur ce qu’elle fait ou ce qu’elle pense. Ainsi, alors qu’elle invite son amoureux, Pablo, en week-end surprise à Rome, elle invente une excuse professionnelle à Bruxelles. Pourquoi ? Pour se sentir moins coupable sans doute… Le pire, c’est que le mensonge est devenu pour elle une habitude. Elle est capable, par exemple, de modifier sa date de naissance de deux mois sans raison. Sans doute un reste des ravages d’une enfance catastrophique.

A Rome, la jeune femme découvre qu’elle est enceinte. Elle est incapable de le dire à sa mère et a l’impression de la tuer. Un enfant, la vie en elle. De l’autre côté, la maladie, la souffrance, la mort.

Ce n’est un secret pour personne, derrière le personnage de Louise, se cache Justine Lévy, l’écrivain, le personnage public, la fille de Bernard-Henri Lévy et d’Isabelle Doutreluigne. J’ai lu ce livre sans m’attacher à cela, sans essayer de démêler le vrai du faux, l’autobiographie de la fiction.

Ce qui m’a intéressé dans Mauvaise fille, ce sont les rapports entre cette jeune femme et sa mère fantasque ainsi que ses sentiments ambivalents par rapport à la maladie et à la maternité.

L’écriture est fluide et le style va vraiment de paire avec le propos. Certaines phrases sont très longues, elles ressemblent presque à un flot qui coule de la bouche de la narratrice et qui ne s’arrête plus. Comme si elle était obsédée par un certain nombre de pensées et qu’il fallait que cela sorte absolument.

L’humour a parfois sa place car Louise ne manque pas de recul sur l’ambiguité de ses sentiments et de son attitude. Cela permet au lecteur de souffler car le sujet n’est pas très joyeux, il faut être honnête.

J’ai découvert l’auteur avec ce texte j’ai maintenant envie de lire La gaieté, son dernier roman, qui est sorti en janvier.

LEVY, Justine, Mauvaise fille, Le livre de poche, 2011.

8 réflexions sur « Mauvaise fille – Justine Lévy »

  1. Je l’avais rencontrée au moment de la sortie de ce livre et elle ne m’a pas donné envie de le lire. Je ne suis pas très fan de ces auto-fictions déguisées, surtout lorsque les personnages sont aussi connus.

  2. Hiiiiiiiiii je suis contente quand on aime cette auteure pour ce qu’elle écrit ! Je l’ai conseillée à une bibliothécaire qui a aussi beaucoup accroché. Je pense qu’avec Justine Levy soit on rentre dans son souffle d’écriture soit pas, rien de grave, mais je suis contente quand même.

La parole est à vous !

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