Salut à toi ô mon frère – Marin Ledun

Ouvrir un livre de Marin Ledun est toujours un vrai plaisir : je sais que, quelque soit le sujet abordé, je vais y retrouver une vision de la société qui me correspond. Science-fiction, polar, roman noir, littérature de jeunesse, pièces radiophoniques, l’auteur est capable de changer de genre. Avec Salut à toi ô mon frère, il m’a vraiment surprise.

Dès les premières lignes, on est happé par le dynamisme du rythme et l’humour féroce. L’écriture, très visuelle, permet de se faire une image précise de la tribu Mabille-Pons : deux parents, six enfants dont trois adoptés, un chien, deux chats, de l’amour à revendre et beaucoup de désordre ! On fait d’abord la connaissance de Rose, une des filles. Son look hors du commun, sa Citroën Saxo, son sens de la répartie, ses lectures de textes littéraires aux clientes d’un salon de coiffure de Tournon la rendent attachante. Il y a ensuite Charles et Adélaïde, les parents. Lui est clerc de notaire, calme, posé. Elle est infirmière dans un centre hospitalier et prête à tout -le meilleur comme le pire- pour défendre les siens. Il y a également Gus, un des fils adoptifs, d’origine colombienne, accusé du braquage d’un bureau de tabac ayant mal tourné.

Chez les Mabille-Pons, tout le monde est persuadé que l’adolescent est innocent. Bouc émissaire professionnel depuis sa plus tendre enfance, il ne ferait pas de mal à une mouche. Le problème, c’est qu’il a disparu et que tout l’accuse. Le lieutenant Personne, de la police judiciaire, est persuadé que sa famille refuse de voir la vérité en face. La presse s’en mêle, la population locale fait preuve d’une bonne dose de connerie et d’un racisme qu’on pourrait qualifier d’ordinaire. La smala Mabille-Pons n’a d’autre choix que de se serrer les coudes pour innocenter l’un des siens.

Le titre du roman, Salut à toi ô mon frère, est tiré d’une chanson des Béruriers noirs et le livre est truffé des nombreuses références musicales littéraires et cinématographiques. C’est un vrai régal, surtout quand c’est au service de l’humour. On ne s’ennuie pas un seul instant en compagnie de cette famille fantaisiste au grand cœur. Marin Ledun en profite pour se jouer des clichés et dénoncer la bêtise humaine. On en redemande. Et ça tombe bien puisque la suite, La vie en Rose, vient de sortir !

LEDUN, Marin, Salut à toi ô mon frère, Gallimard, 2018.

11 réflexions sur « Salut à toi ô mon frère – Marin Ledun »

  1. Je n’ai pas été emballée par le seul que j’ai lu (Les visages écrasés). Il faudrait que je refasse une tentative.

    1. Il y a un toujours un arrière-plan social dans les romans de Marin Ledun mais celui-ci est complètement différent des visages écrasés. Beaucoup plus d’humour notamment !

Répondre à alexmotamots Annuler la réponse.