Poète maudit – Agnès Desarthe

Pour les vacances de Pâques, Sébastien Zelter part en colonie aux Glycines. Comme beaucoup d’enfants, c’est un habitué et il est heureux de retrouver ses copains. Cette année, dans le bus, il fait la connaissance d’Iris, une nouvelle qui semble timide et ne parle pas beaucoup. Lors de leur première conversation, Sébastien apprend qu’elle est polyallergique et ne peut pas manger d’œufs. Ces quelques mots suffisent à lui faire battre le cœur. Il tombe immédiatement amoureux de cette jolie rousse aux yeux bleus.

Entre les parties de foot et les boums, Sébastien tente d’approcher Iris mais il a de la concurrence et tout ne se passe pas comme il le souhaiterait. Il essaie aussi d’inventer des poèmes pour le concours de poésie lancé par les moniteurs et ça donne des choses vraiment surprenantes.

Poète maudit est un livre vers lequel je ne serais pas allé de moi-même : le titre et surtout l’illustration de la première de couverture ne m’attiraient pas du tout. Pourtant, il aurait été dommage de passer à côté. C’est frais, plein d’humour et le personnage de Sébastien est vraiment attachant. Confronté à quelques épreuves de la vie, il grandit et réagit de manière intelligente. Les jeunes lecteurs se retrouveront à travers lui, c’est certain, et prendront certainement plaisir à partager le quotidien de cette colonie de vacances où l’on rit et s’amuse beaucoup.

DESARTHE, Agnès, Poète maudit, L’école des loisirs, 1995.

Une partie de chasse – Agnès Desarthe

Tristan et sa femme, Emma, ont du mal à s’intégrer dans le village de campagne où ils vivent depuis quelques temps. Elle souffre de cette solitude et aimerait bien connaître un peu de monde mais ce n’est pas facile. Alors, elle a une idée : Tristan pourrait accompagner les hommes à la chasse. Ici, c’est un plaisir de se promener en forêt, entre mâles, le fusil à la main. L’idée de tuer un animal effraie le jeune homme et il n’a pas vraiment envie de passer du temps avec trois lourdingues mais il accepte quand même, pour rassurer sa femme.

Pendant la partie de chassse, Tristan blesse un lapin sans trop savoir comment. Les autres n’ont rien vu alors il le cache dans sa gibecière. Il le sait bien pourtant, l’annonce de la mort de cet animal entrainerait son intégration dans le groupe mais il préfère essayer de le sauver. Un dialogue imaginaire entre l’homme et l’animal débute alors. Tristan revient sur son enfance malheureuse et toujours à l’écart des autres, sa mère défaillante, son séjour à Londres après le décès de celle-ci puis sa rencontre avec Emma. Il se pose des questions sur lui-même et sur le sens de sa vie.

Parallèlement, la journée tourne au drame : Dumestre, l’un des hommes, a un accident. Pendant que les deux autres vont chercher du secours, Tristan tente de le sauver. Les élèments se déchaînent et les secours n’arrivent pas. Tristan se retrouve face à Dumestre qui, même dans l’incapacité de bouger, fait preuve d’un caractère fort désagréable. Mais il doit aussi et surtout se faire face à lui-même.

Le passé se mêle au présent, le récit prend parfois des allures de fable poétique et devient de plus en plus de profond au fil des pages. Ce qui devait être une simple partie de chasse se révèle être bien plus que cela. Qui est le chasseur ? Qui est le chassé ? Qui est l’homme ? Qui est la bête ? Qui est le plus fort ? Qui est le plus faible ? Les cartes semblent changer de mains au fur et à mesure de la partie.

« Nous nous battons sans cesse, contre nous-mêmes, contre notre instinct, nous cherchons, nous errons, nous nous trompons et, grâce à ces détours, à ces refus, nous nous élevons, au sein même de notre chute, nous volons, nous transcendons . » p. 120

Une partie de chasse n’est pas un roman optimiste, c’est le moins que l’on puisse dire. Tristan est un vrai anti-héros qui commence à entrer dans l’âge adulte et traîne déjà derrière lui de nombreuses casseroles. Cette journée où tout va de mal en pis ressemble à une sorte d’initiation. Le dénouement est assez ouvert et on se dit que tout est possible, que ce qui est arrivé à Tristan va peut être lui permettre de grandir et de tirer les bonnes conclusions pour sa vie future. Il faut être optimiste !

DESARTHE, Agnès, Une partie de chasse, Éditions de l’Olivier, 2012.

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