Oihane a reçu en cadeau ses deux premiers livres !

Un matin de la semaine dernière, 9h : le facteur sonne à la porte. Je suis en train de donner le biberon alors c’est monsieur qui va chercher le colis. « ça vient de M… C… « , me dit-il. Moi : « hein, qui ????« . S’en suit un dialogue de sourd dont je vous épargne les détails jusqu’à ce que je comprenne de qui venait le colis. Il faut dire que je ne m’y attendais pas du tout ! Après Keisha, c’est une autre blogueuse (que je ne connais que virtuellement !), Emmyne, qui a décidé de gâter Oihane. Elle a vraiment de la chance cette petite fille!

Une jolie couverture brodée pour lire bien au chaud deux livres bien sympathiques.

Ce qu’Emmyne ne savait pas, c’est qu’elle a offert ses deux premiers livres à Oihane. Bien sûr, à un mois et demi, elle est encore un peu jeune pour les lire mais ça viendra ! Et elle peut compter sur sa maman pour alimenter sa bibliothèque ! En attendant, mon petit baby se porte à merveille et ses parents sont même étonnés par son calme.

Mille mercis Emmyne !

Une fabuleuse histoire qui se raconte depuis la nuit des temps…

Ceux qui fréquentent le blog de BelleSahi n’ont pas pu passer à côté de son enthousiasme pour chacun des livres de Morpurgo. A force de lire ses billets, j’ai fini par me laisser convaincre de découvrir cet auteur anglais. Au pays de mes histoires reste pour moi un excellent souvenir de lecture. Aujourd’hui, c’est un livre tout à fait différent (mais toujours du même auteur !) dont je vais vous parler : Beowulf.

Beowulf est un héros viking légendaire, plein de bravoure et de sagesse, dont les exploits se racontent depuis la nuit des temps, notamment dans la littérature anglaise. Un jour, alors qu’on ne lui a rien demandé, il n’hésite pas à quitter son pays avec ses hommes pour venir en aide au roi  du Danemark. En effet, les danois sont terrorisés par un monstre maléfique, nommé Grendel, qui tue tous les habitants du royaume les uns après les autres, la nuit, pour assouvir sa soif de sang. Tout au long de sa vie, Beowulf mène ainsi des combats effroyables contre les forces des ténèbres.

 

Généralement, je n’aime pas du tout les histoires de monstres, de forces du mal, de guerriers sanguinaires, etc. Mais comme Beowulf est écrit par Mr Morpurgo en personne, je me suis laissée tenter et je ne regrette pas ! Ce texte n’a rien d’extraordinaire, il raconte une histoire qui ressemble à de nombreuses autres déjà entendues à droite et à gauche, mais on se laisse vite emporter par les talents de conteur de l’auteur.

Je vote donc OUI pour Michael Morpurgo ! Soldat Peaceful est déjà dans mes bagages pour cet été et Le royaume de Kensuké suivra sans doute prochainement !

MORPURGO, Mickaël, FOREMAN, Michaël, Beowulf, Gallimard jeunesse, 2007.

« L’ogre » de Karim RESSOUNI-DEMIGNEUX et Thierry D

Dans la cité, personne n’a jamais vu l’habitant du rez-de-chaussée mais tout le monde en a peur. On le surnomme l’ogre car il est énorme et ne sort de chez lui que la nuit. Les enfants sonnent à sa porte, jettent des cailloux contre ses fenêtres ou plaquent leur visage contre sa vitre pour l’embêter mais aussi pour jouer à se faire peur. En tous cas, tout le monde se demande qui peut bien être cet étrange voisin.

A travers ce texte, Karim Ressouni-Demigneux rend la réflexion sur la différence accessible aux plus jeunes. En effet, l’ogre c’est tout simplement l’autre, l’étranger dont on a peur parce qu’on ne le connaît pas ou parce qu’il n’est pas comme nous. Thierry Dedieu, l’illustrateur, a peuplé l’album d’animaux dont l’homme a parfois la phobie (chauves-souris, serpents, araignées, etc.), ce qui accentue le sentiment de malaise et d’effroi déjà présent dans le texte.

Le dénouement montre qu’on peut s’imaginer beaucoup de choses sur les personnes qu’on ne connaît pas et qui nous font peur mais qu’on ne sait jamais véritablement qui elles sont. Ne pas essayer d’aller à la rencontre de l’autre ou pire encore, la refuser, c’est passer à côté de personnes très intéressantes et très enrichissantes.

Décidément, je ne suis jamais déçue par les livres publiés par Rue du Monde. Les textes et les illustrations sont toujours de qualité et incitent les jeunes et les moins jeunes à une véritable réflexion. Un vrai régal !

RESSOUNI-DEMIGNEUX, Karim et DEDIEU, Thierry, L’ogre, Rue du monde, 2007.

« Le prince bégayant » de François Place

Quelque part dans un pays d’Afrique, on fête une naissance royale en répandant du lait partout et en chantant : un jeune prince vient de voir le jour. Le prince grandit. Il est beau, fort et plein de talents. Mais « Parfois on préfèrerait ne pas être né
                          Ou alors seulement
                                      Pour se laisser vivre

                                    Juste manger boire dormir
                                    Sous les étoiles
                                     Comme un animal
                                     Ne pas rendre compte
                                     Ni aux dieux ni aux hommes
                                                             Etre simplement
                                                            Sans avant ni après
                                                            Une respiration un souffle
                                                      Et puis disparaître

                                                          Sans laisser d’autres traces

                                                            Qu’un pas sur l’herbe
                                                            Aussitôt effacé »

Si le jeune prince préfèrerait ne pas être né, c’est parce que son bégaiement le rend fou de colère. C’est un redoutable guerrier, fort et courageux, qui remporte de nombreuses victoires, mais dès qu’il prend la parole
                                                  « Il perd en un instant
                                                                 Les effets de la gloire
                                                                 Et de la majesté »

Heureusement, un jour, au moment de donner la mort à un ennemi, le jeune prince se rend compte qu’il est en train de perdre toute humanité. Il décide alors de s’exiler et découvre un monde où les mots ne sont pas indispensables pour communiquer : celui des animaux et de la nature.

                                                                  « Le bonheur est ici
                                                                                    Loin du fracas des armes
                                                                                    Le bonheur est ici
                                                                                    Loin des regards fuyants
                                                                                    Et des sourires serviles »

                                             

Le prince bégayant est une belle histoire, pleine de sagesse, d’humanité et de poésie, qui s’inscrit dans la tradition des récits initiatiques. Les illustrations sont magnifiques et pleines de vie : en les regardant, on se retrouve directement en Afrique ! J’ai beaucoup aimé l’écriture en vers et la « morale » de ce conte mais je ne vous en dis pas plus… A vous de le lire et d’en retenir ce qui vous parle !

PLACE François, Le prince bégayant, Gallimard jeunesse, 2006.

Un regard émouvant sur la guerre 14-18

Eté 1914 : Pierre et Élisabeth sont mariés depuis un an et se sont installés dans un village du Nord de la France où le jeune homme est instituteur quand la guerre éclate. Comme tous les hommes de 18 à 48 ans, Pierre est réquisitionné et doit se rendre sur le front. La séparation est atroce. Élisabeth remplace son mari à l’école et fait la classe. Heureusement, ils peuvent se donner des nouvelles régulièrement par lettres. Mais les semaines, les mois et les années se succèdent dans la boue des tranchées. Au village, les allemands occupent certaines maisons et pillent les biens des familles. La misère et la famine règnent.

                                                        

Encore un très beau livre de Dorothée Piatek. J’ai découvert cet auteur très récemment avec Je marchais MALGRE MOI dans les pas du diable et je trouve son écriture d’une grande qualité. De plus, ses personnages sont attachants, émouvants, sensibles.

J’ai bien aimé aussi les illustrations de Yann Hamonic qui mettent en évidence l’horreur de la guerre et complètent bien l’histoire écrite pas Dorothée Piatek.

 

PIATEK, Dorothée, HAMONIC, Yann, L’horizon bleu, Petit à petit, 2002.

« Midi pile, l’Algérie » de J-P. Vittori

Un homme armé d’un révolver occupe la vieille voiture qui sert de quartier général à Julien, Saïd, Quentin, Bastien et Nicolas. Les cinq amis veulent le faire fuir pour pouvoir continuer à tenir leurs conseils secrets à cet endroit. Des son côté, l’homme est envahi par les souvenirs douloureux de la guerre d’Algérie.  Au moment où les cinq garçons armés de frondes et de billes d’acier s’apprêtent à l’attaquer, le grand-père de Saïd apparait : ils ne sont pas au bout de leurs surprises….

La guerre d’Algérie est un sujet dont on parle peu dans la littérature française en général et encore moins dans la littérature de jeunesse. Encore une fois, Rue du monde avec sa collection histoire d’histoire, affiche sa volonté de faire réfléchir les enfants et les adolescents sur l’histoire du monde qui nous entoure. Ce titre n’est sans doute pas le meilleur de la collection mais il a le mérite de traiter simplement d’un sujet parfois encore tabou en France.

VITTORI, Jean-Pierre et FERRANDEZ, Jacques, Midi pile, l’Algérie, Rue du monde, 2001.


%d blogueurs aiment cette page :