L’ours et la lune – Antoine Guillopé et Cécile Alix

Antoine Guillopé fait partie de mes illustrateurs préférés. Aussi, quand j’ai vu ce livre sur le présentoir des nouveautés de la médiathèque, j’ai tout de suite reconnu son trait et je n’ai pas hésité une seule seconde avant de me plonger dedans.

Publié dans la collection « Pont des arts » qui propose des histoires pour découvrir des oeuvres d’art, L’ours et la lune s’inspire des sculptures de François Pompon et plus particulièrement de celle qui a pour titre Ours blanc.

 

L’ours blanc au Musée d’Orsay

L’ours polaire est seule sur la banquise. Il n’y pas d’autre bruit que celui de la bise, il fait froid, il fait nuit et il ne verra pas le jour pendant des mois. Il rêve d’ailleurs, d’autres paysages, de rencontres.

Son rêve devient réalité lorsque la lune se pose sur son dos. Il grimpe sur ce bateau-lune et voyage à travers le monde. Il découvre les dauphins, les mouettes, les baleines, se lie d’amitié avec la panthère noire ou respire les délices que le dromadaire transporte sur son dos à travers le désert.

C’est un texte à la fois doux et poétique que nous propose Cécile Alix. La plupart des animaux que l’on retrouve dans l’histoire ont été sculptés par Pompon. L’auteur a su les mettre en scène d’une bien jolie manière en nous proposant ce tour du monde des animaux.

Quant aux illustrations d’Antoine Guillopé, elles sont toujours aussi magnifiques. Cette fois-ci, il utilise principalement trois couleurs : le blanc, le noir et le bleu nuit. Les contrastes sont splendides ! Le trait est simple mais efficace et les animaux peu détaillés, sans poils ni couleurs, donnent une impression d’universalité. On oublie qu’ils peuvent être dangereux et on aurait presque envie de se lover avec cet ours blanc sur le croissant de lune.

ALIX, Cécile, GUILLOPÉ, Antoine, L’ours et la lune, Canopé Éditions, L’élan vert, 2014.

La sorcière verte a mal au ventre – Viviane Lelong-Verdier et Fabienne Pierron

La sorcière verte a un problème : elle a vraiment très mal au ventre. Il est anormalement gonflé et elle n’est pas allée aux toilettes depuis sept jours. Son visage change de couleur, les boutons de sa jupe sautent tellement son ventre est gros et elle est d’une humeur massacrante.

La sorcière n’en peut tellement plus qu’elle décide d’aller voir le grand mage qui l’interroge sur son alimentation. Il comprend très vite l’origine du problème. Sur ses recommandations, la sorcière découvre les fruits et légumes, se régale et résout ses problèmes gastriques comme par miracle !

Ce petit album tout en rimes est vraiment sympathique. Avec humour, il permet à l’enfant de comprendre l’importance de l’alimentation dans la digestion. Je ne suis pas forcément fan des illustrations en collage mais la sorcière de Fabienne Pierron a une tête et des expressions du visage à mourir de rire.

Merci Laurie lit de m’avoir permis de découvrir ce livre. Ma fille et moi avons passé un agréable moment en sa compagnie et d’ici quelques mois, elle pourra sans doute le lire toute seule. Ce genre de petit album est idéal pour les premières lectures.

LELONG-VERDIER, Viviane, PIERRON, Fabienne, La sorcière verte a mal au ventre, Editions Petite Fripouille, 2013.

Ma famille et moi – Madeleine Deny et Kiko

L’heure des vacances a sonné et, comme chaque été, il faut trouver de quoi occuper nos chères petites têtes blondes. Ma famille et moi propose à la fois un jeu de 7 familles et un cahier d’activités.

Les familles Bonbec, Glagla, Bôpoil, Tuti Frutti, Frometon, Baraka et Kosto ont un graphisme vraiment sympathique. La difficulté à distinguer le père du grand-père ou la mère de la fille est regrettable pour l’enfant qui ne sait pas lire. Au bout de quelques parties, il arrive cependant à passer outre  cette difficulté. Deux variantes du jeu traditionnel des 7 familles sont proposées. Cela permet de changer un peu ou de jouer avec des enfants très jeunes, façon mémori par exemple.

Le petit livre qui accompagne le jeu ressemble un peu à un cahier d’activités. Il permet à l’enfant de s’interroger sur sa propre famille et de dialoguer avec l’adulte à ce sujet. Des questions sont également posées sur les sept familles du jeu.

Le jeu des 7 familles est bien connu de tous et les activités proposées sont un peu simples mais l’intéret de ce livre-jeu réside dans le questionnement qu’il propose sur la famille. Qui a choisi ton prénom ? Comment appelles-tu tes grands-parents ? Combien as-tu de cousins et cousines ? A qui ressembles-tu le plus ? Qui aimerais-tu voir plus souvent chez toi ? Ces questions sont intéressantes. Elles permettent à l’enfant de mieux connaître sa propre histoire et de comprendre sa place au sein de la famille.

DENY, Madeleine, KIKO, Ma famille et moi, Tourbillon, 2015.

La nature aux 4 saisons – Sandra Laboucarie et Ilaria Falorsi

Suivre l’évolution de la nature au fil des saisons, c’est ce que propose le livre de Sandra Laboucarie et Ilaria Falorsi. Dans la prairie, le verger, la forêt, le ciel, le jardin ou encore en ville la nature n’est pas la même au printemps, en été, en automne ou en hiver. Pour l’adulte, c’est une évidence. Pour l’enfant, qui n’a pas forcément de notion du temps, ça l’est peut-être moins.

Le livre fournit des explications détaillées et permet de mieux observer la nature qui nous entoure. Quelques idées bricolage, jardinage ou cuisine sont également suggérées. 85 autocollants repositionnables permettent de replacer animaux, fruits, légumes, fleurs ou feuilles au bon endroit sur un paysage divisé en quatre grandes pages représentant les quatre saisons. Pas besoin de vous dire que ma fille s’est ruée dessus dès qu’elle a vu cela !

LABOUCARIE, Sandra, FALORSI, Ilara, La nature aux 4 saisons, Tourbillon, 2015.

Violette Rose et l’anniversaire surprise – Jannie Ho

Bienvenue à Sunnyville, la ville de Violette Rose et de ses amis !

Violette est une petite lapine trés occupée qui aime faire du vélo, de la couture, lire ou encore jardiner. Parfois, elle fait aussi le grand ménage de printemps dans sa maison, travaille dans un magasin et fait de la danse.

Lors d’une pause chez le glacier, Betty se souvient que c’est l’anniversaire de Lily le lendemain. Violette et ses amis décident alors de lui préparer un anniversaire surprise !

Pour organiser une fête réussie, elles ont besoin de l’aide du lecteur. Des stickers, des cartes personnalisables, des éléments à détacher et à construire, des jeux et des coloriages sont à sa disposition.

Ma fille, qui a maintenant six ans, a tout de suite apprécié ce livre, à la fois album et cahier d’activités. Elle s’est empresséé de construire la guirlande et les décors pour jouer ensuite avec les petits personnages. Dans son monde, elle s’est inventée tout un tas d’histoires !

HO, Jannie, Violette rose et l’anniversaire surprise, Flammarion, 2015.

Dans la poche du Kangourou – Zemanel et Bouvarel

« Un bond, deux bonds, trois bons, jamais elle ne s’arrête, jamais elle ne fatigue« . Dame Kangourou passe ses journées à faire des bons. Quand elle croise une femelle koala qui est triste parce qu’elle ne peut pas aller dire à sa mère qu’elle sera bientôt grand-mère, elle lui propose d’aller lui annoncer la nouvelle à sa place.

En chemin, elle rencontre Tortue qui regrette de ne pas avoir parlé à son grand frère depuis si longtemps puis, Bilbi qui ne peut pas souhaiter un bon anniversaire à son cousin. Qu’à cela ne tienne, Dame Kangourou portera les messages pour eux. Franchir la montagne n’est pas un problème pour un animal qui avance à grands sauts !

Oui, mais voilà, une fois arrivée sur place, Dame Kangourou mélange tout. Elle souhaite un bon anniversaire au frère Tortue, annonce au cousin Bilbi qu’il sera bientôt grand-mère et donne des nouvelles de Tortue à maman Koala. Elle fait des allers-retours pour se faire répéter les messages mais à chaque fois, c’est le même problème jusqu’à ce que Bilbi propose de les écrire. Dame Kangourou s’accroche alors une petite poche sur le ventre pour transporter les lettres et le tour est joué !

Koala, Tortue et Bilbi sont heureux et Dame Kangourou devient factrice. En chemin, elle rencontre un jour Grand Kangourou Roux qui lui glisse rapidement une missive dans la poche avant de se sauver. Sur l’enveloppe, il y a un coeur. Je vous laisse deviner la suite…

A la maison, on est heureux de savoir enfin pourquoi les kangourous ont une poche sur le ventre. Ce conte est une petite merveille qu’on prend plaisir à lire et à relire le soir sous la couette. Dame Kangourou, très expressive, est mignonne comme tout et les animaux qui l’entourent aussi. La tendresse est également au rendez-vous, ce qui, vous l’aurez compris, n’est pas pour nous déplaire non plus !

ZEMANEL, BOUVAREL, Crescence, Dans la poche du Kangourou, Père Castor, 2015.

Camping – Sébastien Joanniez et Betty Bone

Les vacances sont encore loin mais rien n’interdit d’y penser déjà et de rendre ainsi le quotidien un peu plus supportable. Dans cet album, Sébastien Joanniez et Bettty Bone nous entraînent au camping. Un père et son fils se promènent à vélo à travers la campagne, sacs, duvets et tente sur le dos. Cette nuit, ils font du camping. 

Quiconque a déjà passé ses vacances dans ce genre d’endroit sait à quel point la promiscuité est grande. Manger, faire la vaisselle, se brosser les dents ou encore aller aux toilettes avec les voisins, tout le monde n’est pas prêt à accepter cela. Mais l´auteur et l’illustratrice de ce livre savent rendre ces petits inconvénients plutôt poétiques. 

Les illustrations noires sur fond blanc le jour ou blanches sur fond noir la nuit, toujours accompagnées de couleurs vives, sont splendides. Le trait est délicat et les détails fourmillent.

Une large place est accordée aux sensations du narrateur qui nous fait part de ses joies, de ses rêves ou de ses peurs. Le texte, minimaliste, est plein de poésie et d’humour.

Camping rappelle sans doute des souvenirs, bons ou moins bons, à certains. Il conforte d’autres dans leur envie ou leur refus de choisir ce mode d’hébergement pour les vacances. Mais quoi qu’il en soit, il offre aux petits et aux grands un formidable moment de lecture.

JOANNIEZ, Sébastien, BONE, Betty, Camping, Sarbacane, 2014.

1, 2, 3 soleil ! – Gaëtan Dorémus

Le crocodile en a assez des contes de fées et des histoires. Il voudrait vivre des vraies aventures plutôt que de regarder les autres les vivre dans les livres.

L’ours a une vie bien rangée et très routinière. Il passe ses journées devant un écran d’ordinateur et mange des sandwichs tous les midis. Il aimerait que cela change.

Le cochon est un doux rêveur et il voudrait bien partir ailleurs pour de vrai.

Les trois animaux, tous différents mais tous insatisfaits de leur quotidien, se retrouvent par hasard au bord de l’eau devant un bateau à vendre. C’est le début d’une grande aventure qui va changer leur vie.

1, 2, 3, Soleil ! est un petit album au format carré destiné aux jeunes enfants. Le texte est court et les illustrations très expressives. Les petits lecteurs se reconnaîtront sans doute derrière le crocodile, l’ours ou le cochon. Ou peut être derrière les trois d’ailleurs. Ne sont-il tous pas à la fois aventuriers, routiniers et rêveurs ?

L’originalité de ce livre réside dans les illustrations colorées de Gaëtan Dorémus qui sortent de ce que l’on a l’habitude de voir et dans la poésie qui se dégage de l’histoire. C’est une belle invitation au voyage, à l’amitié et à la solidarité.

DOREMUS, Gaëtan, 1, 2, 3, Soleil !, Autrement jeunesse, 2015.

La petite fille en rouge – Roberto Innocenti

« Approchez, les enfants, que je vous raconte une histoire. » Tels sont les premiers mots de cet album qui nous propose de suivre les aventures de Sophia, une petite fille en robe rose et manteau à capuche rouge qui habite dans une forêt un peu particulière.

Dans cette forêt, les arbres ont laissé la place au béton, aux immeubles, aux voitures, à la foule. La pollution sonore et visuelle agresse tout de suite le lecteur. Des hommes dorment par terre, le sol est jonché de détritus, les murs recouverts de tags. Le dessin fourmille de détails et après plusieurs lectures, on découvre encore des choses. Sophia, elle, semble habituée à cette forêt. Elle est même attirée par les miroirs aux alouettes que proposent les publicités et les magasins.

Sa grand-mère n’étant pas très en forme, la petite fille remplit son sac de biscuits, de miel et d’oranges pour aller lui rendre visite à l’autre bout de la ville. Sa maman lui recommande de ne pas s’écarter de son chemin, un conseil que Sophia suit scrupuleusement jusqu’à cet endroit que tout le monde appelle « The Wood », le centre commercial. Attirée par une vitrine, elle perd sa route et se trompe de sortie. Dans une ruelle déserte, elle est prise au piège par des chacals. Un chasseur qui connaît la forêt comme sa poche vole à son secours. Sophia ne se méfie pas de ce redoutable carnassier…

Vous l’aurez compris, La petite fille en rouge est une réécriture moderne du Petit Chaperon Rouge. Roberto Innocenti transpose le conte dans l’univers de la ville, un univers tout aussi féroce, voire même plus, que celui de l’histoire d’origine. Les tentations sont nombreuses, la richesse ne voit même pas la misère qui est à ses pieds et les loups cachent bien leur jeu. Comment ne pas se faire avoir quand on vit dans un tel univers ?

Le dénouement laisse une place à l’espoir puisque la tricoteuse, cette vieille dame qui raconte l’histoire, propose une fin heureuse aux enfants après les avoir fait pleurer. Et oui, les histoires sont magiques, elles peuvent avoir plusieurs fins ! Et puis, ce qu’il y a de bien avec les livres, c’est que l’on peut jouer à se faire peur et apprendre des choses tout en étant en sécurité dans son canapé ou au fond de son lit.

Un excellent album à découvrir à partir de 8-9 ans et jusqu’à… 120 ans tant les interprétations du texte et des illustrations peuvent être variées.

Encore une fois, c’est Noukette et Jérôme qui m’ont fait découvrir ce livre.

INNOCENTI, Roberto, La petite fille en rouge, Gallimard jeunesse, 2013.

Une si looongue queue – Hideo Kiso

La petite souris rêve d’avoir une longue queue. Avec, elle pourrait arracher à l’hippopotame la dent qui lui fait mal, parler enfin à la girafe qui est bien trop haute, mesurer la taille du crocodile ou encore pêcher le plus gros des poissons. Mais attention au chat tout de même !

 

Ce qui a amusé ma fille par dessus tout, c’est cet élastique qui représente la queue du chat et qui parcourt le livre. Il fait partie intégrante des illustrations et l’enfant peut s’amuser avec. Il est d’ailleurs pour beaucoup dans l’humour que l’on retrouve à chaque page. Les illustrations sont également réussies. Bref, c’est un album à découvrir sans hésitation. Nous l’avons déjà lu quatre ou cinq fois depuis que nous l’avons emprunté à la médiathèque.

KISO, Hideo, Une si looongue queue, Gautier Languereau, 2014.

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